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Exposition Giacometti et les étrusques
Giacometti et les étrusques le 22/09/2011 à 16:53
Y aller avec des enfants ? Un jeu des sept erreurs géant, ça vous dit ? Si l’analogie entre l’art de Giacometti et l’art étrusque n’est pas toujours évident, il y a quand même matière à comparaison. Ils seront peut-être convaincus par cette sculpture de Giacometti écartant les bras dans sa cage, mise en regard d’une miniature étrusque dans la même position. Peut-être moins par la comparaison entre les Trois hommes qui marchent et les quatre statuettes étrusques figées sur un même socle… Quant à cette fameuse Ombre du soir aussi longiligne que les silhouettes de Giacometti, il y a de quoi pointer les différences entre leurs visages, la finesse des traits ou la forme du corps. Bref, on s’amuse à observer et à comparer ces œuvres. Et c’est d’ailleurs le meilleur moyen de répondre à la question posée par l’exposition. Une œuvre à regarder avec eux Elle se trouve dans la dernière salle de l’exposition. Elle, ou plutôt elles, car elles sont cinq ! Ce sont les Femmes de Venise. On savait que Giacometti était obsédé par la perfection, on découvre là qu’il était même une sorte de serial sculpteur… Et pourtant, cette série de cinq femmes n’en était à l’origine pas une. Voici l’histoire vue des coulisses : Giacometti modelait l’argile sans relâche, à la recherche de la silhouette parfaite. Mécontent de son travail, il le détruisait chaque nuit pour tout recommencer le lendemain. C’était sans compter sur son frère qui, pour conserver une trace de ces sculptures sur le point de disparaître, en réalisa à chaque fois un moulage en plâtre. Ainsi sont nées ces cinq femmes, toutes similaires et pourtant si différentes, que cela soit dans la silhouette, la taille, le buste plus ou moins fin, les cheveux plus ou moins longs… À vous de déceler les différences et les points communs. Une surprise ? On connaît Giacometti sculpteur, on a aussi déjà vu des œuvres du peintre… Mais saviez-vous qu’il dessinait? Et pas sur n’importe quel support ,mais directement dans ses livres ! Tout au long de l’exposition, on découvre ainsi des ouvrages extraits de sa bibliothèque personnelle, dans lesquels il n’hésitait pas à crayonner ce que lui inspirait le texte, où à reproduire à sa manière les œuvres qui l’intéressaient. Parmi tous ces croquis, l’un des plus étonnants est sa réinterprétation d’un célèbre autoportrait de Van Gogh. Le visage devient plus émacié et les traits plus tranchants. On sent la force des coups de crayon, et l’on imagine facilement Giacometti exécuter cette esquisse en vitesse, dans les pages de l’un de ses livres d’art. (Anaïs Richardin pour la revue DADA)
Exposition Moebius
Moebius le 15/09/2011 à 17:57
« On ne passe pas à Cherbourg, on y vient », vous diront tous les Cherbourgeois. C’est vrai qu’il faut une bonne raison pour rejoindre ce port niché à l’extrémité de la Normandie, mais en voici justement une excellente : la biennale du 9e art, consacrée cette année au dessinateur Mœbius (également connu sous les noms de Jean Giraud et Gir). Osez franchir l’entrée – gratuite – du sinistre bloc de béton qui héberge le musée Thomas Henry : ce qui vous attend à l’intérieur est éblouissant.Centrée sur ses créations des années 2000, l’exposition révèle deux facettes de Mœbius. La première est thématique : le voyage, présenté à la fois comme une rencontre solitaire avec la nature et une quête spirituelle. La seconde, technique : le multiple, ou dessin en série, très présent dans le travail du dessinateur, qui fut l’un des premiers à utiliser une palette graphique dès la fin des années 1990 pour décliner plus facilement une même forme.Plus de la moitié des 200 œuvres accrochées ont été créées ou retravaillées spécifiquement pour l’occasion. Elles sont souvent imprimées dans des formats très larges, qui mettent à l’honneur le trait épuré et tout en courbes de Jean Giraud. Requin immense en apesanteur dans une salle inondée, face-à-face avec la mort dans un désert, personnage propulsé par une vague, vaisseau spatial échoué dans un champ : chaque dessin est une invitation à la rêverie. Quelle inventivité de la part du créateur de Blueberry, alors même qu’il est aujourd’hui âgé de 73 ans !Le musée distribue des livrets à ses jeunes visiteurs et organise gratuitement pour eux des ateliers pendant les vacances scolaires, durant lesquelles ils pourront apprendre à recréer des personnages inspirés de l’univers de Mœbius.(Stéphane Loignon pour la revue DADA)


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