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« Magiques licornes » au musée national du Moyen Âge

Aurélia Antoni 16 août 2018

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Depuis le 14 juillet, le musée de Cluny a réouvert ses portes et célèbre par la même occasion son emblème fétiche, la licorne. Alors que la culture populaire s’est emparée de la créature fantastique, l’exposition « Magiques licornes » revient sur les empreintes de sabots décelées au Moyen-âge, au temps de la fameuse tapisserie de La dame à la licorne…

Tenture de la Dame à la Licorne : la Vue, Tapisserie, vers 1500, Cl. 10836 © RMN-Grand Palais (musée de Cluny – musée national du Moyen-Âge) / M. Urtado

Au commencement, point d’arc-en-ciel ni de crinière rose bonbon. Mais un animal sauvage et rapide doté d’une corne magique. Symbole de chasteté – seule une jeune vierge peut la capturer – la licorne est souvent associée à la Vierge Marie dans les images de l’Annonciation où elle incarne Jésus. Ses premières traces sont observées dans des écrits de la Grèce antique, mais les plus nombreuses observations sont faites durant le Moyen-âge sur les bestiaires, écrits scientifiques ou religieux. 

Acquises en 1882 par le musée de Cluny, les six tapisseries de La Dame à la licorne demeurent au cœur du discours. Elles représentent les cinq sens sur fond rouge et décor paradisiaque de flore et de faune abondantes. Une sixième tapisserie, un sixième sens entretient le mystère du chef d’oeuvre, accompagnée de l’énigmatique inscription « À mon seul désir ». Seule avec sa dame, la licorne s’accompagne désormais de nombreuses autres facettes dépeintes par l’exposition. 

Objets, livres enluminés et tapisseries occupent le premier espace du parcours. À l’entrée, une dent de narval, cétacé des mers arctiques, surprend par sa phénoménale longueur. C’est la corne magique supposée trôner sur le front de l’animal et capable d’anéantir les poisons. 

Aquamanile : Licorne, Alliage cuivreux, vers 1400, Cl. 2136 © RMN-Grand Palais (musée de Cluny – musée national du Moyen-Âge) / G. Blot

De livres en livres, des histoires se content durant le XVè siècle. La licorne s’observe sur un bestiaire d’aventurier certain d’avoir observé la bête. Ou sur un manuscrit peignant le paradis terrestre d’Adam et Eve. Autour de 1400, un sublime et dynamique aquamanile en forme de licorne permet d’associer ce vase rempli d’eau destiné au lavement des mains au pouvoir de purification de la corne magique. Plus loin, une housse de coussin en tapisserie datant des années 1500 met en scène une femme sauvage vouée à la solitude, tout comme l’animal qui l’accompagne. 

Une des pièces phares de l’exposition est sans nul doute la Scène de l’histoire de saint Étienne, une tapisserie de grande taille commandée par l’évêque Jean Baillet pour la cathédrale Saint-Étienne d’Auxerre. Le cadavre de Saint-Étienne y repose de tout son long entouré d’animaux malfaisants qui, contre toute attente, laissent patiemment le défunt reposer en paix. La licorne occupe une place majeure, élancée et gracieuse, assise sur ses pâtes arrières en position apprivoisée. Blanche comme neige, elle contraste avec la vision brune qui règne en Italie, comme en témoigne une pièce de terre cuite émaillée provenant de Florence. 

Vers le second espace, le ton change et s’actualise. Ungerer illustre l’animal trait par une une jeune vierge pour une affiche publicitaire. Gustave Moreau en dégage l’imaginaire onirique et romantique. En hommage à La dame à la licorne, Claude Rutault propose une série de tapisseries envahies par un flou visuel. La mémoire tente alors de reconstituer la composition. Au sol, une peau de licorne dépecée mêle références historiques, populaires et humoristiques. Pour Jean Cocteau, la réécriture de la pièce favorite du musée se fait en ballet, grâce à des costumes féminins d’une élégante poésie.

Oubli et mémoire de la Dame à la licorne : la Vue, Claude Rutault, Tapisserie, 2018 © Pierre Bureau, Mobilier national

En fermeture de bal, le désenchantement. La faute à Maïder Fortuné qui filma la créature sous une pluie torrentielle. Peu à peu, elle se transforme en cheval grisonnant. La corne n’est plus, la blancheur s’en est allée.

MAGIQUES LICORNES

14/07/2018 > 25/02/2019

Musée de Cluny – Musée National du Moyen Âge

PARIS

Mystérieuse, ambivalente… la licorne a, dans l’histoire, suscité bien des fantasmes. Autour des années 1500, puis dans la période co...

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