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Pique-niques estivaux au Musée d’Orsay

Aurélia Antoni 15 août 2018

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Une bonne bouteille de vin, une baguette, des fruits… et la nappe bien-sûr ! Quand les éléments sont réunis pour un bon pique-nique dans la verdure, les peintres se régalent. Surtout lorsque les invités prennent leur aise. Au musée d’Orsay, trois déjeuners sur l’herbe se dégustent nonchalamment…

Claude Monet, détail du déjeuner sur l’herbeentre 1865 et 1866, huile sur toile, H. 248,7 ; L. 218, musée d’Orsay, Paris, France

Au bois de Boulogne

Edouard Manet, Le déjeuner sur l’herbe, 1863, huile sur toile, H. 207,0 ; L. 265, musée d’Orsay, Paris, France

C’est Edouard Manet qui ouvre le bal avec son innocent pique-nique du bois de Boulogne. Mais que dis-je ? Une femme nue, un jeu de jambes suggestif, un panier de fruits renversé… La toile fait scandale au Salon des Refusés de 1863 et pour cause, elle dévoile au grand jour la prostitution régnant sur le parc parisien. Des salves de rires retentissent devant l’immense tableau de plus de deux mètres de longueur. Ces dénigrements atteindront Manet au plus profond de son art, lui qui cherche passionnément une reconnaissance officielle. D’ailleurs, il s’en tient à la vision du critique d’art et poète Charles Baudelaire pour atteindre le succès, dépeignant sa contemporanéité. Mais l’artiste se rebelle sur toute la ligne. Les références historiques s’ajoutent à une touche grossière fortement contestée. Les contrastes sont puissants, la lumière du corps féminin rayonne en opposition à l’arrière-plan. Les personnages sont comme mis en scène dans le théâtre de la nature. Au Salon, ces reproches mèneront au refus catégorique du tableau, mais également  à l’éternelle reconnaissance de ses pairs. Le déjeuner sur l’herbe de Manet ou l’ouverture d’une voie unique à mi-chemin entre le réalisme de Courbet et l’œil impressionniste.

Devant le coucher du soleil

Eugène Boudin, Le déjeuner sur l’herbe, 1866, huile sur bois, H. 17,5 ; L. 25, musée d’Orsay, Paris, France

Trois ans plus tard, Eugène Boudin livre sa version du repas champêtre. La divergence est radicale et révélatrice des caractéristiques du peintre. La touche est éminemment floue, les personnages sont de tailles réduites comme des points de vie perdus en pleine nature. La composition est similaire aux marines qui forgèrent la réputation de l’artiste. Trois quart de ciel pour un quart de terre mais au milieu la végétation s’installe. Le « roi des ciels » comme le surnommait Corot, brosse un sensationnel coucher de soleil montré du doigt par un personnage masculin. Quelle poétique mise en abîme ! Zola notait alors « l’originalité exquise de l’artiste, ses grands ciels d’un gris argentin, ses petits personnages si fins et si spirituels de touche ». Un talent original qui enseignera à Claude Monet cet amour du plein air, ce spectacle incessant et fugace de la nature, cette dynamique des tissus agités par le vent. Plus tard, le maître impressionniste affirmera : « Si je suis devenu peintre, c’est à Boudin que je le dois ».

En société

Claude Monet, Le déjeuner sur l’herbeentre 1865 et 1866, huile sur toile, H. 248,7 ; L. 218, musée d’Orsay, Paris, France

La même année, Claude Monet suit son professeur. Encouragé par son succès au Salon de 1865 et inspiré par la version de Manet, il se lance dans la réalisation d’une toile gigantesque de 4,50 mètres sur 6. L’artiste peint en plein air par bribes d’esquisses puis s’applique sur la toile dans son atelier. Mais en 1866, ses efforts ne payent pas à temps pour susciter l’admiration au Salon. L’œuvre restera inachevée. C’est seulement une dizaine d’années plus tard que Monet se réapproprie la peinture qu’il avait dû céder en gage à un créancier. Trop endommagée pour demeurer intacte, la composition est découpée en trois morceaux. Si le musée d’Orsay n’a pu conserver que deux parties du tableau, le musée d’art Pouchkine à Moscou détient une esquisse de 1865 laissant apparaître cinq personnages supplémentaires.

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