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« Peindre le bonheur »

Anne Malary 9 août 2018

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Féérique, décoratif. « Oui, ces deux épithètes répondent le mieux aux sensations éprouvées par moi » écrit Henri-Edmond Cross à Paul Signac en 1891. Le peintre vient de réaliser son œuvre décisive : le portrait néo-impressionniste d’Irma Clare. Il quitte Paris avec elle et s’installe sur la Côte d’Azur. Il ne quittera – presque – plus le Midi. Les paysages qu’il peint dès lors sont exposés au musée des impressionnismes de Giverny.

Henri-Edmond Cross, Plage de Baigne-Cul, 1891-1892, Chicago, The Art Institute of Chicago © The Art Institute of Chicago, dist. RMN – Grand Palais / Image The Art Institute of Chicago

Sous la première lumière

Les Îles d’or. Devant les îles d’Hyères Cross trouve un bleu-violet. « Le sable jaune et fin étincelle sous la lumière »[1]. Les points roulent encore des tons abstraits. Magnétique !

Le paysage est sans narration. Le peintre le retranche dans une arcadienne harmonie, hors du temps, hors de tout sauf de l’or.

La région en effet est un terrain d’expérimentation idéal pour les recherches de couleurs et de formes, car s’y logent encore les fantasmes et les possibles y éclosent. Contrairement à la côte normande – à Trouville par exemple, déjà reliée à la métropole parisienne par la voie ferrée – les villages méditerranéens sont encore vierges de tourisme et leur lumière n’attend que d’être contemplée.

Alors quand Cross la révèle, on dirait qu’il rend sa première vision radieuse et irradiée. Il regarde puis synthétise cet effet originel. Même les enfants sur la Plage de Baigne-Cul sont insérés sur le paysage dans un effet d’étrangeté. On comprend qu’ils n’étaient pas là, pas comme ça, et que Cross les a mis au carreau.

Henri-Edmond Cross, Toulon, matinée d’hiver, 1906-1907, Collection particulière © Tous droits réservés / Photo : J. Hyde

Harmonieux paysage

Ses compositions à l’antique rythmées de cyprès sont d’une beauté pacifique. Cross écrit à Signac qu’il souhaite « peindre du bonheur, des êtres heureux comme pourront l’être dans quelques siècles (?) les hommes, la pure anarchie réalisée ».

L’idéal pour lui réside dans cette harmonie entre la nature et l’homme. C’est une union utopique, similaire à celle que célèbrent les théoriciens de l’anarchie pour atteindre régénération morale[2]. Les êtres que peint Cross ont aussi des apparences exemplaires pour leurs thèses : des corps nus, forts et radieux.

Exilés de la vie moderne.

À partir de 1895, l’artiste évolue sa technique. Il peint en touches plus larges, intensifie les couleurs et les contrastes, anime des paysages auparavant statiques. Maintenant, c’est extatique ! Cross a le goût de l’arabesque dynamique !

On dirait qu’il réveille sa couleur. Comme Nicolas de Staël aura sa révélation cinquante ans plus tard et l’écrira à René Char : à présent, il faut fouetter la couleur, « faire claquer au vent [l]a Provence » !

La mer clapote en paillettes sur le port de Toulon, une matinée d’hiver. Même les mouettes et les hirondelles luttent contre les points solides. La vapeur du bateau s’illumine. C’est un moment. Le peintre rend le mouvement de l’instant houleux et vigoureux.

Sa peinture monte en puissance, la nature maintenant contamine tous les personnages. Sous la forêt colorée, les femmes nues se rapprochent et s’étreignent, elles répètent les gestes des chênes-lièges. Dix ans auparavant elles s’observaient encore, à présent elles sont tout à fait le paysage !

« Lors d’une visite sur la Côte d’Azur, à l’été 1904, Henri Matisse est si séduit par l’idylle méridionale de Cross qu’il la choisit comme point de départ pour l’une de ses premières toiles parmi celles qui deviendront célèbres[3]. » Luxe calme et volupté. Le bonheur est prolongé.

Henri-Edmond Cross, Le Cap Layet, 1904, Grenoble, musée de Grenoble © Ville de Grenoble / Musée de Grenoble – J. L. Lacroix

[1] Émile Verhaeren cité par Daniel Zamani, « Peindre le bonheur ? Les paysages d’Henri-Edmond Cross », Henri-Edmond Cross, Peindre le bonheur, Paris, Musée des impressionnismes Giverny, p. 23-30

[2] Ibid.

[3] Ibid.

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