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L’art céramique de Raoul Dufy

Anne Malary 26 juillet 2018

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De 1940 à 1950, Perpignan accueille l’artiste Raoul Dufy. Dans la ville, le musée d’art Hyacinthe Rigaud consacre cet été une exposition à cette décennie : Raoul Dufy, les ateliers de Perpignan. Il révèle aussi une part précieuse et peu connue de son œuvre : les arts décoratifs, et notamment sous une vitrine quelques céramiques que l’artiste réalise à cette époque…

Raoul Dufy, Vase aux baigneuses et cygnes, 1930 © MuMa Le Havre / Charles Maslard — © ADAGP, Paris, 2013

Nous connaissons peut-être davantage les céramiques de Picasso ou celles d’Henri Matisse. Au tout début du XXe siècle, ce dernier fait partie des artistes qui décorent les pièces du céramiste André Méthey installé à Asnières-sur-Seine. Autour de lui, il y a aussi Aristide Maillol, André Derain ou Maurice de Vlaminck, tous sollicités par le marchand d’art Ambroise Vollard pour oser ce médium.

Voilà que l’on découvre la liberté et la dynamique des motifs de peintres appliqués sur des vases ! Cette autre technique ploie heureusement le langage des artistes.

Raoul Dufy, lui, travaille à partir des années 1920 avec le céramiste catalan Josep Llorens Artigas – qui travaillera ensuite pour Joan Miró. Il révèle alors son sens du décor sur des carreaux et des vases aux formes girondes. Alors qu’Artigas expérimente de nouvelles techniques d’émaillage, Dufy essaie l’ornement comme on graffite. Ses audaces de compositions tournent, couvrent la surface et le fond d’un univers de naïades, de poissons et autres exaltations d’une Nature féconde. Elles atteignent la fusion forme-décor dans de petits jardins d’appartement.

Alors quand il se réfugie à Céret au début de la Seconde guerre mondiale, Raoul Dufy installe un four dans son atelier où ses amis, comme Albert Marquet, viennent travailler.

À Perpignan, dans le domaine des arts décoratifs il réalise déjà des cartons de tapisserie au côté du peintre Jean Lurçat. C’est avec un autre artiste et artisan, Jean-Jacques Prolongeau, qu’il crée ses derniers vases et carreaux…

Vue de l’exposition « Raoul Dufy, les ateliers de Perpignan » avec Le Bel Été, tapisserie de Raoul Dufy, 1941 (Le Havre, Musée d’Art moderne André-Malraux)

Un jour, Raoul Dufy achète un petit cheval en céramique. C’est un « coup de cœur », il souhaite faire la connaissance du céramiste ! Jean-Jacques Prolongeau est installé à Perpignan rue de la Lanterne. Le jeune artisan réalise alors des panneaux de céramique qui ornent largement les bâtiments publics de la ville. Son atelier est équipé d’un des premiers fours électriques.

Là, « l’artiste découvre le travail de mon père, ses formes, ses dessins préparatoires et sa palette d’émaux », écrit le fils du céramiste[1]. Les deux hommes s’entendent, et dès lors commence leur collaboration. Prolongeau soutient les recherches de décoration de Dufy. Il fabrique les carreaux de faïence, les engobes, les couleurs, les pièces de mise en forme, se charge aussi des cuissons spécifiques.

D’abord, Dufy décore les carreaux. Les lignes de ses dessins ornent de manière fluide ces petits carrés qui sont comme des cadres et lui offrent un jeu de composition. Un jeu de déclinaison aussi, puisque Dufy y transfère même le portrait de sa compagne Berthe Reysz. Il choisit en outre deux pièces de forme de l’atelier de Prolongeau : un vase avec col sur lequel il trace ses baigneuses et un vase globe dit vase « dinandier » tourné par le céramiste pour que Dufy le grave de chevaux, de poissons ou naïades.

Le peintre dessine le monogramme de Jean-Jacques Prolongeau, sa marque. Et signe d’alliance artistique, les artistes utilisent même un paraphe commun qui entrelace leurs deux monogrammes….

« Mon père passe le prendre chez lui pour venir travailler à l’atelier. Dufy vient toujours avec son carton à dessins [2]». Ce faisant, dans le travail calme près du four il réalise ses dernières céramiques. Durant ces années, il en détruit beaucoup aussi. Ce sont donc des pièces rares, très peu nombreuses et encore difficiles à localiser.

Vue de l’exposition « Raoul Dufy, les ateliers de Perpignan »

[1] Jean-Charles Prolongeau, « L’atelier de la Lanterne », Dufy, les ateliers de Perpignan, Paris, Somogy, 2018, p. 156

[2] Ibid.

RAOUL DUFY, LES ATELIERS DE PERPIGNAN 1940-1950

23/06/2018 > 04/11/2018

Musée d'art Hyacinthe Rigaud

PERPIGNAN

Réfugié à Céret au début de la Seconde guerre mondiale, Raoul Dufy (Le Havre, 1877 - Forcalquier, 1953), entre en 1941 en relation avec...

Exposition terminée
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