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Trois œuvres phares à la fondation Custodia

Anne Malary 25 juillet 2018

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Le Rêve américain : du pop art à nos jours est l’exposition estivale qui détonne à la fondation Custodia. Nous vous avions présenté la cohérence et la vitalité de cet événement qui découvre le panorama de l’essor de la gravure aux États-Unis depuis 1960. Voici trois œuvres phares que vous pourrez y voir…

Jasper Johns, Flags I, 1973, British Museum, Londres © Trustees of the British Museum et © Jasper Johns / Adagp, Paris, 2017

Flags I de Jasper Johns

« Une nuit, j’ai rêvé que je peignais un grand drapeau américain, le lendemain matin je me suis levé et je suis allé chercher tout le matériel nécessaire pour le commencer. »

Jasper Johns commente ainsi le premier drapeau qu’il peint en 1954. Le matériau dont il est question : trois toiles, des journaux en lambeaux, de la peinture à l’encaustique.

Le drapeau américain, selon l’artiste, est un objet que notre esprit « connaît déjà ». Mais sa peinture nécessite un examen minutieux. Car derrière le simple raisonnement de Johns – j’ai fait un rêve, j’ai acheté de quoi le réaliser – sous la planéité de sa déclaration et de son exécution, il y a une épaisseur de feuilles…

C’est le pop art, puisant dans les images quotidiennes que l’esprit middle class « connaît déjà ». Ce tournant a des racines, notamment les images d’enseignes des siècles précédents, l’assemblage mais aussi le néo-dadaïsme et l’œuvre de Duchamp à New York. Jasper Johns dans cette veine pose sur ses toiles des cartes, des cibles, des drapeaux plats comme des affiches. Tout cela est si littéral qu’il confine au banal. Est-ce l’objet ou son image ?

En s’approchant de l’oeuvre, on peut découvrir les bouts de journaux sous les rayures et compter 48 étoiles qui confèrent à cette icône son historicité. L’image connue, vue permanente, n’est jamais si regardée qu’alors.

En 1973, Jasper Johns fait du drapeau une sérigraphie, exposée en ce moment à la fondation Custodia. C’est en travaillant avec des graveurs japonais dans le New York des années 1970 que l’artiste réalise que la superposition de couches d’encre transparente permet d’obtenir des images raffinées.

Ici, de loin Flags I est un rendu large et imprécis. De près il est un foisonnement d’encres, une superposition d’étapes et de couleurs. Un vernis brillant distingue enfin le drapeau à droite de celui qui est mat. Subtile énigme !

Jim Dine, Five Paintbrushes (troisième état), 1973, British Museum, Londres 2014 © Trustees of the British Museum et © Adagp, Paris, 2018

Jim Dine, Five Paintbrushes

Jim Dine tire toutes les ressources possibles de la technique de l’estampe. Sa densité, son expression. Si ses pinceaux ont des crins dynamiques, presque organiques, ils étaient moins chevelus au premier état… Des états, il y en a six, tous réalisés en 1973.

C’est la taille-douce et la pointe sèche que l’artiste retrouve avec le plus grand plaisir. À dessiner sur le métal, avec l’acide, il ressent une « extension de la main ». Pour cette estampe, les pinceaux, autres objets de l’extension, sont au départ au nombre de cinq. Ils donnent encore leur nom à la série complète transformée à partir d’une même plaque.

D’abord, les cinq pinceaux sont espacés et d’autres brosses sont insérées. Tous diffèrent en taille, en forme, mais sont sur une ligne régulière. Puis leurs crins sont allongés et épaissis. La plaque est coupée, de la texture est ajoutée. Au quatrième état, le fond est grisé et les manches assombris. Au sixième, état final, l’ensemble est imprimé à l’encre vert foncé.

Ce processus gravé permet la métamorphose de l’image. C’est là, dit Jim Dine, son « premier exemple d’une image sérielle ».

Mais avec un tel sujet l’artiste trouve aussi son double. Les outils, les cœurs, les vêtements, les arbres et les portes tracent les principaux axes de son œuvre. Ici, il rend hommage à l’objet basique du peintre, chaque fois décliné et six fois singularisé : « ces outils, ou ces objets […] sont des métaphores de moi et de ma condition, quelle qu’elle soit. Ou mon histoire. C’est moi, peignant mon histoire. »

Richard Estes, Grant’s, du portfolio Urban Landscapes, 1972, British Museum, Londres © Trustees of the British Museum et © Richard Estes, courtesy Marlborough Gallery, New York

Grant’s, d’Urban Landscapes par Richard Estes

Grant’s. C’est le nom qui domine la devanture saturée de lettrages lumineux et de reflets fragmentés. Cette vue qui clignote par signes, sans humain ni trafic urbain, a d’abord été figée au moyen de la photographie.

Dans son processus créatif et technique, Richard Estes accumule les couches. À partir de ses photographies, il réalise des peintures puis des gravures très détaillées. Cela lui permet de garder l’exactitude de ses sujets avec davantage de précision que la mémoire, mais aussi de révéler à l’œil des détails picturaux qu’il ne peut tout à fait saisir dans le réel. Il n’y a pas de narration, seule reste l’obsession de la devanture urbaine.

Le procédé de la sérigraphie, tranchant et « très propre », ressemble aux images et au déroulement de la peinture chez Estes : la matière se pose d’abord largement par masses colorées puis par additions successives jusqu’à l’achèvement.

C’est ainsi que Richard Estes altère subtilement l’hyperréalité pour faire naître l’illusion. À New York, il répète les reflets mouvants sur les vitrines des diners, des boutiques et des bureaux anonymes. Un monde propre et angulaire rompu seulement par des lumières qui prennent la diagonale, gondolent les lignes. Il n’y a pas d’ordure, pas de trace d’infraction, nulle introduction.

En 1972, il en fait son premier portfolio d’estampes à huit couleurs : Urban Landscapes. Là tout est minutieux, exact, exactement clinique. C’est une œuvre à temps-plein réalisée par un artiste qui débuta par une carrière commerciale au service d’un éditeur de presse et d’une agence de publicité. Quand il commença à peindre tout le temps pour lui, et non plus seulement la nuit, Richard Estes décrivit déjà ce Manhattan. En 1968, après sa première exposition monographique à New York, il fut reconnu comme un peintre photoréaliste de premier plan.

 

LE RÊVE AMÉRICAIN : DU POP ART À NOS JOURS

02/06/2018 > 02/09/2018

Fondation Custodia

PARIS

Réunissant plus de 100 estampes par quelque 42 artistes américains, Le Rêve américain : du pop art à nos jours offre un vibrant panoram...

Exposition terminée
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