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Des obus aux bulles au musée Guerre et Paix en Ardennes

Anne Malary 13 juillet 2018

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Nous vous avons présenté sur exponaute le musée Guerre et Paix en Ardennes qui a été inauguré en janvier 2018, l’année du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale. Dans son grand atrium, il présente jusqu’au 9 septembre l’exposition « Des obus… aux bulles : la Grande Guerre en bande dessinée », qui continue la scénographie exemplaire de ce lieu d’histoire enfoui sous l’herbe.

Des obus… aux bulles. Sur 300 mètres carrés, le musée Guerre et Paix en Ardennes montre comment les auteurs de bande dessinée ont tourné le thème de la Grande Guerre.

« Tourné » oui, car l’on saisit bien comment depuis Bécassine, les albums ont interprété l’histoire, 100 ans d’histoires !

La bande dessinée sert la propagande en 1914. Mais après le conflit, la Grande Guerre est un sujet peu propice à la narration d’aventures héroïques.

C’est finalement une « boucherie » que décrit Jacques Tardi à partir des années 1970. Des mitrailles et des assauts, des gueules défoncées et des pantins morts qui parlent au « tu » que nous sommes.

Le « soldat-héros » renouvelle le genre dans les années 1990. Tandis que le nombre d’anciens poilus diminue, les publications se multiplient et s’engouffrent dans tous les genres. Et la bande dessinée réaliste, fantastique, le polar… ne montrent pas que le front.

Vue du musée Guerre et Paix en Ardennes © Carl Hocquart

L’exposition présente ainsi les conséquences et les seconds plans de la guerre sur des pans didactiques. L’industrialisation de la guerre, l’hôpital militaire, le quotidien des tranchées, ou encore les cinq sens des poilus.

Comment retranscrire la stimulation de l’ouïe, de l’odorat, du toucher ? Les onomatopées décrivent le sifflement des obus, le vrombissement des avions, les tirs d’artillerie qui peuvent s’entendre à plus de 100 km de distance. Les images – cadavres sur le paysage – transmettent leurs odeurs pestilentielles. Le cadrage, œil par œil, nous communique la vision d’un soldat. Et puis il y a le goût, le ragoût « rata » qui arrive froid. Le toucher, la plaie du froid, les morsures de rats. Tout cela constitue le lexique sensoriel de ces albums.

Vue de l’exposition

Par un habile focus technique, l’exposition montre que le remplissage de tout l’espace d’une case peut être aussi graphique que sonore afin d’illustrer le vacarme. Et le musée fait entrer ce dernier dans la troisième dimension en exposant une mitrailleuse devant un mur d’onomatopées : « piir », « feu ! », « maman ! », « FIIIZ » des obus fusent devant les yeux !

De même, sous un panneau illustrant la mondialisation du conflit par les uniformes des personnages de bande dessinée, sont posées les coiffures véritables des soldats internationaux, casque, béret ou chéchia.

L’uniforme fait partie du quotidien d’un soldat, qui apparaît en transparence. Car derrière les vitrines de part et d’autres de l’exposition, les collections permanentes du musée sont visibles. Des chars, des mannequins soldats derrière les figures de papier. Des jeux de dames, des cigarettes, des papiers gommés et des boites d’allumettes mis en scène sous les scènes dessinées.

L’exposition qui fait la synthèse d’environ 150 albums est aussi enrichie par une présentation de dessins originaux, de planches et d’extraits du story-board du film d’animation Merci de ne pas mourir un dimanche écrit par le scénariste Kris et présenté dans le musée.

Tout cela au milieu de grandes toiles de fonds qui ajoutent par exemple au décor un champ d’obus bleu. Dans ce lieu où tout est pensé pour transmettre l’histoire par formules – des balles criblant une vitrine, des ombres passant les tranchées… – l’exposition « Des obus… aux bulles », labellisée Centenaire de la Grande Guerre, ajoute un point temporaire à une muséographie astucieuse.

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