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Trois œuvres du musée Van Gogh d’Amsterdam pour redécouvrir le maître hollandais

Aurélia Antoni 4 juillet 2018

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Au musée Van Gogh d’Amsterdam, 200 tableaux et 500 dessins du peintre hollandais peuplent les murs. Il est parfois difficile de s’y retrouver parmi cette gigantesque productivité et sortir des sentiers battus tracés par les points de repère habituels que sont Les Tournesols, Le semeur ou encore le Champ de blé aux corbeaux. Exponaute saisit l’occasion de vous présenter trois œuvres surprenantes.

Vincent van Gogh (1853 – 1890), Autoportrait en peintre, Paris, Décembre 1887 – Février 1888, peinture à l’huile, 65.1 cm x 50 cm © Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

L’œuvre insolite

En 1887, Van Gogh est installé à Paris depuis un an. À Montmartre, il côtoie Monet, Renoir, Pissaro, Sisley, Degas, Signac, Seurat… L’ère impressionniste touche à sa fin, mais la période du pointillisme se prolongera jusqu’au début des années 1900. Il s’exerce donc à cette technique du point sur le motif, peignant aux côtés de Gauguin ou de Toulouse Lautrec avec une palette éclaircie depuis son arrivée à la ville lumière.

Vincent van Gogh (1853 – 1890), Arbres et sous-bois, Paris, Juillet 1887, peinture à l’huile, 46.2 cm x 55.2 cm © Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

Arbres et sous-bois est un bel exemple de cette influence où ombres et lumières se travaillent par petites touches déposées sur la toile. À première vue, l’impression abstraite et l’ensemble de tons verts surprennent, tant on connaît un Van Gogh baignant dans le jaune et le bleu.

Mais les indices s’invitent pour dévoiler ce paysage forestier. À hauteur du regard, une ligne d’horizon ensoleillée se devine entre les lignes fines et tortueuses des troncs d’arbre. Puis au premier plan, la ligne épaisse et pourpre modelée de touches vertes replacent l’œil dans une profondeur et un cadrage dignes d’une photographie. Peu à peu, les feuilles épaisses d’un arbuste se détachent, la nature foisonnante du sol se révèle et le ciel camouflé par les feuillages comme des milliers de points lumineux adoucissent l’esprit. Le calme règne au cœur de cette nature luxuriante.

L’œuvre réinterprétée

En septembre 1889, l’artiste est installé à l’asile Saint-Paul-de-Mausole à Saint-Rémy-de-Provence où il envisage de se reposer pendant plusieurs mois. Dans sa chambre, il se consacre pleinement à sa seule consolation, la pratique de la peinture qu’on lui autorise sans contraintes.

Admiratif des peintures rurales de Jean-François Millet, Van Gogh s’adonne à l’art de la réinterprétation. Il réalise 23 tableaux inspirés de ceux de Millet, valorisant les travailleurs de la terre. Le sujet et la composition sont souvent conservés, mais le maître ne peut s’empêcher d’y transposer sa palette aux couleurs flamboyantes, son geste sinueux et sa touche épaisse.

Vincent van Gogh (1853 – 1890), Pietà (d’après Delacroix), Saint-Rémy-de-Provence, Septembre 1889, peinture à l’huile, 73 cm x 60.5 cm © Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

Puis un jour, une lithographie d’une peinture de Delacroix, la Pietà, tombe par accident dans la peinture à l’huile de l’artiste. Attristé par la perte de l’image au sein de ce lieu de la folie et de l’ennui, il peint par mémoire ou par copie de bribes préservées de la lithographie, sa Pietà si particulière.

La composition reprend la vierge Marie endeuillée par le décès du Christ, la tête penchée en écho à celle inclinée du mort, les mains implorant en miroir avec celles délaissées par la vie. Chez Delacroix, le tragique règne. Mais chez Van Gogh, l’espoir renaît grâce à ce jaune étincelant pointant à l’horizon, se reflétant même dans le blanc du linceul. Le visage du Christ, cerné d’une barbe rousse, le nez proéminent, pourrait même se confondre avec ses propres traits…

L’œuvre influencée

Ils ne se sont sûrement jamais rencontrés. Et pourtant, leur parcours fut étrangement similaire, leur art habité des mêmes tourments. Munch et Van Gogh formèrent un même souffle passionné qui fut l’objet d’une grande exposition au musée hollandais en 2015.

Edvard Munch, Fertilité, 1899–1900, Canica Art Collection, Oslo

Sur la Fertilité peinte par l’artiste norvégien, la représentation du cycle de la vie apparaît dans toute sa symbolique. La femme à la physionomie enceinte tient à son ventre un grand saladier de cerises, le fruit de la vie à n’en pas douter. À sa droite, l’homme assis semble attendre l’arrivée de la vie symbolisée par l’arbre au centre de la peinture. Les formes simplifiées et les francs coloris rappellent l’ami commun des deux artistes, Paul Gauguin. Cette œuvre constitue un parallèle avec le Semeur de Van Gogh, où le geste créateur sacralise l’homme des champs et où le soleil derrière lui apparaît comme une auréole divine.

Pour explorer davantage l’impressionnante collection du musée Van Gogh d’Amsterdam, rendez-vous sur le site officiel.

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