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Saint-Paul de Vence : première Biennale au paysage !

Anne Malary 25 juin 2018

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À Saint-Paul de Vence les remparts enserrent les ruelles caladées et le paysage est lié à l’art. Matisse, Braque, Chagall, Calder, Miró, Picasso sont passés ou ont vécu là. La Fondation Maeght s’en souvient. Cet été, le village perché est un haut lieu de rencontre pour l’art contemporain. Car jusqu’au 31 août, les œuvres de 17 artistes forment la première édition d’une Biennale internationale ! Parmi elles, six sculptures peuvent se lier comme trois duos au fil d’une libre promenade…

Les œuvres sont exposées dans les espaces publics, à l’entrée du village, sur le toit de l’auditorium, dans les chapelles, sur les remparts, dans les cours et les places. Le jury de la Biennale Saint-Paul de Vence a souhaité montrer les sculptures à l’égard du patrimoine architectural, à l’air, à la lumière. Et toutes les galeries sollicitées ont participé.

Le thème de cette première édition est « média-terra ». La Méditerranée, la terre et la mer, la migration nourrissent cette inspiration. Mais la sculpture qui se mesure au paysage de Saint-Paul dépasse largement ces associations contemporaines.

Vincent Barré, Deux anneaux cannelés, 2009, Aluminium, courtesy de l’artiste & Galerie Bernard Jourdan, BIS 2018 / Photo Loic Deltour

En équilibre sur les remparts

Une colonne ¾ syncopée, deux anneaux cannelés couchés. Dans la cour de l’espace Verdet et près de la chapelle des Pénitents blancs, Vincent Barré a disposé ses sculptures en fonte d’aluminium. On dirait des parties d’architectures exilées là, en haut de Saint-Paul. Elles sont métalliques et pourtant sont comme les anneaux du Chaos organique ajouté au panorama du domaine de Chaumont-sur-Loire.

C’est toujours un corps d’arbre, un corps manufacturé qui est tronqué dans un bloc de polystyrène coupé au fil chaud. À la surface, le grain de la forme moulée au sable rend sa sensualité à cette allure épurée, à la finition argentée. C’est posé, concis, construit par arêtes en un équilibre virtuose. Posé avec respect en Saint-Paul qui accueille là l’évidence.

Sur le faîte des remparts, Big switch tient dangereusement la verticale. C’est une tour de cubes parallélépipèdes, posée à fleur de muret comme un jouet de bois. Les sculptures de l’artiste, Antony Gormley, ont ce caractère d’équilibriste dans l’espace. Le plus souvent, ce sont distinctement des hommes qui semblent au bord du précipice, suspendus dans les airs, lourds et gracieux à la fois. Mais dans cet environnement-là, le corps exposé est tout à fait abstrait, il est une sensation qui donne presque le vertige au corps du spectateur.

Antony Gormley, Big Switch, 2014, Fonte de fer, courtesy de l’artiste & Galerie Thaddaeus Ropac , BIS 2018 / Photo Loic Deltour

Miroirs dynamiques

Sous la place Charles de Gaulle, un grand roc à versants de miroirs renvoie le ciel, le paysage et les gens alentours. Il existe grâce à son entourage, et ce faisant ne parvient pas à composer un paysage cohérent. Ses reflets toujours déviants lui donnent une dimension cinétique sans mouvement physique.

Cette œuvre est pensée comme une sculpture par Arik Levy, qui a aussi œuvré dans les champs du design industriel et de la scénographie, qui a pensé la représentation de l’environnement et l’allure fonctionnelle d’un objet. Celui-ci, face à nous, est fait d’inox de qualité marine. C’est le plus robuste et le plus profond de tous les métaux. On l’utilise pour l’architecture navale. S’il était dans la mer, les poissons s’y verraient, l’eau y donnerait tout son lustre et son soleil, et le roc comme à l’air ne rendrait jamais la même vision…

Vladimir Skoda, Une seule direction, 2004-2009, Acier au carbone, acier inox poli miroir, courtesy de l’artiste & Galerie Catherine Issert, BIS 2018 / Photo Galerie Catherine Issert

Du haut de son bastion du XVIe siècle, un trombone pointe le ciel, le pavillon tourné sur le sol. Une seule direction ?

C’est le titre de l’œuvre de Vladimir Skoda, créateur passionné d’astrophysique. Son œuvre polie est une forme évasée qui s’achève en pic et pourrait être un point de passage vers une autre galaxie. Elle reflète le ciel et s’étire, désignant les hauteurs du cosmos dans une géométrie parfaite et utopiste ! Cette création est presque un instrument, qui fait s’approcher les adultes et les enfants… 

Arik Levy, Rock Shift Giant,  2011, Acier inoxydable poli, courtesy de l’artiste & Podgorny Robinson Gallery, BIS 2018 / Photo Loic Deltour

Jeux à terre

Place Charles de Gaulle, sur le terrain de sable près des jeux de pétanque, tandis que l’on s’ébat une coque attend la pression qu’on lui transmettra. Elle creusera tranquillement sa trace, son sillon, le patron de son balancement. Rocking est mouvement et masse, surface et matière dans une aire de jeux et d’éveil. C’est l’œuvre de Gabrielle Conilh de Beyssac, jeune créatrice qui a travaillé au côté de Vincent Barré. Sa sculpture est intrigante et ludique à la fois. Pensée efficacement comme un objet d’exposition et de récréation.

Gabrielle Conilh de Beyssac, Rocking, 2014, acier corten, courtesy de l’artiste, BIS 2018 / Photo Lionel Bouffier

Il y a plus loin, entre les oliviers, un circuit de vocabulaire d’acier… des lettres, « i », « j », « e », « o », qui sont aussi des bancs en aluminium brossé. Leur surface a une qualité picturale. D’ailleurs, l’artiste qui les a conçues est aussi peintre. Sur ses toiles, Agnès Thurnauer lie le mot, le verbe et l’image : « Représenter une question, c’est se permettre de la regarder comme paysage », dit-elle.

Cette série de socles traduit le langage pictural dans la troisième dimension. Ces moules de lettres sont des matrices que l’on peut lier, accorder, mais aussi des assises que l’on peut investir. Leur nom : Matrice/assises (joie) dit toute la sculpture épanouie au paysage !

Au temps estival des multiples biennales et triennales, pour sa première édition la Biennale Internationale Saint-Paul de Vence nous enthousiasme. Nous l’avons pratiquée comme une promenade cohérente, car c’est ce qu’elle offre, davantage que l’interprétation d’un thème. Elle rend à la sculpture l’espace haut, l’air libre et la variation de la lumière. La liaison opportune des œuvres, quand ces dernières se connaissent mais aussi heureusement lorsqu’elles sont étrangères entre elles.

Agnès Thurnauer, Matrice (joie), 2018, aluminium brossé, courtesy de l’artiste et Gandy Gallery, BIS 2018 / Photo Lionel Bouffier

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