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À Auvers-sur-Oise, Van Gogh n’est plus et pourtant…

Aurélia Antoni 6 juin 2018

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Van Gogh à Auvers-sur-Oise, c’est 70 jours de vie pour 80 toiles produites. Au cœur et autour de ce charmant village, les sujets représentés s’enchaînent et des bribes d’une vie de peinture, d’une vie d’acharnement défilent sous les yeux du visiteur comme un musée en plein air. L’auberge Ravoux s’érige alors en lieu historique où le pittoresque séduit, où l’émotion s’installe. Retour sur le passage fulgurant d’une âme prodigieuse.

L’auberge Ravoux

Le 8 mai 1889, Vincent van Gogh entre à l’hospice Saint-Paul-de-Mausole près de Saint-Rémy-de-Provence. La vue de sa fenêtre à barreaux l’inspire et il peint furieusement des paysages sans figures, des fleurs d’iris violets. De crise en crise, il se réfugie dans la peinture, persuadé qu’elle demeure son remède. Son frère Théo doit même louer une pièce à Paris pour conserver toutes ses toiles.

Puis, Pissarro propose une solution face à la complexe situation de Vincent. Il souhaite lui faire rencontrer le Dr Gachet, professeur d’anatomie artistique et proche ami des impressionnistes. Mais le projet traîne et le 24 décembre, Vincent replonge dans une attaque violente, tentant de s’empoisonner en suçant ses tubes de couleur. L’épreuve est encore une fois terrible. Et pourtant, aussitôt la douleur apaisée, il se remet au travail. Peu après, Anna Boch achète la Vigne rouge, seul tableau vendu du vivant de l’artiste, pour la modique somme de quatre cents francs.

Excédé de son isolement, Vincent rentre à Paris auprès de son frère et de son neveu nouveau-né. Mais la frénésie parisienne le comprime rapidement. Après trois jours de cohabitation, Théo envoie une lettre au Dr Gachet pour lui annoncer la venue de son frère.

Le 20 mai 1890, l’artiste descend du train à Auvers-sur-Oise, quatre toiles sous le bras. Il y rencontre le Dr Gachet qui l’emmène jusqu’au café-auberge Saint-Aubin. La pension y étant trop élevée, Vincent décide alors de se loger à l’auberge Ravoux, presque moitié moins chère. Même s’il doute des facultés du docteur, l’artiste se porte bien. La couleur expressive de la campagne l’enchante et il annonce dès le lendemain à Théo qu’il est épris des vieux chaumes et qu’il voudrait en faire quelques toiles « car réellement c’est gravement beau ».

Champ de blé aux corbeaux, Auvers, juillet 1890, peut-être la dernière toile peinte par Vincent van Gogh.

Le dimanche 25 mai, Vincent retrouve le docteur chez lui et débute son portrait. Bientôt, Théo et sa femme les rejoigne pour la journée et admirent les dernières toiles de Vincent chez les Ravoux. Le peintre ne cesse alors de produire. La fille des Ravoux, la fille du Dr Gachet, la plaine, le château d’Auvers… Il saisit aussi bien des figures que des paysages et envisage même de louer une maison pour y peindre plus aisément. Mais à ce moment même, son neveu Vincent tombe gravement malade. Pendant une courte période, Théo ne peut plus subvenir aux besoins de son frère. Finalement, dès son retour de Hollande, il lui envoie une cinquantaine de francs et se voit vite remercié.

Le 27 juillet 1890, le ponctuel Vincent tarde à se montrer à l’heure du dîner. Dans sa chambre mansardée du deuxième étage, il est étendu sur son lit, saignant à flots. La balle du revolver passée sous le cœur ne peut être extraite. Le lendemain, un peintre pensionnaire des Ravoux porte une lettre de Gachet à Théo. Lorsque son frère arrive à son chevet, Vincent apparaît seulement blessé et tous deux causent en hollandais. Mais à une heure trente du matin, le 29 juillet 1890, Vincent s’éteint.

Aujourd’hui, il est possible de visiter l’auberge Ravoux et la chambre de Vincent où parquet, chaise et lucarne meublent ce petit espace de vie. Bientôt, une œuvre du maître sera exposée pour satisfaire les visiteurs déçus de la modeste expérience et surtout, pour combler le rêve inassouvi du peintre, celui d’exposer ses œuvres dans un café.

L’église, le cimetière et les paysages. Tout Auvers respire l’impressionnisme, le XIXe siècle et Vincent van Gogh. De ce dernier, tant de choses à retenir. Et pourtant, ni plus ni moins que cette phrase « J’aime encore beaucoup l’Art et la Vie », où l’excès du « beaucoup », la difficulté du « encore » sont encerclés par l’Amour, l’Art et la Vie.

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