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LAAC de Dunkerque : dans les rouages de l’art

Aurélia Antoni 23 mai 2018

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« Ma fille de 5 ans pourrait faire la même chose », « Ce n’est qu’un tas d’objets usés », « Un trait et c’est fini ». Les préjugés sur l’art contemporain vont bon train. Enchanté, la nouvelle exposition estivale du LAAC de Dunkerque aborde le sujet sous un nouvel angle, celui des mécanismes créatifs. Comment fabrique-t-on le sensible ? Comment bascule-t-on du simple objet récupéré à l’œuvre d’art ? Interrogeons-nous, sondons l’effort, et l’âme artistique.

Gautier Deblonde, Atelier de Pierre Soulages, Paris, 2007 (détail) ©Gautier Deblonde – Galerie Cédric Bacqueville

« L’art véritable n’est pas seulement l’expression d’un sentiment, mais aussi le résultat d’une vive intelligence. » Hendrik Petrus Berlage

Être ou ne pas être

À l’état embryonnaire, l’art se compose avant tout de choix. Représenter, transformer, augmenter. Cette accumulation de décisions dessine une volonté qui s’imprègne d’originalité.

En photographiant les ateliers d’artistes, Gautier Deblonde fait de leur processus de création une œuvre d’art à part entière. Format panoramique, démarche presque journalistique, son travail est le fruit d’une succession de choix qui mène à la représentation artistique des lieux d’élaboration de l’art. Ron Mueck, Pierre Soulages, Anish Kapoor. Même au commencement, l’art peut naître.

Pour Pierre Mercier, ce n’est qu’en retrouvant sa série de photographies Portraits de travailleurs de rue dans la revue Zoom qu’il saisit la qualité plastique de la multiplicité de ses images en noir et blanc. Son paysage anthropologique est composé d’ouvriers, d’un facteur ou encore d’un agent verbalisateur en plein exercice de son métier !

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Michel Paysant, Inventarium 03 – 2003, Détail des architectures de mémoire, Fonds National d’Art Contemporain©ADAGP, Paris 2018

Manigancer

Le fini et le non fini. L’esquissé peut révéler une force considérable, jouant avec notre imaginaire sans limite. Dans la deuxième salle, les œuvres sont délibérément inachevées, de simples croquis de projets ou des maquettes jamais concrétisées.

Chez Jean Tinguely, le jeu, l’inutile, le merveilleux résultent d’un travail complexe relevant de l’ingénierie. Au cœur du bois de Milly-la-Forêt, le titanesque Cyclop guette toujours ses occupants, l’œil en perpétuel mouvement, la langue tombante et humide, l’oreille aux aguets. Au LAAC, comme sur le bureau d’un artiste en pleine ébullition, les feuillets administratifs côtoient les plans de terrain et les esquisses de concept. Les engrenages sont volontairement visibles, la pensée est clairement exprimée. Un plan de travail qui interroge la mémoire du visiteur, l’invitant à retracer le film chronologique des mécanismes intérieurs de l’artiste. Pour visualiser le travail de celui qui ne sait pas encore que son Cyclop allait prendre une dizaine d’années à s’ériger.

Inventarium 03 prend tout son sens dans cette exposition sur l’esquissé, le maquetté. C’est « un grand espace des possibles » comme le qualifie le commissaire Richard Schotte, où les maquettes agissent sur l’illusoire projection de sa réalisation, où les dispositifs témoignent d’une ingéniosité, où les échelles se diversifient. L’atelier d’artiste devient œuvre et l’œuvre devient atelier d’artiste. Ces petits mondes, en s’envisageant virtuellement à travers l’espace imaginaire, frustrent cependant le visiteur frappé par la qualité des projets amorcés.

Détourner

Sur ce mur blanc immense, horloges d’aéroport et marteaux se succèdent à intervalles réguliers, comme rangés par un maniaque du détail. Jean-Luc Vilmouth démultiplia et positionna. Et la magie opéra. Travail à la chaîne, répétition monotone, journée infinie. C’est le mur de l’oppression, le mur d’une société soumise.

Affiches lacérées, palette d’objets colorés, le système fait l’œuvre. Chez César c’est encore plus frappant, tant la compression transforme ses ustensiles récupérés en de simples composants d’une nouvelle sculpture, dénués de leur ancienne fonction, de leur connotation violemment anéantie par écrasement. Pourtant, on discerne les vestiges d’une théière, le motif d’une passoire et ça fait sourire. Ou pleurer, au choix.

Jean-Luc Vilmouth, Odyssée, 1983 – Collection IAC, Rhône-Alpes, (Villeurbanne) ©ADAGP, Paris 2018

Reproduire, singulariser

Après les célèbres photographies en série des Becher, les vases traditionnels chinois d’Allan McCollum interpellent. Placés sur des socles de différentes hauteurs, peints de couleurs variées, leur fonction se perd, se confond. Imité à l’infini depuis leur ancestrale création, l’objet apparaît peu à peu funeste sous les traits d’une urne répétée. Sommes-nous tous les mêmes face à la mort ?

Mur de Ben, mur de rires. Ses impertinentes peintures écrites sonnent le visiteur, le provoque, le contredit. « et si l’art n’existait pas ? », « n’importe qui peut avoir une idée ». N’amène-t-il pas inéluctablement le spectateur à s’indigner, à se prononcer en tant qu’individu ?

Work in progress

Dans la dernière cellule consacrée à la sculptrice Séverine Hubard, les maquettes s’exposent comme de petits chefs d’œuvre. Première apparition, le modèle réduit du monument commémoratif de l’opération Dynamo intitulée Sablier et installé devant le bâtiment du LAAC. La sculpture reprend la forme singulière du sablier tout en modifiant l’échelle et la structure de manière à ne pouvoir accueillir en son sein qu’une seule personne, hommage à ce sauvetage si particulier des soldats anglais réalisé au compte-goutte. Sur le socle, la simulation structurale révèle son caractère explicatif avec l’intégration en son centre d’un personnage définissant le concept de l’unique visiteur. Les prémices de la création peuvent signifier, démontrer.

Maisonnettes imbriquées les unes sur les autres, tuyaux emberlificotés, le travail imaginaire de projection dans l’espace s’active, comme un enfant devant son train miniature. Un rien peut communiquer un concept et c’est le cas d’un bout de papier plié comme un éventail aux motifs de losange. En réalité, il trône en pan de mur de bois, encadrant élégamment une ouverture architecturale au Maroc.

Barry Flanagan, After Bell, bronze, 1982, musée des beaux-arts, Calais. Acquisition réalisée avec le soutien du Fonds Régional d’Acquisition des Musées (Etat/Conseil Régional du Nord-Pas de Calais), n°  inv.983.5.1.© F. Kleinefenn

Tous les éléments sont réunis dans cette exposition pour reproduire l’enchantement créé par les artistes et vous guider à travers leurs mécanismes. Le LAAC de Dunkerque sait trouver les formes pour aborder l’art d’une singulière manière, car « ce qui importe par-dessus tout dans une œuvre d’art, c’est la profondeur vitale de laquelle elle a pu jaillir. » James Joyce

ENCHANTÉ

21/04/2018 > 26/08/2018

LAAC

DUNKERQUE

L'exposition ambitionne de poser les bases d’une réflexion sur la création artistique, le travail de l’artiste. Elle offre, à travers...

Exposition terminée
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