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Lee Bae, Plus de lumière

Anne Malary 16 mai 2018

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Trente années dans le noir, sur la cime de Saint-Paul de Vence. La fondation Maeght consacre une exposition à l’artiste coréen Lee Bae, qui œuvre au charbon de bois. Plus de lumière présente les médiums qu’il décline depuis les années 1990 comme des variations sur un même matériau. Elle renverse l’endroit, révèle l’envers, absorbe la lumière.

 © Roland Michaud

Entre un Paysage et un grand tableau Issu du feu, assis sur un banc au-dessus des tomettes et sous la verrière blanche, on ressent le noir. Il est paysage et iridescent. Comme une marqueterie de charbon qui révèle selon que l’on se place à tel ou tel angle, une nuit épaisse ou des montagnes de métal.

Quand on s’approche, on comprend le relief. C’est comme une terre qui monte et ne cesse de dégringoler alors que des trainées de charbon fusent sans virer. Lee Bae se souvient-il des cimes de son village natal ? Il en ferait un relief réel, de matière réelle. L’artiste a l’habitude de faire cuire au four des pins de Corée… Ils sont là bruts comme le roc.

 © Roland Michaud

Les pièces autour résonnent entre elles, salle à salle. Puis en bas de quelques marches, dans une petite chapelle, le silence isole l’œuvre. Des corps de bois reposent là, encordés et luisants. Au-dessus la lumière se réfracte sur les vitraux de Miró, ses couleurs pures à l’horizontale nimbent les pins au reposoir.

Le charbon absorbe puis renvoie la lumière. La lumière donne au charbon sa « physicalité ».

Cette expérience de la matière, Lee Bae la fait lorsqu’il arrive à Paris, en 1990. Près de son atelier, il trouve des sacs de charbon de bois appartenant à un entrepôt de bricolage et de matériaux de construction. L’artiste se souvient des fusains qu’il utilisait lorsqu’il était étudiant aux Beaux-Arts de Séoul, et de ce que l’on fait avec le charbon en Corée du Sud.

Là-bas, quand on creuse les fondations de sa maison on dispose en premier lieu le charbon de bois pour isoler le foyer de l’humidité et des insectes. Et quand un garçon naît, on le signale à la porte en accrochant du charbon à une corde.

© Roland Michaud

Lee Bae réalise alors que le matériau le relie à son pays. Il commence à dessiner avec le charbon avant de l’employer à son état brut. Taillé, poncé, frotté. Collé à la gomme arabique. Encordé, enchaîné. Couvert d’acrylique. Lee Bae donne corps au noir. Il l’éprouve, le pénètre, explore jusqu’aux frontières ses possibles plastiques.

Mais l’ADN, au début et toujours, c’est le dessin qui génère l’œuvre. Lee Bae dessine le matin, et l’après-midi s’affaire au travail plastique.

Le dessin peut rester tel quel, comme lorsque l’artiste tapisse un mur de kakis. Ce sont ceux qui tombent au pied de son atelier coréen. Leur dégénérescence est scrutée en série comme les étapes d’un lent processus. Ils ressemblent à des boules recroquevillées, des petits nids d’oiseaux. Des écorces desséchées déjà disparues, rayées de la surface du papier et du sol. C’est que Lee Bae commence par strier la feuille avec du papier de verre, puis dessine durant cinq heures. On dirait des gravures, souvenirs de Cheongdo près de Daegu en Corée du Sud ou retour à la terre en suivant le cours de la sève.

© Roland Michaud

Parfois cette dernière vient à lui. Quand Lee Bae fait venir de Cheongdo des fagots carbonisés en montagne, les pins coréens rencontrent ceux de Saint-Paul. Ils reposent contre eux, ils s’adossent à eux comme à un haut monastère.

« Ce lieu consacré à la création, à l’art, à sa présentation est pour moi un endroit de recueillement. La forme des toits, avec les bords courbes, me rappelle celle des temples avec leur toiture qui remonte et semble se redresser vers le ciel. »

Avant le charbon, avant le noir immense et variable éternellement, Lee Bae peignait à l’huile, très colorées, les montagnes de la Corée.

 © Roland Michaud

LEE BAE

24/03/2018 > 17/06/2018

Fondation Maeght

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Au printemps, du 24 mars au 17 juin, l’artiste coréen Lee Bae investira les espaces de la Fondation Maeght pour y présenter ses peinture...

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