Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 LE MONDE VU D’ASIE

16/05/2018 > 03/09/2018

Musée Guimet

- PARIS

expo_cercle_2 MARGIELA / GALLIERA, 1989-2009

03/03/2018 > 15/06/2018

Palais Galliera - PARIS
expo_cercle_3 NÉANDERTAL

28/03/2018 > 07/01/2019

Musée de l’Homme - PARIS
expo_cercle_4 SUBODH GUPTA

13/04/2018 > 26/08/2018

Monnaie de Paris - PARIS
expo_cercle_5 THÉÂTRE DU POUVOIR

27/09/2017 > 02/07/2018

Musée du Louvre - PARIS

LA NEWSLETTER

Né(e)s de l’écume et des rêves au MuMa

Aurélia Antoni 15 mai 2018

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Au cœur de l’inconnu, l’imaginaire travaille, le danger s’installe, le fantasme prend forme. Face à la mer, le MuMa s’immerge dans les mystérieux fonds sous-marins d’artistes explorateurs à la chimère facile. Vénus, sirènes et méduses traversent l’espace-temps, du classicisme au surréalisme, interrogeant le devenir de nos océans.

Edward MORAN, The Valley in the Sea, 1862, Huile sur toile, 102,9 x 162,6 cm, Indianapolis Museum of Art at Newfields, Martha Delzell Memorial Fund, 70.5, Discover Newfields.org, Courtesy of Indianapolis Museum of Art at Newfields

La vallée dans la mer peinte par Edward Moran en 1862, sans doute l’un des premiers paysages de fonds marins, ouvre ce bal maritime. Seulement trois ans après l’ouvrage de Charles Darwin, cette représentation inédite marque un tournant vers une vision plus scientifique et exacte de la mer. Les poissons ont remplacé les oiseaux, les anémones se substituent aux arbres, les algues détrônent l’herbe luxuriante.

La même année, la Vénus continue d’envoûter la peinture académique avec des représentations léchées à l’impression presque photographique d’un Amaury-Duval ou d’un Cabanel. Les codes se transmettent d’un tableau à l’autre, comptant les reflets des coquillages, la mer génitrice agitée par l’enfantement, la peau d’albâtre, la blondeur de la chevelure ondulée. Puis, la nudité dégage un érotisme sans limite chez Adolf-Hirémy-Hirschl. En plein réveil, éblouie par les rayons du soleil terrestre, Aphrodite se laisse porter par les flots sur un lit de vaguelettes, les cheveux dispersés sur un oreiller d’écumes. La Vénus de Botticelli ne se tient plus sur ses pieds en reine triomphante, mais en femme fatale renaissant après une nuit d’amour houleuse. Plus humaine, la Vénus d’Henri Gervex, rousse et souriante, s’adosse à la mer comme à un sofa, le mouvement de la vague épousant les lignes de sa plastique de rêve.

« Voilà notre domaine !
C’est ici que le sort
Tous les ans nous ramène,
Prêts à braver la mort !
Sous la vague profonde,
Plongeurs audacieux
À nous la perle blonde
Cachée à tous les yeux !
Voilà notre domaine ! etc. »
Le chœur des pêcheurs, Introduction, Les pêcheurs de perles, Opéra de Georges Bizet.

Adolf HIRÉMY-HIRSCHL, Aphrodite, vers 1893, Huile sur toile, 110,7 x 275,6 cm, Galerie Tibermont, Paris © Photo : Florian Kleinefenn

Sublime phénomène que la Tempête sur les côtes de Belle-Isle peinte par Théodore Gudin, où les courbes des nuages font écho aux violents remous, où le soleil apaise la marée, où le navire poursuit sereinement au loin, où l’aigrette contemple du haut de son rocher l’intense déchaînement des éléments retrouver son paisible cours. À côté, François-Auguste Biard, avec sa Vue de l’océan glacial, pêche aux morses par des Groënlandais, délivre une scène chaotique où la glace difforme et acérée menace dangereusement, et où le morse apeuré sème la mort dans sa lutte pour la survie. « L’élément non-respirable » pour Jules Michelet, perpétuelle tentation pour Homère, la mer vibrait comme une fin redoutable pendant des siècles.

Comme dans un cabinet de curiosités, le visiteur déambule ensuite parmi les objets insolites, étonnantes gravures et photographies. L’occasion de redécouvrir l’incroyable talent de Charles-Alexandre Lesueur, naturaliste originaire du Havre et explorateur des terres australes dans les années 1800. Sa Méduse Rhizostoma octopus est l’exemple typique de ses représentations analytiques des êtres sous-marins, témoin de la considérable avancée dans la connaissance de la faune marine. Cyanotypes d’algues réalisés en 1845 par Anna Atkins, gravures de méduses extravagantes d’Ernst Haeckel, majestueuse conque provenant de la collection Gustave Moreau nourrissent la singularité de ce cabinet enchanteur qui s’achève sur les fabuleuses couleurs des Fleurs de coquillages de Max Ernst.

Arts et sciences ne font qu’un lors des expéditions sous-marines. En 1893, un biologiste marin envoyé pour examiner les fonds souhaite photographier sous l’eau. Il prend cinq ans pour mettre au point un caisson étanche avec un système d’éclairage au magnésium et capter l’image des anémones et de son propre scaphandre immergés. Indispensable écran blanc, temps de pause allongé, le dispositif nécessite des améliorations mais l’effort est épatant. Les tirages sont présentés avec d’autres exemples de photographie sous-marine, épreuves du film Epaves, ou apéritifs dans une piscine par Steiner. Dans cette pièce dédiée aux clichés, une ténébreuse gravure de Gustave Doré trône sous vitrine, représentant un Navire pris dans les glaces immobile dans la pénombre et entouré de stalagmites aux redoutables allures de morses.

« Dans les écueils de pleine mer, là où l’eau étale et cache toutes ses splendeurs, dans les creux de rochers non visités, dans les caves inconnues où abondent les végétations, les crustacés et les coquillages, sous les profonds portails de l’océan, le nageur qui s’y hasarde, entraîné par la beauté du lieu, court le risque d’une rencontre. Si vous faites cette rencontre, ne soyez pas curieux, évadez-vous. On entre ébloui, on sort terrifié. » Victor Hugo, Les travailleurs de la mer, extrait.

Élisabeth JERICHAU-BAUMANN, Une Sirène, 1873, Huile sur toile, 96 x 126 cm, Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhagen © Ny Carlsberg Glyptotek, Copenhagen

De retour dans la lumière, les femmes sirènes ensorcellent l’œil du visiteur pris dans le tourbillon des symbolistes. Un soldat échoué en proie au toucher des ondines se délecte de son mirage. Une sirène grandeur nature communique secrètement, la peau teintée de reflets bleutés et verdâtres. Un centaure extirpe une naïade hors de l’eau. En sculpture, Rodin excite la sensualité émanant des créatures tantôt envoûtantes tantôt meurtrières. Exquis Dufy, enchanteur Ensor, les maîtres s’emparent des mystères marins avec brio. Clous du spectacle, le Vase écume de mer à la mousse opaline dégoulinante et la main jaillissant de l’eau à la peau enserrée d’algues par le génial Emile Gallé.

Au fond du musée, la riche collection d’André Breton nourrit les images ésotériques par des médiums variés. Collages, dessins, truquages, tout est possible pour déformer notre monde concret. Poétique vision du Bras sur le Guadalquivir de Pierre Boucher, insolite détournement de Welch avec ces queues de poisson rattachées par dessin au cliché de baigneurs enjoués.

Les expérimentations photographiques ne cessent de s’exhiber, entretenant le merveilleux de la mer. Jean Painlevé photographie un buste d’hippocampe, redéfinissant la sexualité sous-marine. Steiner adopte les tentacules de poulpe comme motif graphique. Marey décline le mouvement de la raie à la manière de Muybridge.

Nicolas FLOC’H, Kuroshio, Corail mou Sarcophyton sp, temp 23.7°, pH 8.00, pCO2 452 ppm, Iwotorijima, avril 2017, Photographie couleur, 150 X 210 cm, Leg Japon, Tara Pacific, production MuMa, Courtesy de l’artiste © ADAGP, Paris 2018

Finalement, l’art contemporain s’infiltre dans l’exposition par deux courants. Elsa Guillaume introduit une vision fertile et romanesque de l’exploration des abysses avec son scaphandre éclaté et sa fresque fantastique. Nicolas Floc’h s’emploie à rendre compte des paysages sous-marins dans leur dimension scientifique et biologique avec des photographies au message enfoui : échelle surdimensionnée, écosystème bouleversé par le réchauffement climatique. Le titre de son travail, « la couleur de l’eau », fait référence au drame écologique. Plus l’eau est verte, plus elle est productive…

180 œuvres peuplent le littoral du Havre. Gravures exigeantes fréquentent peintures magistrales et œuvres de grands noms. Regret cependant face à la présence excédante des surréalistes et la part négligée d’art contemporain.

NÉ(E)S DE L’ÉCUME ET DES RÊVES

05/05/2018 > 09/09/2018

Musée d’art moderne André Malraux

HAVRE (LE)

Premier musée reconstruit en France après la seconde guerre mondiale, inauguré en 1961 par André Malraux, le MuMa – Musée d’art mod...

106
jours restants
PRESSE
MEMBRES

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE