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Contes de fées au Centre national du costume de scène

Anne Malary 15 mai 2018

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« Cette exposition est une chausse-trappe », dit Martine Kahane. La commissaire de l’exposition du CNCS, à Moulins, revient sur un été passé à lire des contes, avec en tête des robes roses et d’or, de dentelle et d’argent… Mais en fait de matières, les livres restent de papier. Les lois somptuaires sous Louis XIV restreignent Perrault et compères. Alors sur scène les œuvres des costumiers sont libres, et sur corps menus posent menues frontières.

Vue de l’exposition Contes de fées © Jean-Marc Teissonnier Ville de Moulins

Le rouge, le noir et le blanc

Sous un écran de gaze légère comme une vape flottent des mannequins blancs. Blanche Neige et Libellule, mousseline, Cendrillon, tutu, taffetas de soie, velours et crêpe de coton. Tonnelet, tulle doré, satin galonné et d’or pailleté. Isoline et Giselle, jersey de soie, ailes en mousseline et organza. Pompons et paniers pour l’ampleur, volants pour la légèreté.

En face, l’opposé du blanc, c’est le rouge marié au noir de velours autour de la Fée Carabosse qui lève oriflammes et immenses bras. Autour, la faune du Lac des Cygnes en plumes noires, capes en cristal et spencer à col droit. Rats hérissés, de plastique ébouriffés.

Maquette de costume d’Olivier Bériot pour le rôle de l’Âne, dans Si peau d’âne m’était conté, ballet de Marie-Geneviève Massé. Compagnie de danse L’Éventail, 2015. Coll. Part.

Si Peau d’âne m’était conté…

Vision tendre donnée par L’Éventail, compagnie de danse baroque, le ballet « Si Peau d’âne m’était conté » déroule ensuite onze tableaux. Le costumier Olivier Blériot habille Artur Zakirov du costume d’un animal en peluche pour incarner l’Âne Cadichon. Près de ce dernier, la Fée marraine porte un tutu posé sur des ballons, de hautes guêtres et un parapluie en guise de baguette magique ! Olivier Blériot combine des éléments du vestiaire baroque et des costumes très fantaisistes.

La rigueur dans la libre inspiration dirige également la ligne de Tomio Mohri pour les costumes du Coq d’Or. Cet opéra en trois actes de Rimski-Korsakov d’après un conte de Pouchkine est mis en scène par Ennosuke Ichikawa. Des manteaux immenses aux larges manches comme des kimonos cousus de tissus en patchwork sont déployés comme des couettes épaisses et mordorées. Ils habillent le roi Dodon.

Costume de Tomio Mohri pour le rôle du Coq d’or, dans Le Coq d’or, opéra de Nikolaï Rimski-Korsakov. Théâtre Musical de Paris, Châtelet, 1984.
Coll. CNCS,© CNCS / Florent Giffard

Pour son mariage, le roi porte un kimono de satin japonais lamé, paré de boudins et de longs pompons en or. Son chapeau est orné de pierreries et sa barbe est symétrique.

Près de lui, le Coq d’or brandit ses ailes en cristal, prolongeant de sa majesté son injonction solaire. Il y a sur son costume de la maille en cuivre brodée de plumes, sa coiffe porte des paillettes, et ses boots ont l’effet d’écailles… Mais le tsar n’écoute pas sa prudente flamboyance quand le danger ennemi se montre sous la forme de la superbe reine de Chemakha. Le roi épouse cette dernière.

L’inspiration asiatique habille le conte russe puisque le costumier Tomio Mohri, alors directeur artistique de la maison de couture Issey Miyake, tire l’extravagance décorative du  kabuki. Les matières, les couleurs content la richesse qui brille, ébahit et chute.

Casse-Noisette, chorégraphie de Jeroen Verbruggen, costumes de Livia Stoianova et Yassen Samouilov / On aura tout vu. Grand Théâtre de Genève, 2015. © GTG/photo: Gregory Batardon

« J’ai le pouvoir, Madame… »

Plus loin, intime et miniature, Riquet à la Houppe se courbe devant la princesse Rose. Il est « gai, aimable et bon », « borgne, cagneux et chauve », sauf une houppe. La belle est blonde, elle a des yeux de pervenche.

De ce monde qui distribue sans équilibre esprit et beauté, le quatuor Debussy et la compagnie Emilie Valantin ont fait une pièce pour trois marionnettistes et un quatuor à cordes sur la musique de Haydn : Seigneur Riquet et Maître Haydn.

«  J’ai le pouvoir, Madame, dit Riquet à la Houppe, de donner de l’esprit, autant qu’on en saurait avoir, à la personne que je dois aimer le plus. » Et la princesse, elle, a reçu de la fée sa marraine le don de transformer celui qu’elle aimerait.

Riquet délicat, approche sa main de la belle au grand front, la touche des doigts. Il se tient dans l’ombre et devant un tribunal en banquet spectateur, inquisiteur.

Vue de l’exposition Contes de fées © Jean-Marc Teissonnier Ville de Moulins

Cette scène dans l’obscurité du tissu noir prépare au Songe d’une nuit d’été dans un bois. Un bois bleu de nuit sur une mousse artificielle pour la mise en scène contemporaine de Shakespeare, qui fait des elfes et des fées des enfants dansant. C’est un tableau noir semé de brun et d’argent, dans lequel les enfants nous font signer d’entrer, traversant parfois une souche pour nous approcher.

Dans la forêt enchantée, à minuit ils se faufilent, se réunissent, se glissent sur le petit écran placé sous la vitrine qui téléporte l’opéra de Benjamin Britten mis en scène par Peter Hall, habillé par John et Elizabeth Bury pour le Festival de Glyndebourne en 1981. Ils ont tout l’espace pour danser.

Il y a Puck, petit elfe d’Obéron. Il porte un pourpoint en velours, une fraise en tulle, des poignets en mousseline bordés de dentelle et une haute crinière rouge comme en apesanteur. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, John Bury casse le style décoratif en usage et aère l’espace de la scène pour le jeu. Mais pour les enfants du Songe, il reprend les formes du siècle d’Elizabeth Ire, époque de Shakespeare. Il couvre les costumes de noir et d’anthracite, de reflets magnétiques, superpose les étoffes, répète les motifs mais varie les effets.

La Belle, chorégraphie de Jean-Christophe Maillot. Danseuse : Bernice Coppieters dans le rôle de la Belle. © Ballets de Monte-Carlo / Marie-Laure Briane

Lignes contemporaines

Après le vertige des matières textiles vient celui du style. L’œil s’est habitué à voir foisonner les choix grandioses et les extravagances. Quel étonnement alors de voir des lignes fluides et simples, quasi géométriques !

Pour La Belle, Philippe Guillotel dessine un maillot cintré en tulle blanc ouvragé à l’abdomen qui se prolonge par une ample jupe de gymnaste danseuse. Des ballons blancs gravitent comme des électrons autour de la tête, coupe courte platine. La Belle pourrait être un funambule élégant. La Bête selon Jorge Gallardo est aussi épurée, quelque peu hérissée, son justaucorps est noir et strié, cellophané !

Les créateurs lient les tendances actuelles de la mode à la fantaisie en scène. Cela culmine sur l’allure d’une Reine des neiges haute couture imaginée par Robin Peoples. De la traîne de fourrure, du col relevé jusqu’à la couronne en résine, le costume de la maléfique monte en pic androgyne.

C’est la presqu’ultime surprise, avant le point d’orgue de la dernière salle, qui renverse rois et reines en miroir, et avec eux le lecteur, spectateur sur livre pop-up !

La Reine des neiges mise en scène de Stuart Paterson d’après H. C. Andersen, costumes par les étudiants du Conservatoire Royal de Scotland. The New Athenaeum Theater, Glasgow, 2016. © Conservatoire Royal de Scotland / KK Dundas

CONTES DE FÉES

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