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La Bibliothèque nationale de France, portrait d’un très grand projet

Anne Malary 14 mai 2018

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« Le 13e est le seul quartier de Paris où on n’a pas honte d’être moderne » annonce Dominique Perrault, architecte de la Bibliothèque nationale de France. Le site François-Mitterrand expose l’histoire de son projet qui a duré dix années,  entre rideaux d’écrans, forêt en maquette et murs de plans.

Vue de la BnF vers l’ouest, 1995 © Georges Fessy / Dominique Perrault Architecte /ADAGP, Paris 2018

Jardin urbain

 « Pour la ville de Paris, c’est une chance inespérée que l’État offre à la cité une place-esplanade que celle-ci n’aurait jamais pu financer. » écrit Dominique Perrault entre deux croquis adressés à Laure Adler. Il complète le feuillet  en qualifiant la bibliothèque de « MONUMENT / MORCEAU DE VILLE ».

La BnF en effet est d’abord un projet urbain. Quatre tours de verre se regardent comme des livres entrouverts sur un jardin. Ils balisent une large esplanade, un vide central de 400 mètres de long qui culmine à huit mètres au-dessus de la Seine. Certains ouvrages sont conservés 14 mètres en-dessous.

BnF, étude urbaine volumétrique, 1989 © Dominique Perrault Architecte / ADAGP, Paris 2018

Si le lieu a l’ampleur d’une place ouverte, il conserve aussi le silence et le secret d’un cloître. Céleste et sous-terrain, il intrigue dès avant son inauguration par François Mitterrand. Dès 1988, quand le président annonce le projet d’une « très grande bibliothèque ».

Elle occupera sept hectares d’un ancien site industriel en bord de Seine, dans le 13e arrondissement de Paris. Un lieu en marge et en friche pour équilibrer la distribution des richesses et des équipements.

BnF, coupe schématique, 1990 © Dominique Perrault Architecte / ADAGP, Paris 2018

L’exposition déploie cartes et pop-up des grands monuments de Paris qui démontrent comme leur géographie ménage des vides près de la Seine, d’Ouest en Est, du Trocadéro aux Tuileries. Il fallait la prolonger, créer une bibliothèque en forme de nouvelle place parisienne. Là où l’on attendait un bâtiment, Dominique Perrault place une enceinte ouverte.

Elle englobe une forêt qui à l’échelle du monument forme le jardin profond d’un cloître. Les arbres qui s’enracinent à sept mètres sous le niveau de la Seine se révèlent par paliers. De l’esplanade, on distingue leurs cimes. Des entrées publiques, leurs frondaisons. Et dans les salles de recherche on marche en sous-bois, sous le filtre de la ville.

L’ensemble est tissé des arbres d’une forêt domaniale. Pins sylvestres et bouleaux, chênes et charmes y ont été déracinés pour être transplantés sur une nature artificielle : gravier, géotextile, terre forestière accueillent et protègent les racines sur la roche calcaire originelle.

Les études d’implantation des arbres, maquettes en brindilles, feutre et mousse, plans et coupes dévoilent l’architecture du poumon inaccessible au visiteur, pourtant orienté pour son expérience « comme on construit un bâtiment ». Des frises superbes, diagrammes à la verticale et à l’horizontale recréent le premier biotope des arbres.

BnF, étude insertion urbaine, 1989 © Dominique Perrault Architecte / ADAGP, Paris 2018

Matières sensibles

Sur le parquet vernis, les sièges du même bois sont dos à dos et face à face. Les salles ensoleillées glissent au-dessus, sur les écrans suspendus en rideaux. Ils passent le film de la vie à la BnF aujourd’hui, au printemps, en été, sous le bois enneigé… Ici « tout est sensoriel » dit l’architecte : « l’acoustique, l’odeur, aucun éclairage direct ». Dominique Perrault a imaginé des objets et des matières qui attendent chaque jour que les lumières les transcendent. Les tours de verre sont pour eux des filtres solaires.

BnF, nouvelle chaise en bois de Doussié et acier et chaise d’origine en bois de Doussié © Georges Fessy/Dominique Perrault Architecte / GLP Design/ADAGP, Paris 2018

Il y a d’abord le métal, tissu d’acier inoxydable ou broderie musclée comme un tablier de boucher pour tendre les grands rideaux des salles. Les feuilles de Doussié, assises souples pour les chaises de la designer Gaëlle Lauriot-Prévost couvrent toutes les surfaces en bois de la bibliothèque. Comme partout un seul béton emplit le paysage.

Dessins d’étude, plans et croquis tapissent un mur en banderole de papiers. En face, des perspectives dessinent la BnF dans son contexte urbain. On dirait qu’à chaque angle, entre chaque ligne de cette syntaxe, un individu va surgir. Car ce qui fait passer la lumière en silence, c’est aussi cette série d’axiomes qui ordonnent les alignements pour générer un paysage dense. L’effet visuel est toujours fluide et fixe, érigé dans le quartier comme un repère de la pensée.

Déambulatoire du Rez-de-jardin, collage papier-bois, plexiglas, photocopie et pastel, 1991 © Dominique Perrault Architecte /ADAGP, Paris 2018

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