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« Couples modernes » au Centre Pompidou de Metz : notre sélection de duos passionnés

Aurélia Antoni 11 mai 2018

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Frida Kahlo et Diego Rivera, Sonia et Robert Delaunay, Dora Maar et Picasso… Ils ont écrit l’histoire de l’art à deux, se sont passionnément inspirés, se sont parfois cruellement déchirés. L’amour dans l’art se vit intensément et s’expose de la même manière au Centre Pompidou de Metz, à travers une sélection de 40 couples créant avec ardeur de 1900 à 1950. Zoom sur trois relations hors du commun !

Lucia MOHOLY Double portrait of Theo and Nelly van Doesburg septembre 1921 , 11,8 x 11,8 cm, Photo collection RKD – Netherlands Institute for Art History, The Hague © Adagp, Paris 2018

Les baisers volés d’Emilie Flöge et Gustav Klimt

Muse envoûtante de Gustav Klimt, modèle de son fameux Baiser, Emilie Louise Flöge fut sans nul doute un personnage majeur de la Sécession viennoise. Avec l’illustre peintre, elle forma un couple caché, à l’intense échange artistique.

Heinrich Bohler Gustav Klimt et Emilie Flöge dans le jardin de l’atelier de Klimt au 21 rue Josestädter Vers 1909, Héliogravure, Österreichische National, ANL/VIENNE, Pf31.931 :E(2)

C’est par le biais de sa sœur Hélène, mariée à Ernst Klimt, qu’Emilie Flöge rencontra l’homme qui occupera son cœur pendant plus de 27 ans. Un an après son mariage célébré en 1891, Ernst Klimt meurt soudainement et laisse à son frère la responsabilité de veiller sur sa femme endeuillée. Emilie est alors âgée de 18 ans lorsque son beau-frère Gustav Klimt intègre la famille Flöge, partageant ses étés au lac Attersee. 

Plus tard, elle ouvre avec ses sœurs un salon de couture dans l’une des rues les plus commerçantes de Vienne. « Aux Sœurs Flöge » décoré par l’architecte Josef Hoffmann, s’élève très vite en haut-lieu de la mode, employant jusqu’à 80 couturières. Les collections personnelles d’Emilie, dans l’esprit de la Wiener Werkstätte, contribue à la libération des mouvements dans la mode féminine, s’inspirant des plus grands, Coco Chanel ou Christian Dior, lors de ses déplacements à Londres ou à Paris.

Pour son amante, Gustav s’essaye même au stylisme, dessinant des modèles de robe qu’il photographie une fois réalisés et portés sur elle. Femme révolutionnaire et avant-gardiste, Emilie est la « muse éternelle » du peintre, ses pauses sensuelles aux textiles sublimés demeurent immortalisées à jamais.

Cette profonde relation semble s’être déployée émotionnellement et intellectuellement, sans tomber dans les plaisirs de la chair. Elle, fascinante apparition, esprit libre et créatrice de mode talentueuse. Lui, de douze ans son aîné, magistral artiste sécessionniste, grand séducteur pour qui « tout l’art est érotique ». 

Le baiser se révèle ainsi sous un nouveau jour, comme la magie d’un fantasme inassouvi, le mythe d’un amour jamais consumé, érigeant la femme au point le plus culminant d’un esprit obsédé par une beauté pure et féerique.  
Mais le 11 janvier 1918, Klimt décède d’une crise cardiaque. « Allez chercher Emilie » furent ses derniers mots. Emilie continue seule jusqu’en 1952, bravant la Seconde Guerre mondiale qui la contraint à fermer son atelier, endurant un terrible incendie qui détruit son appartement, ses collections de robes et les objets de valeur de Gustav. 

Plus qu’une inspiration, Emilie représente l’essence de l’art de Gustav Klimt, femme fatale et reine orientale cernée d’or, symbole d’un amour éternel et immaculé. 

En scène avec Charles et Ray Eames !

Contrairement aux couples d’artistes qui s’inspirent respectivement, les couples de designers peuvent fusionner leur créativité au point de réaliser de véritables œuvres à quatre mains. Tel fut le cas de Charles et Ray Eames, deux des plus grands concepteurs de mobilier du XXè siècle, prônant un design humain abordable et confortable. Ray Eames, souvent délaissée face à son mari, signa avec lui toutes ses créations, inspirant joie et créativité à travers leurs représentations photographiques, fidèle outil marketing de leur carrière. 

Charles & Ray Eames posant sur la structure en acier de la Case Study House n°8 1949, Modern Print © 1949, 2018 Eames Office LLC (eamesoffice.com)

Artiste accomplie, membre des American Abstrct Artists, Bernice Alexandra Kaiser, future Ray Eames, s’inscrit quelques mois à l’académie d’art de Cranbrook pour y étudier le design et la construction. Elle y rencontre Charles Eames, enseignant en design et architecte de formation, récemment divorcé de sa première femme et père d’une petite fille. Un an plus tard, le couple part s’installer à Los Angeles. Dans la ville du cinéma, foyer des nouvelles technologies et des idéaux sociaux, ils s’épanouissent à deux, mêlant leur carrière créative à leur vie de couple jusqu’à leurs derniers jours. 

En 1942, le gouvernement leur commande au un projet d’envergure : fabriquer des attelles pour le transport des blessés de l’US Navy. Ensemble, Charles et Ray Eames mettent au point la technique du bois en contreplaqué courbé, permettant une production en série qu’ils appliquent ensuite à la fabrication de meubles. Les premières chaises Plywood sortent ainsi des usines et surprennent par leur confortable ergonomie. 

À partir de Noël 1949, le couple s’installe dans sa maison-atelier de Pacific Palisades, véritable manifeste de son art de vivre. L’intérieur comprend un bureau, un studio photo, une chambre noire, une salle d’archives et fourmille de textiles, de souvenirs de voyages et d’objets d’art.

Créer des pièces abordables et confortables, « prendre son plaisir au sérieux », les mène à concevoir aussi bien des jouets pour enfants que la première chaise en plastique produite en série. La chaise DSW ne cesse d’être recopiée et imitée. La Lounge chair devient l’emblème d’un confort extrême, modernisant le traditionnel fauteuil club anglais. La Chaise réalisée pour le concours organisé par le MoMa constitue une icône du design, référence à la Floating figure, sculpture d’une femme nue au corps en lévitation de Gaston Lachaise. 

« Elle a un très bon sens de ce qui va donner à une idée, une forme ou une sculpture son caractère, de comment le tout s’harmonise. Elle peut voir quand il y a une erreur de mélange d’idées ou de matériaux, quand la séparation de deux idées n’est pas claire. » disait Charles de Ray. Le beau et l’utile, ce mariage sublime invoqué dans les créations des Eames doit son succès à la parfaite complémentarité du couple, le génie bâtisseur de Charles et l’intelligence formelle de Ray, la logique de la construction et des matériaux avec le doux équilibre des forces.

Romaines Brooks et Natalie Clifford Barney, âmes sœurs

Romaine Brooks et Natalie Clifford Barney 1920, 9x13cm, Collection privée, Photo : Thomas Hennocque

À 40 ans, Romaine Brooks est la peintre « cambrioleuse d’âme » sévissant à Paris, dans son studio rive gauche. Elle y peint de nombreux portraits grandeur nature, dans l’esprit de l’harmonieuse esthétique de Whistler, saisissant au plus près les personnalités de ces modèles et amantes, dont la danseuse Ida Rubinstein. Elle déplaît ainsi à Luisa Casati, peignant son corps maigre et anguleux, son regard grave. 

Tout près, au 20 rue Jacob, l’écrivaine Natalie Clifford Barney invite ses amis littéraires pour des « vendredis » libérés dans son temple de l’Amitié. Joyce, Colette, Rilke ou encore Cocteau y sont conviés, nourrissant des débats mouvementés.

En 1915, Romaine Brooks rencontre Natalie Clifford Barney et les deux Américaines entament une relation tumultueuse qui durera cinquante ans. Bien que Romaine n’apprécie pas particulièrement l’ambiance des salons de sa compagne, elle accepte d’effectuer des portraits de ses invitées. De celle que l’on surnommait « l’Amazone », Romaine peint un portrait réaliste. L’écrivaine est accoudée à sa table, ses écrits retenus par la sculpture miniature d’un cheval noir galopant et rebelle, sur fond de bâtiment parisien. Après 1925, l’artiste se limite au dessin qu’elle pratique à la manière avant-gardiste des dessins automatiques, se déchargeant de son enfance malheureuse. 

Ensemble, elles publient un recueil de poèmes écrit par Natalie, illustré par Romaine. Mais l’idylle comprend des obstacles, en commençant par les mœurs légères de Natalie et de ses nombreuses amantes. Romaine ira jusqu’à l’ultimatum au regard de sa liaison avec Dolly Wilde, la nièce d’Oscar Wilde, avec qui elle eut elle-même une relation amoureuse. Jalouse, détestant Paris et la vie mondaine, Romaine souhaite déménager. En 1939, alors qu’éclate la Seconde Guerre mondiale, elles s’installent dans une villa de Florence, la villa « Trait d’union ». Leurs forts caractères s’opposant trop souvent, la vie commune finira par anéantir leur symbiose et la villa sera même détruite pendant la guerre. Romaine s’installe finalement à Nice, où elle décède deux ans seulement avant son amante, impérissable esprit libre…

COUPLES MODERNES

26/04/2018 > 20/08/2018

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Le Centre Pompidou-Metz présente, en collaboration avec la Barbican Art Gallery de Londres, une grande exposition interdisciplinaire consac...

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