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Maîtres de la sculpture figurative : la Fondation Taylor répare l’éclipse

Anne Malary 27 avril 2018

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Rue la Bruyère à Paris, l’ancien atelier du peintre Albert Maignan abrite la fondation Taylor. Cette dernière présente jusqu’au 12 mai une exposition qui met en lumière la sculpture figurative de la période 1938-68. Les auteurs de cette œuvre sont exposés à l’occasion du 50e anniversaire de l’inauguration du musée Despiau-Wlérick. Une découverte précieuse et claire, et sur le corps des variations superbes !

Robert Wlérick , Tête de Rolande, Bronze doré, Collection Musée Despiau-Wlérick © Paul Soubiron, Mont-de-Marsan agglomération

C’est un pan artistique malmené par Mai 68. La sculpture figurative est largement multipliée dans les espaces publics à partir de 1936. Les écoles la demandent, la commandent, les nouveaux musées s’en ornent.

Tous, Wlérick, Despiau, Malfray, Carton, Kretz, Janniot, Osouf… partent du même point, l’équilibre classique, regardent Rude et Jean-Baptiste Carpeaux, puis Rodin, puis Bourdelle, et Lucien Schnegg.

Mais aux premières lueurs du cubisme et de l’abstraction, on estime que sa patine est passée, et on en vient à la saper. En mai 1968, les élèves, les artistes qui occupent l’Ecole des Beaux-Arts et rejettent l’autorité de la tradition académique, saccagent les plâtres. Après cette violente éclipse, la sculpture figurative est cantonnée à l’arrière-plan de la scène artistique historique. La fondation Taylor l’avance.

Charles Malfray, Nu Laprade, ou Nu féminin allongé avec un tissu sur le ventre, Sanguine, Collection Galerie Malaquais © Galerie Malaquais – Photo Laurent Lecat

De l’extérieur on aperçoit déjà L’Espoir debout, allégorie nue de Jean Carton. De l’intérieur, on découvre près des femmes sculptées des sanguines, des dessins. Cet ensemble compose une polyphonie de profils.

Les nobles poses épurées pensées par Robert Wlérick et Charles Despiau ont l’allure antique des bustes de Madeleine Charnaux par Bourdelle.

Les deux sculpteurs indépendants et figures éminentes de la « Bande à Schnegg » tiennent la note en s’accordant. Plus loin, un autre dissone. C’est Charles Malfray.

Sa Vérité se tend, se tord, les bras joints sur le haut de la tête levée vers le ciel et modelée comme une branche ronde. A l’inverse et replié, Le Silence, dit La Boule, est un corps humain qui s’abstrait de l’espace. Ses membres ont été recroquevillés par un artiste qui a dévié de l’enseignement académique, rejetant les Beaux-Arts pour fréquenter les artistes de Montmartre. C’est après la Première Guerre Mondiale, affaibli et marqué par les souffrances, qu’il réaliste Le Silence.

Charles Auffret, La Danseuse, Bronze, Collection Galerie Malaquais © Galerie Malaquais – Photo Laurent Lecat

Descendant sous le sol de la haute fondation, on croise dans une alcôve Europe par Alfred Janniot. La gorge du taureau a l’arête sensuelle tournée vers Europe enroulée sur son dos, qui le caresse… Tout forme une vague sensuelle qui nous mène en bas, où attendent des portraits dans un silence antique.

Elève de Bourdelle, voisin de Brancusi, Léopold Kretz est l’auteur de ces têtes de garçons qui ressemblent à des portraits romains au regard clair. Au fond, le buste de Jeanne Castel a la rigueur et la rondeur d’un buste mésopotamien avec ses cheveux coiffés comme le turban de bouclettes sur la tête de Gudea, prince de Lagash.

On retrouve l’artiste aux étages. Tout en haut du grand atelier, sous la verrière. Là, sur ses dessins les hanches des femmes ont des lignes larges, des formes pleines. Ils ont la singularité qui les décolle du reste.

Autour les autres crayons tremblent le trait de la chair sur papier. La Confidence de Jean Carton dans son cadre tourne le dos à un plâtre féminin de Wlérick, Rolande debout qui lui ressemble en trois dimensions, baisse la tête comme elle mais ne couvre pas ses seins. Dans la ronde des délices, chaque profil a sa ligne.

Léopold Kretz, Les Arpettes ou La famille, Bronze, Collection Musée Despiau-Wlérick ©Paul Soubiron, Service Communication, Mont-de-Marsan agglomération

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