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Gaëlle Chotard tisse sa toile au Drawing Lab

Aurélia Antoni 20 avril 2018

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Jusqu’au 16 juin, l’exposition Ce qui me traverse interroge subtilement le visiteur par l’exposition d’œuvres dessinées et sculptées où douceur et magie s’imbriquent dans une autre dimension. Gaëlle Chotard, sorcière envoûtante, nous plonge dans un inconnu invitant à projeter nos démons enfouis et nos imaginaires fantasques.

Gaëlle Chotard, exposition Ce qui me traverse au Drawing Lab Paris, Sans titre, 2018, 200 x 39 X 3 cm, fils metaliques © Rébecca Fanuele

Dans le sous-sol de cet hôtel investi par les artistes, l’espace est vaste et blanc. On se sent seul et dériver vers un ailleurs que l’on tente de définir au fil des œuvres. Accueilli par les sculptures en gaines métalliques de cordes à piano tendues ou courbées, on traverse l’espace de formes qui s’infiltrent dans les fissures des murs ou des cocons suspendus reliés aux angles de la pièce. Parmi ce réseau de toiles métalliques, quelque chose se dessine, se métamorphose, naît. En terre inconnue, impossible de ne pas s’enfoncer vers nos peurs enfantines.

Dans une salle plongée dans le noir, l’aventure se poursuit avec une sculpture suspendue dont la forme, bien qu’indéfinie, suggère un animal inquiétant à l’ombre surdimensionnée. À l’extérieur, des courbes de taches d’encre creusent les murs par leurs diverses densités et ponctuent une pluie de cordes courbées. Ces arborescences toutes biologiques germent comme des organes en croissance, des muscles qui respirent. Elles prennent vie et se métamorphosent sous nos yeux.

Dans la salle réservée aux dessins, l’introspection se prolonge. L’encre de chine produit des tâches grossières qui se mêlent à des traits minutieux au critérium et au graphite. Comme des milliers de ramifications révélant un paysage marin. Ou ces petites nervures au creux des feuilles d’arbre.

Gaëlle Chotard, exposition Ce qui me traverse au Drawing Lab Paris © Rébecca Fanuele

À l’accueil, une vidéo donne à voir l’artiste en pleine réalisation de ses sculptures, entrecoupée d’inspirations visuelles. Des gouttes de pluie qui tombent sur la fenêtre du train, un chat ronronnant. On s’acclimate à un univers, on visualise son chemin de pensée, ce qui la traverse… Comme si, pour saisir ce qui émeut l’artiste, il faudrait subir une thérapie individuelle, se déchargeant de nos interprétations psychologiques.

Gaëlle Chotard, dont l’attitude douce et réfléchie reflète la philosophie de son œuvre, se confie à exponaute : « Ce sont des histoires d’émotion. Je me stimule par la musique qui accentue mes sensations et j’arrive sur des formes abstraites issues de ce que j’observe autour de moi. Tout crée des émotions. C’est une recherche poétique. »

Avec vous, le métal n’est plus froid. Il devient créateur, isolant comme une matrice.

« Oui, le fil métallique est devenu comme un crayon sur une feuille. Je fais des courbes, des lignes droites ou brisées. J’entretiens un rapport très particulier avec le métal, tout d’abord parce que mon père était sculpteur. Puis, en visitant l’exposition Météorites à la Grande Galerie de l’évolution, j’ai compris que le métal faisait partie de notre origine, de nos composants biologiques. C’était un choix inconscient. »

En parallèle, Matthieu Gounelle, astrophysicien et professeur au Muséum national d’Histoire naturelle voit à travers le travail de Gaëlle Chotard une relation avec la vie de météorites et des constellations lointaines : « Araignées encore que ces dessins qui évoquent à la fois la naissance des étoiles et leur mort, dans de gigantesques nébuleuses. Ces structures sont le début et la fin de l’histoire, la toile dans laquelle l’araignée rêve de sa proie, matière qui naît, vit et meurt. Comme si la trame des étoiles était aussi celle de l’art. »

CE QUI ME TRAVERSE

20/03/2018 > 16/06/2018

Drawing Lab Paris

PARIS

Gaëlle Chotard s’intéresse avant tout au dessin et en expérimente tous les possibles, l’inventant aussi en 3D dans l’espace. Après...

Exposition terminée
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