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Printemps, saison sensible au domaine de Kerguéhennec

Anne Malary 19 mars 2018

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En Bretagne, le domaine de Kerguéhennec a révélé ses expositions de printemps. De la bibliothèque aux jardins, le visiteur peut suivre jusqu’au 27 mai le fil d’une saison sensible faite de lignes élastiques, de souvenirs en carnets, de peintures, sculptures et céramiques…

Domaine départemental de Kerguéhennec, photo www.abdrone.fr

Bibliothèque animée

La bibliothèque du domaine de Kerguéhennec est vide. Vide et ouverte aux carnets contemporains. Cette saison,  le photographe et cinéaste Illés Sarkantyu anime ceux de Jean-Pierre Vielfaure, qui avait l’habitude de cheminer dans le domaine, des combles aux jardins, de flânerie en quête…

« Cette mémoire qui me parle au plus profond de moi », Illés Sarkantyu l’a pénétrée comme un feuilletage d’archives qu’il a numérisé. Il en a encastré des écrans dans les étagères grillagées de la bibliothèque. Des écrans, des fenêtres sur textes.

« Vendredi

Beau mais frais. Grand soleil.

Toilette il fait froid

Petit déjeuner. Radio. »

Et entre les brèves, des photos d’anniversaires, de soirées, de vernissages au domaine, d’accrochages laborieux, et passent les saisons, printemps, été, du pull on passe à la chemise, et c’est la sieste, et la pluie tombe en flaques. Au souper il y aura : ratatouille, viande de lapin.

On reviendra, on refera le trajet Ivry-Kerguéhennec. Rennes circulation à 18h. Direction Lorient. Arrivée vers 19h. Soleil.

Carnet de Jean-Pierre Vielfaure, détail

Illés Sarkantyu donne vie aux trois journaux personnels figés sous vitrine, que l’on feuillette des yeux. Et ainsi, « ça parle tout seul ». Un quatrième en face est intitulé Journal Mémoire de papier peint. Il réunit les papiers peints collectés par Jean-Pierre Vielfaure dans les chambres des premier et deuxième étages du château de 1995 à 1998 avant les travaux de rénovation.

S’ajoutent d’autres artefacts de la topographie du domaine, comme une bouteille de fleur d’oranger posée sur une étagère par Illés Sarkantyu. Le photographe met en scène cette exposition souhaitée par Jean-Pierre Vielfaure, et qui n’a jamais eu lieu de son vivant. Mais il la voulait là, et Illés Sarkantyu a étoffé son plan de sa propre collecte menée dans le cadre d’une résidence au domaine.

« Se souvenir, c’est oublier beaucoup de choses », dit Olivier Delavalade, directeur du domaine. Entre l’amnésie et l’hypermnésie, cette installation a la tendre note de l’attachement au lieu, avant et maintenant.

Jean-Pierre Vielfaure, « explorateur du dedans et du dehors », a intégré Kerguéhennec entre Venise et New York. Au gré de ses libres collages, petits archipels de mémoire, Illés Sarkantyu a composé une œuvre habitée et vivante de nouvelles images.

Carnet de Jean-Pierre Vielfaure, détail

Gilgian Gelzer, Nix

« Mis à part sa sonorité d’étincelle, qui me plaît en soit, Nix [rien en langue allemande] pourrait entre autre évoquer cette marche où l’on part de rien pour arriver nulle part mais où le trajet, comme quête, constitue tout le sujet et donne corps et sens à l’œuvre. »

Le trajet se fait dans plusieurs salles du château, de fils en filaments rouges, rose, orange – et disruption ! – un bleu s’immisce, puis tout est presque noir.

Les dessins de Gilgian Gelzer font comme des hélices d’ADN en fils de laine, des écheveaux à la lumière claire du grand domaine. Sur deux très grands formats d’abord, du cœur à la périphérie les fils se serrent, se délient, et prennent le visiteur entre leurs nœuds.

Avec des crayons de couleurs et de plomb, Gilgian Gelzer varie les lignes, du rose poudré pastel à la mine qui transperce la surface. Car c’est en chemin que le dessinateur fait l’expérience du tracé, des droites élastiques et volte-faces, impacts, circuits, aux constellations contractées comme des surfaces criblées de tirs.

Gilgian Gelzer, Sans titre, 2015. Acrylique et crayons de couleur sur papier, 29,7 x 21 cm © ADAGP, Paris, 2017

Chaque feuille est un moment, un événement. Dans une salle dix sont posées sur les murs et traversées du jour du Nord au Sud, entre la cour d’honneur, la terrasse et la percée nord. Elles sont deux fois cinq dessins qui nous environnent. Des crayons qui tracent dans le gras du papier des réseaux énervés. Il y a de la violence dans ce cheminement.

Gilgian Gelzer parle un double présent : « Je suis la ligne ». Le dessin physique est son mode d’expression, et dans cette révélation il y a quelque chose du processus d’Henri Michaux.

Le domaine révèle aussi les peintures antérieures de l’auteur. S’il l’a maintenant délaissé, ce médium a été son langage. Il a réalisé des paysages pleins, des aplats comme ceux des Nabis où les formes persistent, et les surfaces en flaques se contaminent. Et là la ligne, c’est la peinture libre quand elle dégouline.

Cela indique que l’artiste commençait à plat puis levait la toile, qui donnait la direction de la peinture avec un bas et un haut. Gilgian Gelzer s’est libéré de ce mode de création complexe, et la ligne lui a offert une impulsion élastique.

Gilgian Gelzer, Sans titre, 2012. Acrylique et crayons de couleur sur toile, 41 x 33 cm Photo Illés Sarkantyu © ADAGP, Paris, 2017

Nicolas Fedorenko, Peindre est un présent

« C’est le bordel monstre chez moi, y’à pas de date » annonce Nicolas Fedorenko. Son œuvre est exposée dans le parc et les écuries du domaine. Peintures et sculptures – les œuvres graphiques seront présentées à partir d’avril – de toutes périodes sont posées en regard.

Au temps de la création se superpose celui de l’histoire de l’art, car Nicolas Fedorenko réalise une hybridation des matériaux et des références.

En extérieur, un chaudron escaladé par des oursons est une œuvre « légère par la pensée », ironise l’artiste. En fait est plantée là plus d’une tonne de fonte. Chaque ourson collé pèse 100 kg. L’auteur évoque la chute et l’enfance perdue, oscille entre la tendresse et l’agression.

Vue de l’exposition de Nicolas Fedorenko © Illés Sarkantyu

En face des écuries, La Fin d’un monde, citadelle branlante en céramique, se reflète dans deux grands miroirs intérieurs. Au recto de chacune de ces glaces sur roulettes, il y a une large peinture qui porte elle-même une « lourde histoire de l’art ». Il y a du pillage et du mensonge dans ces montages de figurations !

Mais l’œuvre qui intrigue le plus est peut-être la plus minutieuse : c’est une toile qui porte une espèce d’embryon peint sur ciment, couvert de mousse jaune. Attirance et répulsion tendent l’œuvre pulvérulente. Il faut s’approcher parmi les grandes machines de l’auteur, pour regarder cette petite pièce de matière sèche. Et tanguer encore entre délicatesse et rudesse.

Facing the Sky

Dans le domaine, du potager aux sous-bois le visiteur peut enfin parcourir les œuvres de céramique réalisées par onze étudiants d’écoles européennes d’art.

En avril 2017, ils ont travaillé avec la briqueterie Montrieux, aux Rairies (entre Angers et Le Mans) afin de concevoir des pièces pour le domaine, en céramique crue et cuite. Elles sont toujours en relation avec l’échelle de leur emplacement. Ainsi au sous-sol, dans la cuisine XIXe siècle, Lukinna, une ascension de terre crue réalisée par Maya Cunat, dessine l’empreinte délicate et lourde d’un corps, et de profil un paysage-au-lieu.

Printemps, saison sensible et ouverte au domaine de Kerguéhennec.

Maya Cunat, Lukinna, 2018, brique crue, Photo Domaine de Kerguéhennec – exposition Facing the sky

NICOLAS FEDORENKO - PEINDRE EST UN PRÉSENT

04/03/2018 > 27/05/2018

Domaine de Kerguéhennec

BIGNAN

C’est dans un foisonnement presque étourdissant de figures et d’images qu’est plongé le visiteur en entrant dans cette exposition in...

Exposition terminée
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