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L’Invention de Morel ou la Machine à images

Aurélia Antoni 18 mars 2018

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À la maison de l’Amérique latine, L’Invention de Morel est mis à l’honneur. Paru en 1940 et écrit par l’Argentin Adolfo Bioy Casares, ami et compagnon de lettres de Jose Luis Borges, ce roman d’anticipation traitant de l’éternité atteinte grâce à une image dupliquée est le fil rouge de l’exposition L’Invention de Morel ou la Machine à Images. À travers des œuvres numériques et cinétiques, des installations ou encore des vidéos-projections, quinze artistes inventeurs nous livrent leurs interprétations personnelles de passages clé de l’œuvre littéraire, soulevant des interrogations philosophiques criantes de modernité.

Jean‐Pierre Mourey (né en 1970 à Luxeuil‐les‐Bains), L’invention de Morel, Ed. Casterman, 104 pages, 2007, bande‐dessinée
© Editions Casterman

Un homme en fuite se réfugie sur une île étrange dont il tente de percer les mystères, à mesure qu’il tombe amoureux de Faustine. Frustré par une communication impossible avec elle comme avec les autres habitants de l’île, il comprend finalement qu’il est « en présence d’images parfaites (parlant, se mouvant, agissant), d’êtres qui sont venus sur l’île autrefois et qui réapparaissent sous forme de doubles. » résume Thierry Dufrêne, commissaire de l’exposition.

C’est en l’émotion ressentie devant l’image de l’actrice américaine Louise Brooks qui inspire à Bioy Casares l’idée d’un roman. Conscient de l’impossibilité d’une rencontre, il interroge la vie des images qui se répète en boucle.

En tant que lieu d’exposition, la Maison de l’Amérique latine se prête intelligemment au jeu par la richesse de son histoire et son architecture aux grandes salles. Dans l’entrée, deux œuvres se font face : la première édition de L’Invention de Morel et l’impressionnant dispositif numérique de Pierrick Sorin excessivement narratif et particulièrement divertissant.

Masaki Fujiyata fait débuter ce parcours artistique avec l’installation de son travail dans une salle blanche presque carrée. Est-il possible d’entrer en communication avec une image ? L’artiste apporte une réponse en faisant apparaître notre propre image au travers de formes en trois dimensions virevoltant sur un mur entier. En donnant notre présence à l’œuvre, à cette image non figée elle-même en mouvement, on se sent comme absent au monde réel.

Masaki Fujihata (né en 1956 à Tokyo, il vit et travaille à Tokyo), Morel’s Panorama, 2003, dimensions variables, dispositif interactif / Photo de l’artiste

Sur le mur opposé, Frédéric Curien et Jean-Marie Dallet proposent une projection unique des scènes tirées du film The man who knew too much / L’homme qui en savait trop d’Alfred Hitchcock. Immergées dans un espace virtuel, elles forment une constellation d’images et de sons en mouvement qui s’activent de manière aléatoire.

En descendant, on découvre la richesse de l’exposition et des salles parfois plongées dans le noir, qui intriguent et fascinent. La première est consacrée à deux œuvres de Piotr Kowalski, jouant avec le miroir et l’hologramme, troublant l’œil entre formes perçues, réelles et simulées.

Julio Le Parc prolonge l’étonnement avec ses installations poétiques. Ne vous fiez pas aux apparences, si l’image projetée d’une ampoule en vibration abîme votre regard, penchez-vous sur le mécanisme et laissez-vous surprendre par son évidence.

D’œuvre en œuvre, de surprise en surprise. Soufflez dans le micro devant Les Pissenlits, de Michel Bret et Edmond Couchot. Entrez en communication avec une image vivante grâce au Portrait no.1 de Luc Courchesne. Puis reprenez votre souffle avec les Topographies de Machines célibataires de Jean-Louis Couturier, dessins d’ingénieur à l’esprit conceptuel ou les planches de bandes dessinées adaptées de l’œuvre d’Adolfo Bioy Casares par Jean-Pierre Mourey.

Au fond, la grande salle réunit deux travaux aux univers bien particuliers. Stéphanie Solinas re situe l’île de Morel en Islande, terre d’étranges créatures invisibles. Afin de leur donner vie à travers l’image, elle glisse des papiers photosensibles dans les fissures de rochers connus pour abriter des elfes. Sur une autre planète, Nicolas Darrot emmène son île dans l’espace, et ses créatures vers l’éternel avec une capsule d’insectes vivants et son armée d’insectes robots. Fantastiquement ingénieux.

Nicolas Darrot (né en 1972 au Havre, il vit et travaille à Pantin), «sans titre», 2017 / Photo de l’artiste

Dans cette ancienne résidence de la famille Charcot, l’histoire continue de s’écrire, le voyage se poursuit. Lorsque son père remettait en question sa passion pour les navires et l’exploration maritime, Jean-Baptiste Charcot répondait : « Pourquoi pas ? » Expression qu’il utilisa pour nommer ses navires, les Pourquoi pas ? I, II ou III. Et si l’île de Morel était bel et bien réelle ? Et si nous avions cessé d’exister pour vivre dans l’image ? Et « pourquoi pas ? »

L’INVENTION DE MOREL OU LA MACHINE À IMAGES

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