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Dessins d’Israël Silvestre au Louvre : le fini et l’infini

Aurélia Antoni 15 mars 2018

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La France vue du grand siècle. Dessins d’Israël Silvestre célèbre la carrière de l’un des principaux graveurs français du XVIIe siècle, témoin du règne somptueux de Louis XIV. Quand le Louvre explore ses archives, il en extrait des merveilles. Au nombre de quatre-vingt-une, les œuvres mises en lumière représentent villes et châteaux placés sous le signe de la grandeur.

Gérard Edelinck, Portrait d’Israël Silvestre,après 1670 ?, Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques, Inv 14511 LR
© Musée du Louvre / Laurent Chastel

À dix ans, le Lorrain Israël Silvestre part vivre à Paris chez son oncle suite à la mort de ses parents. Dès lors, son destin se trace. Son oncle, excellent dessinateur et ami de Jacques Callot, lui enseigne la technique du trait. En 1663, Silvestre est nommé graveur ordinaire du roi et en tant que tel, est chargé de représenter les demeures royales, les carrousels et jardins. La perfection lui fut enseignée dès le plus jeune âge pour le conduire vers la renommée. Mais l’exposition introduit de nombreux dessins préparatoires à l’estampe qui révèlent les dessous d’une technique infaillible et un regard perçant sur une réalité grandiose.

Dès l’introduction, les fantaisies de Jacques Callot attirent l’œil. La multitude de positions et la finesse de trait des personnages d’époque : hommes, femmes, soldats, musiciens… influenceront ultérieurement la pratique d’Israël Silvestre.

En Italie, l’artiste poursuit sa formation d’excellence sur le terrain, esquissant parfois des plans d’architectures à l’encre brune sans grande précision de trait. À l’inverse, son panorama Vue du forum depuis le Colisée s’élève dans les détails constructifs et végétaux.

Israël Silvestre, Vue du Forum depuis le Colisée, vers 1643/44—1653, Paris, Fondation Custodia, collection Frits Lugt, 4996
© Fondation Custodia, Collection Frits Lugt, Paris.

Après une première rencontre en Italie, c’est à Vaux-le-Vicomte qu’Israël Silvestre retrouve son ami Charles le Brun, décorateur du château. Il y représente les jardins sur plusieurs niveaux de Le Nôtre. Grâce à une perspective excellente, un traitement maîtrisé des tons en fonction de la profondeur et des personnages expressifs aux échelles variées, le travail est immersif et lui ouvre la voie des commandes royales.

De retour à Paris, Silvestre représente sur des pages imposantes les embellissements urbains commandés par la Monarchie. À Versailles, ses dessins de fêtes royales sont de véritables délices pour les yeux, tant ils illustrent l’ordre et le faste régnant sous le roi soleil.

Dans le cadre de son rôle de graveur ordinaire du roi, l’artiste est envoyé en Lorraine et dans les Ardennes par le ministre Jean-Baptiste Colbert, pour représenter les villes frontières conquises par la Couronne. Avec l’emploi léger de lavis colorés, des forteresses aux contours nets et le mouvement des cavaliers au premier plan, une atmosphère militaire règne, de manière presque cinématographique.

De son amitié avec le premier peintre de Louis XIV, Charles le Brun, naît une série de vues de la maison de plaisance du peintre du roi à Montmorency. Les vues des quatre façades rendent compte d’une architecture idyllique et l’une d’elles fut d’ailleurs transmise au Dauphin, fils aîné de Louis XIV, dont il fut le maître à dessiner. La version copiée du Dauphin est à admirer juste au-dessus de celle de son enseignant.

À l’occasion du Cabinet du roi, entreprise éditoriale menée par le ministre Jean-Baptiste Colbert et l’homme de lettres Charles Perrault pour mettre en scène la gloire de Louis XIV, Israël Silvestre effectue de nombreuses gravures des plans du château de Versailles et de ses façades. En parallèle, les perspectives « à vol d’oiseau » d’Adam Pérelle insistent sur une profondeur immersive. Les plaisirs de l’île enchantée, série de grandes fêtes versaillaises se déroulant sur trois journées, respirent l’harmonie et l’organisation divine.

Israël Silvestre, Vue de la fontaine de la Renommée dans le parc du château de Versailles (recto), 1680, Paris, musée du Louvre, département
des Arts graphiques, Inv 33017 © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Michel Urtado

À Meudon, le parc et le château du marquis de Louvois prennent des allures de jardin suspendu en raison d’un admirable emplacement géographique. Israël Silvestre rend compte de cette esthétique avec une série de six estampes sur lesquelles il valorise la grotte, l’orangerie, le château et les perspectives du parc.

La France vue du grand siècle. Dessins d’Israël Silvestre, c’est suivre l’ascendance d’une carrière historique, s’émerveiller devant une technique irréprochable et plus encore face à l’esquissé. Il y a, derrière le non fini, une perfection toute autre et l’imaginaire d’un grand siècle révolu.

 

LA FRANCE VUE DU GRAND SIÈCLE DESSINS D’ISRAËL SILVESTRE (1621-1691)

15/03/2018 > 25/06/2018

Musée du Louvre

PARIS

Si les gravures de Silvestre ont été largement diffusées, ses dessins demeurent méconnus. Le musée du Louvre en conserve un ensemble ex...

Exposition terminée
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