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Alvar Aalto : cambrer le matériau

Anne Malary 15 mars 2018

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À la Cité de l’architecture, les murs de la galerie basse sont ouverts sur la lumière, les pins et les bouleaux finlandais. Les grandes photographies d’Armin Linke projettent les visions d’Alvar Aalto tout en édifiant leur propre sphère. Et l’on comprend vite combien cette scénographie est essentielle à l’exposition de l’œuvre d’Aalto. Un environnement qui cambre le matériau…

Alvar Aalto dans son jardin, Munkkiniemi, Helsinki, années 1940. Photographie probablement prise par son épouse, Aino Aalto. © Alvar Aalto Museum

Acoustique et photosynthèse

Il y a du cinéma en cette exposition comme en l’architecture du Finlandais. Alvar Aalto pense la perception de l’espace, s’attache aux effets de la lumière, de l’enchaînement des courbes et de l’acoustique. C’est dans son environnement fluide que l’on pénètre et chemine.

La bibliothèque municipale de Viipuri en Russie (1927-1935) et le sanatorium de Paimio en Finlande (1928-1933) illustrent cet art avec majesté. Le premier a quatre ailes. Par les chambres de l’aile sud-est, les rayons du soleil atteignent les patients comme ils donneraient aux plantes l’énergie de réaliser leur photosynthèse et thérapie…

Quant à la bibliothèque, Aalto a dessiné ses plans en paysages de montagnes aux versants éclairés par des astres. Il a aussi orienté la direction de la lumière et tracé un graphique comme la mesure de fréquences phoniques. De ces recherches ont émergé des puits de lumières coniques, un système de lanterneaux, un plafond ondulant, tous réfléchis pour la lisibilité et l’acoustique.

Armin Linke, bibliothèque municipale, Viipuri (Vyborg), Alvar Aalto, 1927-1935 © Armin Linke, VG Bild-Kunst, Bonn, 2014

Aalto accorde l’environnement à son intention. En 1956, pour le marchand d’art parisien Louis Carré qui souhaite une maison « petite à l’extérieur et grande à l’intérieur », l’architecte intègre à l’habitation une galerie d’exposition. Le plafond est une voûte ondulante en fine lattes de pin vernies, deux cloisons basses sont destinées aux cimaises doucement éclairées pour les œuvres exposées et le volume sinueux conduit le visiteur de l’entrée au séjour dans un mouvement fluide. Le seul témoignage de l’architecture d’Aalto en France est une œuvre totale…

Totalement intégrée au site naturel aussi, puisque le créateur dessine une villa épousant la pente du relief qui borde la forêt de Rambouillet. Et l’on pourrait citer chaque maison qu’il signe comme un chef d’œuvre organique, dans la structure comme dans la polychromie des matières boisées et minérales, dans la fusion entre l’édifice et son extérieur. Il y a mêmes des forêts intérieures…

Les treillis de bois verticaux ressemblent toujours à des coupes d’arbres. Et sur les clichés du studio Aalto à Helsinki, à l’extérieur une palissade blanche est traversée de rayons lumineux, les épines d’un sapin tombent comme un bois frère s’affaisserait dessus.

Armin Linke, Maison Louis Carré, Bazoches-sur-Guyonne, France, Alvar Aalto, 1956-1959 © Armin Linke, VG Bild-Kunst, Bonn, 2014

Les formes de l’avant-garde

Si l’inspiration organique incline les plans d’Alvar Aalto, elle dessine aussi les lignes de ses objets, en harmonie avec les formes de l’avant-garde artistique.

Les sculptures de Jean Arp et les mobiles de Calder font pendant aux reliefs en bois d’Aalto. Ses pièces en bouleau lamellé cambrées par la main dépendent autant des propriétés de la matière que du regard artiste.

Symbiose de l’art et de la nature, la vision d’Alvar Aalto atteint une harmonie d’avant-garde essentielle et primaire, comme une ligne qui était là avant serait par lui révélée…

On contemple cette évidence depuis le premier fauteuil au piètement d’acier profilé pour la sacristie de l’église de Muurane (1926-1929) aux sièges exposés en pyramide. Pic et point d’orgue, cette mise en scène porte aux nues les tabourets 60 empilés, copiés, recopiés, diffusés dans le monde entier par la société de commercialisation Artek fondée en 1935 par Aalto.

Armin Linke, Villa Mairea, Noormarkku, Finlande, Alvar Aalto, 1938-1939 © Armin Linke, VG Bild-Kunst, Bonn, 2014

Toutes les formes s’imbriquent car elles sont faites du même bois, de plan en projet, de coupe en objet ! Ainsi les ondulations des plafonds d’Aaalto rappellent ses fauteuils déliés et même le mythique vase Savoy (1936) fait écho à une coupe vue plus tôt. Réalisée pour une chambre du sanatorium de Paimio, elle dessine deux bulles qui se coincent dans un même bocal !

La standardisation flexible qui fait le succès d’Artek puise dans les réponses naturelles aux besoins collectifs et individuels. En entrant dans l’exposition, on avait à peine remarqué ce portrait de l’homme tendu vers un arbre en fleurs. Pourtant il est exemplaire. Car pour Aalto toutes les fleurs d’un arbre sont différentes, cependant elles sont toutes composées de cellules identiques. De même ses meubles sont produits avec des éléments standardisés qui peuvent être assemblés de diverses manières.

Stool 60, Alvar Aalto, 1933 © Vitra Design Museumn, photo : Jürgen Hans,
VG Bild-Kunst, Bonn, 2014

Ainsi pour la maison Carré, Aalto conçoit des lampes aux noms de myrtille, cloche d’or, grenade à main… et reprend des formes créées précédemment pour y ajouter par exemple le motif de la corolle.

L’évolution de ses créations tient cette rigueur qui allie l’avant-garde, les formes classiques et la fidélité aux lignes. Quand on croit à la fin avoir atteint un point récessif, on est encore étonné de voir des harmonies nouvelles.

Dans les années 1950, avec son agence, Aalto est le principal ambassadeur de l’architecture et du design nordiques dans le monde. Il dessine des projets jusqu’au Moyen-Orient. Une maquette pour le musée d’art de Chiraz en Iran (1969-1970), jamais réalisé, dévoile une large structure de basilique à sept nefs, comme si l’architecte avait puisé dans le répertoire classique.

En double inversé, l’église des trois croix réalisée en Finlande dix ans plus tôt démontre un plan autrement étonnant ! Trois parties sont séparées par des cloisons coulissantes et la chaire est remplacée par un foyer lumineux dont les rayons se réverbèrent dans des miroirs aux murs et au plafond. Cette structure tripartite s’adapte au lieu qui devait combiner la fonction sacrée à d’autres activités communautaires.

Depuis l’église de Muurame d’inspiration italianisante, depuis son éloge des églises finlandaises historiques, Aalto fait évoluer ses recherches selon ses structures, sur place et sur-mesure.

© Cité de l’architecture et du patrimoine / photo Gaston Bergeret

partenaire créa adrien

ALVAR AALTO. ARCHITECTE ET DESIGNER

09/03/2018 > 01/07/2018

Cité de l’architecture et du patrimoine

PARIS

Surnommé le « Mage du Nord » par le critique d’architecture Sigfried Giedion, Alvar Aalto est l’architecte finlandais le plus connu d...

Exposition terminée
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