Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 ALPHONSE MUCHA

12/09/2018 > 27/01/2019

Musée du Luxembourg

- PARIS

expo_cercle_2 FRANZ WEST

12/09/2018 > 10/12/2018

Centre Pompidou - PARIS

LA NEWSLETTER

The Middle Earth : Villeurbanne, terre méditerranée

Anne Malary 7 mars 2018

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

L’Institut d’art contemporain (IAC) de Villeurbanne expose un projet méditerranéen à quatre mains : Maria Thereza Alves et Jimmie Durham ont organisé l’espace entier en sections résonantes. Ces environnements mêlent leurs productions à des objets archéologiques, des plantes, des pierres, des odeurs… ponctués de noms d’animaux et de végétaux en notes sur les murs, en gammes française et latine.

Premiers échos

L’IAC est en ce moment une large verrière méditerranéenne qui couve tout ce qui compose la terre du milieu des artistes. Entre les salles pas de portes, mais des odeurs et des échos.

Ce qui réchauffe en premier, ce sont les murs jaune pollen, puis la nourriture et les sons familiers. Notes de lyre et oud, amandes, gelées d’arbouse, figues et olives entre des céramiques.

Les objets sont juste posés là. Comme des bouts de poterie et une ampoule trouvés dans les racines d’un acacia jouxtant la plus vieille église de Naples, au milieu d’un espace vide… et froid ? Plutôt non saturé, pour inviter le visiteur à tisser des liens entre chaque élément. On est là désarçonné car entouré d’échos à provoquer. Comme le territoire tels qu’ils le voient, les artistes tantôt incluent, tantôt excluent…

Vue de l’exposition The Middle Earth – Projet Méditerranéen de Maria Thereza Alves & Jimmie Durham. Collection Musée des Beaux-Arts de Lyon – Courtesy des artistes © Blaise Adilon

Pour s’accrocher aux mots, il y a les notices. Derrière la réplique d’un crâne de phoque moine méditerranéen, un texte présente l’espèce en voie de disparition. Ces phoques chantent, alors les artistes nous donnent une piste :

« Homère raconte qu’Ulysse fut tenté par les Sirènes, ces chimères aux bustes de femmes qui séduisaient les navigateurs de leurs chants pour les attirer sur les récifs et les dévorer.

Imaginez le pourtour méditerranéen quand il n’y avait aucun son industriel : pas de navires à propulsion, ni de voitures, ni de machines d’aucune sorte. Un son marin proche de la terre serait enchanteur. Le chant d’un phoque moine aurait été puissant. »

Une figurine de Vénus grecque, nageoires déployées, annonce les voix que l’on entendra trois salles plus loin et qui peu à peu nous parviennent. Un chant de sirène entre les murs parme notés de noms en gammes : Pyrrhocarax pyrrhocarax, Mélitot de Naples, Arbousier de Chypre, Mauve de Crète… L’évocation des bruissements de faune et de flore.

Vénus à la coquille, premier quart du IIIème siècle av. JC. Provenance : Ruvo di Puglia (Italie). Collection du Musée d’Archéologie Méditerranéenne, Marseille

La persistance de la couleur

Après la deuxième salle consacrée à l’écriture et ses matières, sceaux-cylindres, colliers de perles en pierre… il y a la teinture pourpre.

Cette couleur est produite par des milliers de mollusques que l’on récolte et liquéfie avant de les laisser se décomposer dans de larges cuves. Le coquillage est posé sur un tissu pourpre, petit murex dont tout résulte.

Le final est tendu là sans l’odeur âcre et le travail poissant. La couleur, nous explique-t-on, devient plus éclatante avec le temps, et plus précieuse que l’or elle était symbole de royauté pour les grecs, les romains et après eux les vénitiens et les byzantins.

Paradis bleu trois pas plus loin : dans une pièce blanche, des fragments de temples babyloniens, assyriens, sumériens ou akkadiens. Briques et carreaux d’argile imprimés ou apposés par des peuples qui « savaient que les pierres bleues étaient magiques. »

Des objets précieux à voir sont aussi disposés, comme un poisson amulette en lapis-lazuli, des serviteurs funéraires dos à dos, des figures de chat et de sanglier, des serpents. Ces reptiles contemporains que l’on dirait millénaires sont Five snake stones créés par Jimmie Durham.

Mêler les temps et les matières neutralise la hiérarchie du regard, et les frontières du territoire. Sur cette carte méditerranéenne sans lignes, le visiteur doit être actif.

Maria Thereza Alves et Jimmie Durham, Mediterranean Sea, 2018. Vue de l’exposition The Middle Earth – Projet Méditerranéen de Maria Thereza Alves & Jimmie Durham. Courtesy des artistes © Blaise Adilon

Asphyxie, et retour à la terre

Actif aussi pour se sauver d’une grande piscine polluée. La salle suivante en contrebas est bleu clair et vide d’eau comme le fond d’un bassin asphyxié. Comme la mer jonchée de canettes, de poteries, de filtres de mégots, de cotons-tiges et de plastiques.

Sur les murs de ce dépôt flottent les baleines et les dauphins. Delphinus delphis. Balaenoptera physalus. Le fond stérile est aussi puant. Nulle algue, nulle flore ne semble pouvoir croître sur les bords de cette mer. Alors quand on émerge et retrouve entre les murs jaunes les feuillages méridionaux, on respire.

Jimmie Durham, Five Snake Stones, 2018. Vue de l’exposition The Middle Earth – Projet Méditerranéen de Maria Thereza Alves & Jimmie Durham. Courtesy de l’artiste © Blaise Adilon

Une petite serre d’oliviers, de lavande, d’arbousiers et de lauriers… sont égayés par un chant floral : des noms de plantes clamées en français par des voix sur notes ascendantes, descendantes. À chaque végétal son octave. Astragale de Montpellier, ornythogale de Narbonne.

Le jardin, rêve sondé à deux pour le printemps, vient après les tréfonds de la Méditerranée à un point de l’itinérance engagée par Alves et Durham en quête de ce continent du Midi, à coup d’artefacts et d’écofacts.

THE MIDDLE EARTH

02/03/2018 > 27/05/2018

Institut d'art contemporain

VILLEURBANNE

Au printemps 2018, l’IAC confie la totalité de son espace aux artistes Maria Thereza Alves et Jimmie Durham pour le projet, The Middle Ea...

Exposition terminée
PRESSE
MEMBRES

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE