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Trois portraits signés Carolus-Duran entrent au Domaine de Chaumont-sur-Loire

Anne Malary 23 février 2018

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Le 1er mars prochain, le domaine de Chaumont-sur-Loire offrira aux yeux des visiteurs quelques portraits signés Carolus-Duran. Œuvres d’un peintre à la touche vibrante et à la palette flamboyante, presque domptées par une ligne mondaine… presque !

Trois portraits

Les portraits de la princesse Henri-Amédée de Broglie, du prince Robert et de la princesse Marguerite de Broglie enfants, rejoignent les collections du Domaine. Le premier tableau est issu d’une collection privée. Quant au second, il s’agit d’un dépôt exceptionnel du musée Carnavalet-Histoire de Paris.

La troisième toile – qui provient elle aussi d’une collection particulière – est un autoportrait du peintre lui-même,  Charles Émile Auguste Durand dit Carolus-Duran (1837-1917), portraitiste de la haute société française de la fin du XIXe siècle.

Ce qui vibre entre les lignes

Carolus-Duran est notamment l’auteur de deux œuvres aussi délicates que flamboyantes : l’Etude pour Lilia et Le Convalescent. La première est une nuque, seule carnation rose sur le velours carmin, la chevelure rousse, le fond rouge. La deuxième œuvre est un fragment d’une œuvre à l’origine de plus grand format. Le découpage moderne avive la curiosité de l’œil parcourant les tissus, capté par le teint creusé, sculptural, épuisé. Les cernes si noirs en sont beaux.

Carolus-Duran, Le convalescent, Vers 1860, Paris, musée d’Orsay

Dans cette sensibilité à la surface colorée, il y a une touche à l’espagnole inspirée par Velázquez, qui rappelle aussi José de Ribera. Dans les poses et les traits, il y a le réalisme de Courbet. L’éclairage ne fait aucun quartier à la fatigue, la vigueur de la brosse embrase les tons pour atteindre le sublime… Neuf ans plus tard, la Dame au gant, grandeur nature et noble, est un succès au Salon.

Carolus-Duran, Etude pour Lilia, 1887, Washington, National Gallery of Art

La jeune épouse du peintre apparaît en bourgeoise exemplaire au geste élégant dans une composition cossue mais simple : c’est un équilibre virtuose.  La palette sombre est piquée d’une fleur jaune dans les cheveux du modèle. Un autre détail distingue l’originalité du peintre : c’est le gant gris perle à terre, « instantané moderne ». La ligne retenue n’oblitère aucune vibration de matière.

Le 1er mars, aux côtés de ces deux tableaux, le Domaine de Chaumont-sur-Loire exposera également les objets d’art décoratif – cristallerie, porcelaine, orfèvrerie… – qu’il a récemment acquis grâce à un fonds régional (FRECC).

La dame au gant, 1869, Paris, musée d’Orsay

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