Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 ALPHONSE MUCHA

12/09/2018 > 27/01/2019

Musée du Luxembourg

- PARIS

expo_cercle_2 PICASSO. BLEU ET ROSE

18/09/2018 > 06/01/2019

Musée d'Orsay - PARIS
expo_cercle_4 MADAGASCAR

18/09/2018 > 01/01/2019

Musée du quai Branly - Jacques Chirac - PARIS

LA NEWSLETTER

Sam Szafran : dans l’atelier de l’artiste

Anne Malary 22 février 2018

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

La galerie parisienne Claude Bernard expose jusqu’au 3 mars des surfaces vertes végétales. Partout, les lianes couvrent les toiles comme elles habitent l’atelier de Sam Szafran à Malakoff. Un plein refuge, une extension de l’âme…

Sans titre, 2017, aquarelle et pastel © Sam Szafran/GCB/ADAGP, Paris 2018

Sous la serre

On connaît bien des motifs et des tableaux de serre, mais ceux du peintre Sam Szafran ressemblent à une obsession. Sur les sept œuvres grand format exposées à la galerie Claude Bernard, aucune n’offre un point de claire respiration. Pourtant, dans ces intérieurs saturés de racines, de feuilles et de lianes, on reste en hypnose de bonheur végétal.

Les plantes sont si grandes qu’elles remplissent et dépassent la toile comme des protubérances épanouies dans un climat tropical. Les feuilles, palettes de mille verts, réservent tant de blancs dans un réseau de pleins et de lignes, de branches et de vides !

Après la première et monochrome impression, on appréhende les teintes bleu ciel, lagune et gris ardoise. L’artiste les a posées sur l’aquarelle : là un coin de pastel, ici des rehauts blancs qui paillettent les arbres, là d’autres traits verts qui font des jeux de surface.

Les couleurs se télescopent comme les gens se téléportent. Dans chaque toile en effet, il y a une figure sur le plus bas registre. Alors que la nature foisonne et bruisse, la personne est calme. On dirait qu’elle écoute la croissance de ces lianes, on dirait que l’on voit sortir son âme.

Comme une éclosion intérieure.

En-dessous les racines grandissent. Il y a une dimension réversible en ces branches qui se poursuivent sous leurs reflets au sol.

« Arborescences », exposition de Sam Szafran au Domaine de Chaumont-sur-Loire, 2017 © Éric Sander

Dans l’atelier

Il sort peu. Il passe du temps à décrire les plantes qui envahissent sans mesure cet atelier aux allures de serre. C’est à Malakoff une ancienne usine de métallerie avec des verrières, uniques limites à l’ampleur de ces philodendrons d’intérieur.

Entre ces derniers, il y a parfois des éléments solides : un pot où se lèvent des lianes, un grand poêle au milieu, un casier de bâtonnets de pastels. Voilà le portrait sans retouche de l’atelier du peintre.

Sam Szafran est né à Paris de parents juifs d’origine polonaise. Réchappé des rafles de Juifs sous l’Occupation, il part vivre en Australie après la Libération. Il rentre à Paris à 17 ans, et peu à peu à Montparnasse côtoie les Giacometti, Riopelle, de Staël… sans jamais s’encarter dans le catalogue des mouvements de son temps.

Depuis 1974, il vit dans cette ancienne fonderie de Malakoff à présent ramifiée, devenue atelier… et Sam Szafran nourrit, génère ces arborescences. Ces poumons de l’œuvre.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE