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Le Salon des artistes français : coups de coeur sous la verrière du Grand Palais

Anne Malary 15 février 2018

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Depuis le 14 février, on peut naviguer sous la verrière du Grand Palais entre les sections du Salon des artistes français. On tangue entre les créations d’aujourd’hui, et quelquefois on s’approche, on s’amarre… Aujourd’hui justement, nous vous présentons les coups de cœur de la directrice du Salon (et quelques-uns d’exponaute aussi) !

© David Lebrun

En surface

Dans un vaisseau lui-même conçu par des architectes de la Société des artistes français fourmille la création contemporaine. Il faut faire confiance aux préférences de son œil pour évoluer dans la nef du Grand Palais, volume large et clair conçu par Henri Deglane, derrière la façade ornée des quadriges de Recipon…

Il y a toujours des coups de cœur, à l’aveugle, annonce Martine Delaleuf, la directrice du Salon. Car le jury ne connaît rien de la biographie des candidats, il ne choisit que leurs œuvres. Il y a aussi bien sûr les invités, les médaillés des années précédentes qui disposent d’un espace élargi pour exposer leurs créations. Et si le label est français, l’espace et la Société des artistes français accueillent nombre de créateurs étrangers !

Parmi eux, les artistes de l’École des beaux-arts hongrois, que le Salon a invité dans le cadre d’un partenariat avec le MODEM, musée de Debrecen. Martine Delaleuf fait remarquer un tableau d’une captivante étrangeté : Le diner d’un sans-abri, signé Fehér László. On le dirait « venu d’un autre monde ». Pourtant c’est le nôtre, qui voit un sans-abri se pencher dans le noir sur une benne à ordures, à la main une bouteille de coca dans un sac translucide. C’est notre temps contemporain qui phosphore juste là sous la verrière.

La directrice du Salon indique aussi à l’entrée une mécanique immanquable de rampes industrielles, de couleurs vives et luisantes sur des cylindres métalliques. C’est une huile sur toile signée Agathe Verschaffel.

Il faut être plus attentif pour ne pas rater le Code Inuit, HMS Alert de Zandfos Witold. Il y a du Keith Haring dans cette composition de signes et de corps imbriqués en noir sur blanc. Non loin de là, Voler 2 de Irisawa Yoko : des oies sauvages volant vers le soleil rose et blanc comme sur un tissu japonais, un écran, un panneau du soleil levant.

Dans un angle, Un jour heureux : une femme nue penchée en lignes anguleuses et grises sur un papier pailleté, épais, cuivré… un dessin délicat comme une soie intime pensée par Yasufumi Kurakazu.

FEHER LASZLO, Le diner d’un sans-abri II, huile sur toile, 2011

En gravure, on affronte d’abord un pan vertical couvert des œuvres du médaillé 2017 : Guy Braun. Son dessin souple décrit notamment l’accablement d’hommes en file, courbés de profil et sous le poids de leurs bonnets. Tout est pesant, tout le geste « exprime ». Les modelés veloutés aussi, les nuances de lumière sur les chairs… C’est que l’artiste maîtrise et multiplie les techniques, comme la superposition des plaques et des teintes. La « cinématogravure » lui permet d’envisager la figure humaine dans son mouvement dramatique. Guy Braun extrait ainsi des films des scènes et les fixe. Il les saisit, les sort de leur première dynamique pour les traduire en carborundum, en aquatinte, manière noire, bois gravé… Il crée ainsi un jeu de contrastes fait de gris minutieux sur les silhouettes fragiles des modèles.

Plus loin, nous dit Martine Delaleuf, seraient suspendues trois montgolfières… Elles sont en papier gravé, imprimé et ainsi gonflé en ballons ! Alors nous y courons, et tombons devant ce trio en rythme dans le ciel clair du Grand Palais. Dans la plus grande des nacelles, deux petits personnages sont assis : ils portent les visages de la directrice du Salon et du président de la section gravure. Sous la lumière parisienne, l’humour réchauffe l’institution…

En gravure encore, Irina Makoveeva, médaille de bronze 2017, a décrit Riaba sa poule, envahie de poussins. Elle a traduit la matière des plumes et des surfaces des pelages sous toutes les facettes des petites boules qui caquettent !

Puis, il y a la mosaïque. On avait entendu parler de ce champion olympique qui exposerait au Grand Palais. Il est bien présent sous le pseudo d’Ymas et a composé un portrait pré-composé, celui de Courbet, en Lego et en relief !  Si la figuration existait déjà, le détournement est original, note Martine Delaleuf. Ymas botte en touche et recrée un classique ludique !

Guy Braun, Aux éclats, 2017

Reliefs

En sculpture, la présidente du Salon indique les œuvres de Michel Pigeon, qui taille lui-même dans la pierre, le marbre et le bois mille figures de femmes stylisées au gré d’attitudes innées. Elle fait aussi remarquer un poisson comme une volute dorée signée Maritz : Betta Splendens. C’est comme une fleur, une nappe de pétales incurvée qui reflète le mouvement aquatique.

Nous avons vu plus loin, entre les peintures, les petites figures d’Itoh Eïko qui ont toute l’allure du théâtre : une femme en long kimono de tissus véritables, avec de noirs cheveux en cascade, lève une tête dramatique. Un monstre légendaire à côté plie sa carcasse…

À voir parmi les sculptures animalières, la plus petite et la plus précieuse peut-être, celle qui a retenu notre attention est un Narval conçu par SO. Il est aussi simple qu’un galet ovale, une pointe dorée transcende son corps et prolonge son nez comme une longue corne. La patine bleue sur le dos, très sensible, très fine, se dégrade sur le ventre noir. Il rayonne dans un petit cube transparent au milieu des sculptures de bronze.

MARIK, Betta Splendens, bronze poli doré

La section architecture est petite, mais comporte quelques beaux projets – les plus intéressants du Salon selon nous. Lutie Allet et Aude Catte ont conçu Filmin’in the wind pour une école de cinéma dans le centre ancien du Havre. Elle prend la forme d’une tour verticale, un repère dans la ville comme un pin dans la forêt, comme un phare, une cheminée de centrale thermique, une église ou l’hôtel de ville. C’est par ce parallèle que les architectes ont connecté l’école et le quartier Danton à la ville balnéaire, industrielle, moderne et populaire.

Enfin, le Salon a invité la SPRAY COLLECTION. Ce club de trente collectionneurs de street-art a souhaité représenter toutes les pratiques. Ils ont sélectionné douze œuvres signées d’artistes français, américain, belge et espagnol. La pièce maîtresse est un collage, un portrait fixe et grand de femme par YZ. Il y a encore l’œuvre céramique de l’artiste Invader, de la broderie, de la peinture… un panel de matières. Et pour la première fois au monde, l’artiste Logan Hicks expose son travail sur papier peint au pochoir. Ce new-yorkais est l’un des plus grands pochoiristes américains. Il s’est inspiré du motif Art Nouveau, et sur un mur à l’aérosol, a fait écho aux arabesques en fer vert de la nef… un jeu décoratif et inédit !

En face du Salon, le Petit Palais expose en ce moment les artistes hollandais à Paris entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, confrères de Géricault, Corot, Millet, Boudin, Signac, Cézanne, Picasso, Braque… Aujourd’hui, le Grand Palais expose les artistes hongrois en regard des créateurs français passés eux aussi par le Salon, poursuivant le vœu d’échange des idées entre les artistes de toutes les nations.

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