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The Nature of Love : l’amour reptile et silencieux selon Charles Sandison

Anne Malary 14 février 2018

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Au centre d’art Les pénitents noirs, à Aubagne, Charles Sandison fait ruisseler The Nature of Love. C’est le nom de son œuvre composée d’algorithmes. Elle se visite dans le noir depuis le 14 février, et couvre la surface des gens qui y évoluent comme dans une chapelle aquatique…

Façade néo-classique comme un petit Panthéon surplombant les maisons d’Aubagne, la chapelle des pénitents noirs nous fait face. Aujourd’hui, c’est un solaire centre d’art dans lequel on s’enfonce en projetant notre curiosité sur ses murs…

Fenêtres closes, la blanche chapelle est plongée dans le noir et l’éclipse nous garde ! On y découvre sur les parois des milliers de lignes qui comme des serpents, fuient, stagnent ou planent. On les suit jusqu’au fond, on revient, on lève la tête, on baisse les yeux, on les regarde ruisseler sur nous de cap en pied.

Alors on distingue des mots qui éclosent, se diffractent, peu à peu sont aspirés par un trou blanc croissant : «name », « composition », « plants », « been », « excavation », « exist », « working »… On marche sur eux, puis ils nous échappent et se croisent en ogive, s’évaporent tandis que « hope » flotte dans une constellation éphémère.

Parfois un cours d’eau plus rapide rompt ces points et ces lignes, qui irrésistiblement glissent ! « Anger », « love », « joy », « lost », « need », « help » tombent en gouttes, serpentent puis éclatent comme des comètes autour d’un noyau.

Nous aussi, on flotte, on nage dans la chapelle comme dans un univers hybride, aquarium et planétarium. Car plus encore qu’un chemin fluide – comme The River sur laquelle on marche en regardant nos pieds au musée du Quai Branly – The Nature of Love est un lieu magnétique et sensitif.

L’artiste, Charles Sandison, est resté trois semaines en résidence en septembre, pour s’en imprégner. Il a ressenti, interprété la mémoire de la chapelle rituelle et du territoire comme une carte. Puis il y a appliqué sa passion : coder, créer une progression avec la lumière, l’architecture et l’espace.

© Marc Munari |Ville d’Aubagne

« J’espère que les gens vont voir l’exposition et l’oublier »

Son langage est un programme informatique qui génère des mots, des signes et détermine leur apparition. Ils sont choisis en fonction du lieu pour lier le spectateur à l’espace.

Son œuvre à Aubagne suit le thème de MP2018, Quel Amour ! Il observe que dans l’univers numérique, nous exposons nos amours, nos passions, nos peurs et nos émotions. Autant d’informations qui sont ensuite stockées dans des bases de données qui utilisent des algorithmes d’intelligence artificielle prédisant nos comportements et notre âme sœur.

Ici, Charles Sandison conçoit un programme maîtrisé mais imprévisible, qui peut réagir à la dernière seconde. Ce faisant, il nous plonge dans un média vivant et immédiat qui nous désarçonne, supprime nos repères et défie nos attentes. Là, tout est changeant, les algorithmes se génèrent automatiquement et se renouvellent constamment. Le travail, dit l’artiste, « n’est jamais fini »…

L’artiste qui a créé là un médium autonome échappant à la fixité des choses : « La meilleure façon de brosser un tableau de notre société en évolution est d’utiliser cette même technologie qui crée le changement. »

La visite selon le voeu de Charles Sandison pourrait être un instant qui fuserait dans la tête du spectateur comme une comète passe et disparaît de l’écran. Mais c’est aussi une immersion reptilienne, dans un silence qui fait durer la contemplation hors du moment.

© Marc Munari |Ville d’Aubagne

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