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Raoul Hausmann : regard élémentaire au Jeu de Paume

Anne Malary 10 février 2018

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À Paris, le Jeu de Paume révèle les clichés d’un maître dada : Raoul Hausmann. Ces images qui détournent moins la réalité qu’elles la posent, la fixent et la poétisent, sont comme des visions élémentaires.

Sans titre (Vera Broïdo), Vers 1931, Raoul Hausmann © ADAGP, Paris, 2018. © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn

Passer le premier mur

Tracts, poésies en actes, revues et poèmes convoquant tout le corps. Photomontages dynamiques. Les premières cimaises de l’exposition introduisent la face dada de Raoul Hausmann qui rayonne de Berlin. L’homme est aussi photographe au tournant des années 1930.

Le Jeu de Paume révèle derrière le premier mur 130 tirages longtemps méconnus : il s’agit de la première rétrospective photographique consacrée à Hausmann en France.

Cette part de son œuvre débute en Allemagne en 1927. Là les expérimentations photo montées de l’artiste nous font tourner dans des tourbillons d’azimuts et nous frottent contre des matières contraires. C’est râpeux, c’est lisse, une vue perspective ici, là une surface plane, une ville à vol d’oiseau, un détail en gros plan. Encore des carrés de peau et des épaules d’angles. Des lignes de tram en circuit graphique. Et à dix années d’intervalle, deux yeux gigantisés dans un miroir. Raoul Hausmann par ses collages et ses techniques varie les effets, les regards, et continue de capter la nuque de Vera, son corps sous toutes ses coutures…

Sans titre (Paysage de dunes), entre 1927 et 1933, Raoul Hausmann © ADAGP, Paris, 2018. © Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur/VG Bild-Kunst, Bonn

Entre les dunes

Dans les dunes de la Baltique et de la mer du Nord, loin de Berlin, il affirme sa pratique de la photographie. Il pose là des femmes ou plutôt des corps, des triangles et des ronds nus sur le sable, sur l’écume qui les touche et dans la lumière qui les sculpte.

Même les monticules de sable herbacés semblent des seins touffus ployés par le vent. Les dunes ont les mêmes rondeurs « émotionnées » que les courbes de chair. Quand il s’approche et photographie les visages – encore Vera, Karla Behne, des enfants de la Frise… – Hausmann en fait des regards et des formes. Ainsi l’ombre de l’arcade sourcilière fait un triangle sous les paupières, deux visages donnent deux boules expressives aux regards franc ou craintif.

« Ce qui est décisif, c’est la capacité de voir l’essence réelle d’un visage […] et de faire l’expérience de cette essence, indépendante des artifices… »

Puis vient 1933 : après l’incendie du Reichstag, Hausmann « artiste dégénéré » selon les nazis, se réfugie sur l’île d’Ibiza. Il devra la quitter en 1936. Mais jusque-là, il prend le temps de compléter son ouvrage et de publier plus d’un millier de tirages.

Monsieur Mariano Ribas, 1933, Raoul Hausmann © Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart

Ibiza

Ibiza. Hausmann tombe là face à des cubes blancs et ordonnés. Les maisons paysannes de formes si autonomes ressemblent à des intuitions, lui semblent des architectures « sans architecte, [de] conception pure ». Il en fait une série photographique et capte au vol les objets et les visages des habitants.

Des maisonnées sur le rivage et sous la vallée croulante. Cala Corra, 1934. Des murs blanchis et arrondis sur lesquels tombent en biais les ombres des sommets. Can Alfonso, Cala Longa, Santa Eulària de Riu. Un ovale posé sur les cordes d’une chaise au centre exactement. Melon d’Espagne, 1935. Un visage dur et radieux à la foix. Señor Mariano Ribas, 1933. Et plus loin une balustrade en ligne courbe comme un profil.

C’est la géométrie d’une île, les traits sur les montagnes suivant les sillons sur les visages, les ombres tombées du ciel juste pour trancher les oliviers et le blanc soleil. À Ibiza, Hausmann pense aussi aux usages sociaux et politiques des images et l’architecture, au sens du bâti, atteint son mot d’ordre intime : « édifie toi-même les limites de ton univers. »

Mais à l’éclatement de la guerre d’Espagne et l’abandon d’Ibiza aux franquistes, Hausmann doit partir. Au cours de ses exils successifs il abandonne bien des clichés, et son travail photographique reste secret. C’est à la fin des années 1970 qu’un fonds est découvert dans l’appartement de sa fille, à Berlin.

Maison paysanne (Can Rafal), 1934, Raoul Hausmann © Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart

RAOUL HAUSMANN : UN REGARD EN MOUVEMENT

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Jeu de Paume

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Exposition terminée
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