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Tombés les rideaux, lumière sur les artisans de la scène !

Anne Malary 29 janvier 2018

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Le Centre national du costume de scène (CNCS) à Moulins expose jusqu’au 11 mars les apparats de la scène : les étoffes et les plumes, les bijoux, les perruques, les souliers, les masques composés pour les spectacles, font le spectacle ! Et derrière ces merveilles, les petites mains qui les créent, les artisans de la scène…

Costume de Michel Dussarat pour le rôle du soleil dans Y a d’la joie !, spectacle de J. Savary. Opéra-Comique, Paris, 1980. Réalisation : Mine Barral Vergez. Broderie : Caroline Valentin Coiffe : Michel Carel Chaussures : maison Clairvoy © CNCS / Florent Giffard

Premier rôle

Dans le grand escalier du CNCS – ancienne caserne militaire du XVIIIe siècle classée Monument historique – sont suspendus des jupons en voiles comme des abat-jours… Si l’on suit cette décoration, on atteint l’antre où ils voient le jour : l’atelier du costumier. Des patrons, des ciseaux, de la mercerie et maints tissus sont posés sur des tables de coupe… En regard et surélevés, les squelettes des costumes et grands jupons : les premiers dessous d’une vaste collection.

Le CNCS conserve plus de 20 000 objets dans ses réserves. Avec l’exposition Artisans de la scène, il invite les visiteurs à découvrir les métiers d’excellence qui les réalisent.

Ainsi, de salle en salle, de chaussures en chapeaux, on découvre les coulisses des pièces magnifiques. Elles dévoilent de près des atours que l’on ne soupçonne pas. Ainsi dans les perruques blondes, des fils d’or font de loin l’illusion d’une chevelure flamboyante…

Coiffe de Michel Dussarat pour le rôle de Mistinguett dans Mistinguett, la dernière revue, spectacle de J. Savary. Opéra-Comique, Paris, 2001. Structure : Michel Carel Plumes : maison Février Chapeau : Maryse Roussel. © CNCS / Florent Giffard

Car les rideaux de la scène sont tombés pour exposer des pièces qui deviennent sujets de la représentation. On s’ébahit devant ces œuvres qui sur des mannequins anonymes et inertes, font le spectacle ! Il faut voir ces costumes, comme celui du soleil conçu pour Michel Dussarat dans Y a d’la joie ! à l’Opéra-Comique de Paris… Les rayons de l’astre dorent l’étoffe soyeuse et bleue gonflée grâce à une carcasse : le costume est monté ouvert pour révéler son œuvre.

Parmi les chapeaux et les masques qui se tiennent en vitrine, il y a des objets fantasques et chamarrés, fascinants pour quiconque est sensible au conte et à l’émerveillement… ce sont des profusions de plumes, de paille, de feutre et de cuir, et des compositions de masques stylisés par des peintres. Tout cela vient avant même d’atteindre les cascades de strass…

Les bijoux, les prothèses, les ennoblissements… et l’art de la plumasserie ! Là, on découvre des pièces de maître comme une tête de lion en plumes par Maxime Leroy ! Pour obtenir l’aspect du poil, le créateur a brûlé et coloré une trentaine de plumes différentes – d’aigrette, d’oie, de poule ou de coq… La relève est là, qui poursuit l’œuvre des maîtres artisans.

Costume de Francesco Zito pour le rôle d’un oiseau dans Ariodante, de G. F. Haendel. Opéra national de Paris, 2001. Coll. CNCS/ONP © CNCS / Florent Giffard

Les petites mains 

Justement, ces objets nous mènent vers leurs créateurs. On découvre des métiers précieux que l’on ne soupçonnait pas, et on réalise combien leur transmission est nécessaire.

Saviez-vous par exemple que l’ennoblissement des costumes était une discipline entière ? Broderie, peinture, patine, teinture… il désigne toutes les opérations apportées sur le textile pour l’enrichir ou le modifier. C’est l’œuvre d’ateliers de décoration sur costumes, quand ils existent, ou bien d’artisans indépendants qui travaillent dans les théâtres.

Aujourd’hui quelques-uns de ces métiers semblent fragiles, mais résister. C’est le cas de l’art du chapelier. Depuis quelques années pour faire face à la pénurie d’artisans, la majorité des théâtres a intégré au sein de leurs services couture des ateliers modistes.

Travail d’apprentis. Des outils presque identiques à ceux du XVIIIe siècle © Sylvie Perault

Les vidéos qui tournent en regard des pièces et des matériaux sont passionnantes tant elles révèlent de savoir-faire et de techniques. On découvre dans les coulisses de l’opéra toute la minutie des techniciens. Les faiseurs de prothèses et les maquilleurs, les créateurs d’effets spéciaux œuvrent comme des peintres et comme des sculpteurs lorsqu’ils moulent, agencent les ombres, transforment les corps et les visages des comédiens.

Dans son atelier, Marie-Thérèse Lebeau, perruquière depuis 1966, confie qu’elle peut apprendre et transmettre la technique à ses apprenties, mais ne peut leur inspirer la création. Elle avoue enfin, dans Mains et merveilles, qu’elle espère voir son atelier perdurer après elle.

Chaque pièce de l’exposition est scénographiée comme un atelier d’artisan. Pour achever cette évocation, le CNCS a souhaité valoriser la transmission des savoir-faire. Il s’est associé à des établissements de formation qui ont prêté des réalisations et des outils pédagogiques – patrons, prototypes, vidéos…  Les étudiants eux-mêmes proposent au public des démonstrations un week-end par mois dans le musée.

Travail de dorure sur couronne, atelier décoration sur costumes, Opéra national de Paris / Opéra Bastille © E. Bauer – OnP

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