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« Le peuple de la vallée » au Musée de l’homme, vert argenté, gris magnifiques

Anne Malary 18 janvier 2018

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Du 18 janvier au 2 juillet, le Musée de l’homme présente les clichés de Pierre de Vallombreuse, qui a vécu plus de trois ans auprès de l’ethnie peuplant une vallée de l’île Palawan. Au sud-ouest des Philippines, entre les reliefs humides et les palmes verdoyantes, il a photographié une culture en noir et blanc…

Enfant jouant dans un potager © Pierre de Vallombreuse

Entre les palmes

« J’aime l’argentique, car c’est de la matière. La vie est un long développement ! Finalement, j’aime cette attente, car je suis un marcheur. Pas quelqu’un qui court… [1]», déclarait le photographe Pierre de Vallombreuse en 2013 aux Champs-Libres de Rennes.

Le jour de l’ouverture de son exposition « Le Peuple de la vallée » à Paris, il déclare encore aimer le temps long comme le mystère des lieux. Il ne traque pas les paysages et les endroits, il les découvre plutôt au gré des rencontres et attend qu’ils viennent à lui.

« Quand je suis là-bas, ce sont les meilleurs moments… » dit-il en présentant La vallée au petit matin. C’est en enfant planté au-dessus de la canopée comme une mer de nuages. C’est le moment où on a défriché ; les arbres tombés vont sécher pour donner de nouvelles rizières.

Ces paysages s’étendent sous nos yeux depuis jeudi 18 janvier, et le noir et le blanc rendent une impression d’argent humide sur la végétation. Des feuilles en fin métal sur quelques falaises minérales.

La vallée au petit matin © Pierre de Vallombreuse

Ce qui emplit le regard, c’est cette végétation luxuriante, comme le Massif sacré où vivent les esprits : ce lieu n’est jamais défriché. Dans la brume il y a tous les profils : des ovales et des rayons, des arêtes fines et de grandes palmes tranquilles.

Sur les photographies, les hommes se confondent avec les éléments. Dans le Retour à la maison, il faut lire le titre pour chercher l’action. Un homme escaladant les parois doit s’éloigner d’un torrent. La pluie menace de déclencher une crue soudaine, il s’accroche aux lianes et prolonge le corps noueux de la tige. Derrière il y a la falaise qui luit comme un écran horizontal. L’attente fixe une jeune fille sur son rocher camouflée entre les fougères et les feuilles, elle attend ses compagnons qui cherchent les grenouilles, les crevettes et les crabes le long du torrent.

La vie telle qu’elle changerait

Pierre de Vallombreuse fait des chroniques quotidiennes d’une vie culturelle longtemps préservée.

Avec leurs cannes à pêche, des femmes en file s’enfoncent entre la roche en suivant le menu cours de l’eau. Elles vont chercher le poisson et s’isoler des hommes pour partager leurs secrets. Un Palawan rentre dans la caverne familiale, la hotte pleine de bananes et d’ananas. Pour rejoindre les siens, il fait un large saut agile et quotidien.

Pierre de Vallombreuse a découvert la vallée des Palawan en 1987. Il a vécu plus de trois ans et demi auprès d’eux. La vallée vivait en quasi autarcie à la fin des années 1980. Mais dix années plus tard, la route a été percée le long de la côte, engendrant un afflux de migrants venus du reste de l’archipel.

Morceau de forêt où vivent les esprits © Pierre de Vallombreuse

Peu à peu, la vie a basculé autrement, changeant par éléments : ce sont des vêtements, des codes, des aides sociales… Cette belle vallée n’est pas plane, ni facile à vivre, elle est encore peu visitée par les touristes.

Aujourd’hui, des compagnies acquièrent à prix très bas les terres agricoles des Palawan. 50% de la population travaille donc dans ces plantations de palmiers qui fragilisent l’équilibre écologique de l’île. Les combats entre l’armée philippine et la guérilla communiste installée récemment dans la région ébranlent encore l’environnement et l’harmonie du Peuple de la vallée.

Cet endroit est sous la protection du musée national des Philippines. Pierre de Vallombreuse œuvre aussi à renforcer cette présence pour la préservation de la culture Palawan. Il s’y rend depuis 30 ans, et y retourne dans deux ans pour préparer un ouvrage, le Livre de la vallée.

Un enfant se balance au bout d’une liane © Pierre de Vallombreuse

[1] Cité dans Ouest-France, « Un instant d’humanité avec le photographe Pierre de Vallombreuse », 30/09/2013

LE PEUPLE DE LA VALLÉE

18/01/2018 > 02/07/2018

Musée de l’Homme

PARIS

Cette exposition photographique unique fait découvrir de manière intime des personnages attachants et leur relation forte avec la nature m...

Exposition terminée
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