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Revoir l’Antique à Rome, sur la place du Capitole

Anne Malary 15 janvier 2018

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« Je vis comme un artiste et comme tel je suis accueilli dans les lieux où il est permis aux jeunes gens d’étudier, comme le Capitole. Là se trouve le Trésor de l’antiquité de Rome […] » Durant la seconde partie du XVIIIe siècle, le théoricien de l’art Winckelmann étudie les œuvres antiques in situ, à Rome. Les musées de la place du Capitole révèlent leurs sculptures et l’atmosphère de ce temps avec l’exposition «  Il Tesoro di Antichità », là où l’archéologie moderne et le musée public sont nés.

Musei Capitolini, Palazzo Nuovo © Zeno Colantoni

Quand l’archéologie moderne est née….

C’est un double anniversaire que célèbrent les musées du Capitole depuis décembre 2017 avec l’exposition « Le Trésor de l’Antiquité, Winckelmann et les musées du Capitole dans la Rome du XVIIIe siècle ».

Ils présentent leurs collections à la lumière des idées du fondateur de l’archéologie moderne Johann Joachim Winckelmann, né en 1717 et mort en 1768.

Une noble simplicité et une grandeur tranquille, tant dans l’attitude que dans l’expression, voilà en définitive le trait général qui distingue par excellence les chefs-d’œuvre grecs. De même qu’en son fond la mer demeure toujours calme, si furieuse qu’en soit la surface, de même l’expression des effigies grecques, quelle que soit la passion qui les agite, fait paraître une âme grande et toujours égale.

Ainsi écrivait le théoricien dans ses Pensées sur l’imitation des œuvres grecques en peinture et sculpture parues en 1755. Il définissait pour la première fois l’essence de l’art grec, qui allait dessiner les formes du néo-classicisme selon les celles de la plastique gréco-romaine.

Une harmonie sans vague et sur 124 œuvres, c’est aussi le Trésor déployé dans les trois salles de l’exposition aux cœurs du Palazzo Caffarelli et du Palazzo Nuovo. Des documents originaux, des volumes et des gravures, des sculptures antiques et modernes font un decorum de la vie de l’archéologue à Rome et se contemplent comme des biens retrouvés, à la fraîcheur du regard contemporain.

Hubert Robert, Piazza del Campidoglio, 1762, Collection Musée de Valence, art et archéologie © Musée de Valence, photo Philippe Petiot

…le musée des antiques s’est ouvert

Dans un « espace immersif » et augmenté de réalité virtuelle sont exposés quelques précieux dessins à la sanguine signés Hubert Robert, qui illustrent la place du Capitole et les palais qui la bordent tels qu’ils étaient au XVIIIe siècle. Des sculptures antiques du Staatliche Kunstsammlungen de Dresde ont été ré-acheminées pour l’événement à Rome. Des portraits de Pompeo Batoni déplient en galerie les visages des papes et des personnalités qui ont contribué à l’affirmation de l’institution comme centre d’élaboration culturelle.

Pour l’occasion, quelques pièces du Palazzo Nuovo sont de nouveau ouvertes et intégrées dans le parcours du musée après plusieurs années de fermeture. Les sculptures conservées dans les réserves des Musées du Capitole et de la Centrale Montemartini sont exposées comme elles l’étaient au XVIIIe siècle dans les palais. Enfin dans la collection permanente du Palazzo Nuovo, un parcours de visite présente trente sculptures à travers le regard de Winckelmann… qui en son temps guida les voyageurs arpentant les rues et les monuments de la ville !

La ville en son siècle alors se soulève, et l’on afflue comme les visiteurs qui ont pénétré pour la première fois les musées du Capitole, devenus en décembre 1733 le premier musée public d’Europe.

C’est le récit des années qui ont vu naître une volonté : promouvoir la « magnificence et la splendeur de Rome » et partager la jouissance de ses biens artistiques. Depuis le XVIIIe siècle, son Trésor de l’Antiquité n’est plus exclusivement aux mains d’un peu de gens, mais une collection visible en un lieu dédié au progrès culturel de la société.

Depuis, la pensée de Winckelmann est toujours une référence pour l’étude de l’art antique.

F.G. Doell, Winckelmann, 1782, Musei Capitolini © Zeno Colantoni

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