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A-t-on découvert une nouvelle œuvre du Greco ?

Agathe Lautréamont 12 janvier 2018

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Dans les couloirs du Musée El Greco de Tolède, il se murmure déjà que l’on aurait peut-être bien mis la main sur une nouvelle peinture du maître. Un collectionneur privé vivant dans cette cité au cœur de l’Espagne a en effet tout récemment accepté de présenter son bien à la presse ainsi qu’au directeur de l’institution culturelle. Des analyses plus poussées doivent cependant encore être effectuées afin d’affirmer ou infirmer la paternité de l’œuvre à l’artiste du XVIe siècle.

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L’oeuvre La Visitation, a été présentée au Musée El Greco de Tolède mercredi 10 janvier

En ce début de mois de janvier, quelques journalistes espagnols ont pu approcher l’œuvre La Visitation, une peinture exécutée pour la chapelle fondée par Isabel de Obella au cœur d’une église de Tolède et que son propriétaire estime être de la main du Greco (vers 1541 – 1614).

Cependant, la pièce d’environ un mètre sur quatre-vingt centimètres n’a pas encore été examinée par des historiens de l’art, qui auront la lourde tâche de définir si cette peinture représentant la visite rendue par Marie, enceinte de Jésus à sa cousine Élisabeth, elle-même enceinte de Jean-Baptiste. Les deux femmes, vêtues d’amples manteaux beige et bleu, s’apprêtent à s’enlacer sur le seuil de la maison d’Élisabeth.

De sérieux doutes

Depuis les célébrations du 400e anniversaire de la mort du Greco (en 2014), les spécialistes de l’œuvre du maître avaient connaissance de cette huile sur toile. Cependant, l’authenticité n’a pas été encore confirmée puisqu’à l’heure actuelle, le propriétaire de l’œuvre n’autorise pas d’enquête approfondie.

L’œuvre en question se trouvait initialement au sein d’une église de Tolède, dont la décoration a été commandée par Isabel de Oballe. On suppose d’ailleurs qu’Isabel se serait fait représenter en Sainte Élisabeth sur cette œuvre dont l’attribution est encore discutée.

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El Greco, L’Enterrement du comte d’Orgaz, 1586-1588

Néanmoins, le mercredi 10 janvier dernier, le musée El Greco de Tolède a choisi d’exposer l’huile sur toile, tandis que le directeur de l’institution, Juan Antonio García Castro, s’est montré quasiment convaincu que la paternité de l’œuvre doit être donnée au peintre d’origine grecque mais installé en Espagne.

Pour le moment, on estime que la pièce aurait été exécutée dans les dernières années de la carrière de l’artiste, après 1608. De plus, on possède encore le contrat en vertu duquel Le Greco s’engage à peindre une Visitation ainsi que trois autres œuvres : un Saint Pierre, un Saint Ildefonse de Tolède et une Immaculée Conception ; toutes à destination de la chapelle d’Isabel de Oballe au sein de l’église San Vicente Mártir. Le document écrit fait également mention du fils du peintre, Jorge Manuel, qui a aidé son père à terminer les œuvres.

Originale ?

Aujourd’hui, l’église a été transformée en un centre d’art polyvalent et les pièces peintes ont quitté les lieux depuis longtemps. À noter qu’il existe une autre version de la Visitation présentée hier au Musée El Greco de Tolède, conservée à Washington, mais l’historienne de l’art María del Mar Doval estime qu’elle serait une copie.

Celle-ci a eu l’occasion d’observer à plusieurs reprises la Visitation possédée par le particulier de Tolède et pour elle, il ne fait pas de doute que la toile est bien de Domínikos Theotokópoulos, dit El Greco. Le tableau est parfaitement conservé, il ne semble pas avoir souffert de ses supposés déplacements, ses couleurs sont éclatantes et la « patte » du maître serait flagrante à plusieurs endroits.

Ainsi, le fait que les tuniques des deux femmes ne soient pas fondues avec le fond de la composition serait caractéristique du style du Greco. De même, le seuil de la maison d’Élisabeth est à peine esquissé alors que sur la version de la Visitation conservée à Washington, les contours de la porte sont bien visibles. Or, selon María del Mar Doval, Le Greco avait tendance à la fin de sa carrière à ne plus détailler les décors et fonds de ses œuvres.

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El Greco, Cardinal Fernando Niño de Guevara, 1600-1601

Il est cependant également possible que cette œuvre ait été conjointement réalisée par Le Greco et son fils, Jorge Manuel. Ainsi, l’historienne de l’art Leticia Ruiz (qui travaille actuellement à l’élaboration d’un catalogue raisonné de l’œuvre du peintre installé en Espagne) souligne que la teinte rouge au-dessus des deux saintes et la boucle d’oreille portée par la vierge Marie seraient plutôt des ajouts réalisés par le fils du célèbre artiste.

De même, la couleur beige de la tunique d’Élisabeth est une teinte très rarement utilisée par Le Greco. Le mystère est donc entier et il faudra attendre des analyses plus approfondies pour peut-être, enfin, mettre un nom sur cette belle peinture.

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