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Un musée du Massachusetts possède-t-il un Léonard de Vinci ?

Agathe Lautréamont 11 janvier 2018

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Dans l’État du Massachusetts, le Worcester Art Museum proposera bientôt l’exposition « Le mystère du Léonard de Worcester » (visible du 10 mars au 3 juin 2018). Et la clé de voûte de ce parcours temporaire sera une unique question : l’œuvre Le miracle de San Donat d’Arezzo attribuée à l’atelier du Verrocchio serait-elle en fait une peinture de… Léonard de Vinci ?

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 Le miracle de San Donat d’Arezzo, vers 1479-1485

Depuis le mois de novembre 2017, un seul nom est sur toutes les lèvres du petit monde de l’Histoire de l’art : Léonard de Vinci. En effet, le maître de la Renaissance est brusquement revenu sur le devant de la scène suite à la vente aux enchères historique orchestrée par la maison Christie’s (le Salvator Mundi, attribué à De Vinci, s’était envolé pour 450 millions de dollars).

Aussi, la question de l’attribution de certaines pièces au génial italien a-t-elle refait surface (car oui, faut-il le rappeler, le Salvator Mundi est uniquement attribué à l’artiste florentin) et le Worcester Art Museum aux États-Unis en a bien évidemment profité pour s’engouffrer dans la brèche.

Interroger

Au printemps 2018, l’institution muséale de l’État du Massachusetts placera la complexe question de l’attribution d’une œuvre d’art à Léonard de Vinci au cœur de son nouveau parcours temporaire. Avec « Le mystère du Léonard de Worcester » (du 10 mars au 3 juin 2018), l’institution proposera que l’on reconsidère l’attribution de la peinture Le miracle de San Donat d’Arezzo (vers 1479-1485), actuellement donné à l’atelier du Verrocchio (vers 1435 – 1488), et que l’on penche plutôt pour une réalisation de la main du florentin Léonard de Vinci.

Portrait de Lorenzo di Credi par Le Pérugin.

Le Pérugin, Portrait de Lorenzo di Credi, vers 1488

« Nous n’avons pas peur des controverses » a tenu à préciser le directeur du musée étasunien, Matthias Waschek. Néanmoins, les experts internationaux se montrent beaucoup plus prudents. Certains jugent l’attribution plausible, d’autres au contraire expriment de sérieux doutes. Dans son exposition temporaire, le musée américain accrochera un autre panneau, L’Annonciation (vers 1475-1478) qui appartient au Musée du Louvre et qui s’avère une variante de L’Annonciation de la Galerie des Offices.

Entré dans les collections du musée français en 1863, la pièce constituait, avec deux autres panneaux, la prédelle d’un retable qui fut commandé à Andréa Verrocchio, le maître de Léonard de Vinci. Or, pour le musée du Massachusetts, aucun doute n’est possible : Le miracle de San Donat d’Arezzo ainsi que L’Annonciation doivent être tous les deux attribués au génie de la Renaissance.

Travail en équipe

AutoportraitNote 1 de Léonard de Vinci réalisé entre 1512 et 1515, 33 × 21,6 cm, bibliothèque royale de Turin.

Léonard de Vinci, Autoportrait, vers 1512

Ces deux panneaux faisaient initialement partie d’un autel de Toscane et des documents conservés montrent qu’Andrea del Verrocchio en reçut la commande vers 1475. Or, Léonard de Vinci et Lorenzo di Credi étaient à cette époque tous les deux membres de l’atelier de l’artiste. Des analyses aux rayons X tendent d’ailleurs à confirmer que deux peintres différents ont travaillé sur Le miracle de San Donat d’Arezzo et des dessins présents sous la couche de peinture trahiraient la participation de Léonard.

En sus, des effets de lumière (en particulier sur les ciels et les rides des personnages) et les paysages correspondent à la touche du maître florentin.  Quant à Laurence Kanter, conservateur en chef de la galerie d’art de l’Université de Yale, il penche pour une attribution à De Vinci depuis au moins deux décennies.

Pour lui, cette lumière si particulière filtrant à travers les doigts du saint ne peut qu’avoir été peinte par le « papa » de La Joconde. Un autre indice ? L’utilisation de la peinture à l’huile pour réaliser cette pièce d’autel. Léonard de Vinci était le seul artiste à utiliser la peinture à l’huile à cette époque, tandis que ses contemporains (Lorenzo di Credi et Verrocchio, donc) utilisaient la peinture « a tempera ».

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L’annonciation, vers 1475 – 1478

Selon Laurence Kanter, aucun doute : le panneau aurait été peint à 85% par Léonard qui, à cette époque, était âgé d’une vingtaine d’années et n’avait pas encore tout à fait peaufiné sa technique.

De tout temps, les historiens de l’art ont peiné à attribuer avec précision les œuvres réalisées au sein de l’atelier du Verrocchio. Redécouverte dans les années 1930, l’œuvre du Worcester Art Museum fut offerte au musée comme un Léonard de Vinci, avant d’être vite rétrogradée par des chercheurs, ceux-ci penchant plutôt pour une attribution à Lorenzo di Credi.

Et si l’exposition du printemps ne parvient pas à mettre un point final à cette histoire, elle aura tout de même le mérite de soulever un point central : on n’a pas suffisamment étudié les liens étroits entre Verrocchio, De Vinci et Di Credi, surtout quand on sait qu’au XVe siècle, les collaborations entre artistes étaient monnaie courante.

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