Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 MIRÓ

03/10/2018 > 04/02/2019

Grand Palais

- PARIS

expo_cercle_2 TADAO ANDO, LE DÉFI

10/10/2018 > 31/12/2018

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_4 ALPHONSE MUCHA

12/09/2018 > 27/01/2019

Musée du Luxembourg - PARIS
expo_cercle_5 JOAN MIRÓ

03/10/2018 > 04/02/2019

Galeries nationales du Grand Palais - PARIS

LA NEWSLETTER

Antoni Clavé, une exposition et un catalogue raisonné

Anne Malary 10 janvier 2018

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Il faut longer les baies souterraines de la BNF afin de découvrir la petite salle où est exposée l’œuvre gravée d’Antoni Clavé. Ce dernier a donné 92 estampes à la Bibliothèque. 92 d’une production qui compte 550 estampes et des centaines d’illustrations. Les éditions Skira viennent de publier le catalogue de ces œuvres rares… La belle occasion parallèle de connaître – ou reconnaître – cet artiste singulier, « Espagnol pour les Français, Français pour les Espagnols. »

Antoni Clavé, Instrument étrange II, 1980, Eau-forte, carborundum en couleurs et gaufrage, BnF, Estampes et photographie © ADAGP, Paris, 2017 – photo : Marc Domage/Julie Barrau

Poésie française-catalane

Natif de Barcelone, Clavé effectue toute sa carrière en France. Il rencontre Picasso en 1944, cela détermine sa vie et son œuvre. On se souvient peu aujourd’hui de cet artiste qui charma d’abord les yeux des amateurs avec des lithographies à l’attrait narratif.

On découvre dans le catalogue ces premiers papiers réalisés durant la guerre d’Espagne, dessins de guerre, soldats et clowns sur de mêmes nuages rouges.

Puis on arrive bientôt, dans les années 1940, à Paris, rue Fleury, Mouffetard, Parc Monceau en noir. On croit à ces coins de ruelles, ces tableaux dans la rue, on croise des marchands fumant la pipe et les filles devant les vitrines, au cirque, à la foire… Clavé agence Paris ! Dans le Restaurant breton, une femme se penche sur une nappe à carreaux comme sur un Vuillard, savoureuse vision.

Et plus loin c’est presque Guernica en jaune, rose et brun, c’est la Corrida qui côtoie le cirque, un centaure, des musiciens à la mandoline… c’est le carnaval de Clavé.

Avec le crayon lithographique, il dessine sur une pierre comme sur une feuille de papier. Le premier graphisme est de facture classique et glisse comme le déroulement d’un récit, déployant une iconographie espagnole ou parisienne. Il se souvient de la manière catalane et des prouesses de composition des Nabis en France à la fin du XIXe siècle.

Dans l’exposition figure l’ouvrage Gargantua, publié en 1955. À l’intérieur, des pattes dépassent des paragraphes, des lettrines forment des vitraux en violet, en vert et en grisaille. Ce livre renouvelle aussi l’iconographie des rois, des reines et des guerriers, qui fait bientôt la gloire d’Antoni Clavé.

Antoni Clavé, El Caballero de … , 1965, Lithographie en couleurs, BnF, Estampes et photographie © ADAGP, Paris, 2017 – photo : Marc Domage/Julie Barrau

Impressions de motifs et symphonies de paysages

Sur les pages et sur les murs, ce sont des monarques couronnés, assis de profil ou de face, des compositions inspirées par le collage. Ces papiers ensemble fixés et agencés comme des courbes et des cubes, modernisent le sujet et permettent à Clavé de dépasser la figuration.

Les natures mortes comme les roitelets ont des allures de totems. Rouge, noir, ocre, motifs arabesques, papier peint et bouteille verte, sont des icônes figées, gaufrées, comme des abstractions colorées.

Mais cela va toujours avec le souvenir et l’hommage. Hommage à Goya quand Clavé fait surgir des silhouettes blanches du noir, au Greco dans les poses et la manière sombre qui cisaille des lignes.

Et s’il semble de moins en moins apparent, c’est que cet hommage s’adresse en cours de route à la musique et se trouve dans le titre, comme l’Hommage à Grieg avec des G majuscules flottant entre les formes.

Ces dernières sont des instruments, des ustensiles communs et inutiles. Du papier peint, des moules à gâteau, un gant… étoffent le dictionnaire iconographique de Clavé fait d’empreintes et d’objets collés. Dans la série des Instruments étranges, on découvre de larges planches de bois couvertes de punaises, d’agrafes, de fils de nylon et d’aluminium… des instruments à cordes et à vent imaginés par un artiste décorateur, qui a construit des cadres pour Bizet, Mozart, Verdi, Boulez…

Il y a encore le motif typographique. Pour La Gloire des Rois de Saint John Perse, Antoni Clavé répète les lettres et décline l’annonce « C’est du Roi que je parle », qui entre dans la dimension plastique.

Les compositions gravées font des figures qui portent des noms de matières : En papier froissé, en eau forte et gravure, imite son titre et ressemble à l’empreinte d’un fantôme. Et la matière devient même un paysage métallique pour illustrer les Poèmes pour après de Pierre Seghers :

Le soleil ne décline pas, ne se couche pas. Il bascule sur une frange quotidienne, sous la frise d’un opéra tandis que dans la termitière

Mille frontons de feu fabulent d’un final qui n’en finit pas.

Antoni Clavé, Fruits et verre, 1969, Eau-forte et carborundum en couleurs, BnF, Estampes et photographie © ADAGP, Paris, 2017 – photo : Marc Domage/Julie Barrau

Défier la matière plane

Ce que l’on repère sur les murs, on s’en délecte plus encore au fil des planches imprimées dans le catalogue raisonné. Les cernes du bois, les encres éclaboussées, les ronds colorés… Ce sont ces inventions radicales qui ont contribué à l’essor de l’atelier d’Antoni Clavé, fréquenté notamment par Zao Wou-Ki ou Jean Dubuffet.

L’artiste joue sans cesse avec les matières. Quand il s’agit de lithographie, il recourt à plusieurs pierres afin de créer différents niveaux de composition. Et au fil des expériences, il dissocie la couleur du dessin, associe les fonds et les formes.

Avec la taille-douce, la technique du gaufrage et du vernis mou puis la gravure au carborundum, Antoni Clavé épaissit ses compositions. Ses gravures sont des reliefs, sont ajouts et non creusements de matière. Et les possibilités sont illimitées ; Clavé module même au pinceau le grammage des grains sur les surfaces denses !

C’est dans les années 1960 que se produit ce tournant. L’artiste installe alors un atelier dédié uniquement à l’estampe à Saint-Tropez. La liberté technique se situe pour lui dans le Midi.

En sculpteur il cherche le toucher, la surface tactile, et en peintre la couleur ignorant la planéité de la toile. Et toujours, Clavé agit en peintre en bâtiment – sa première formation – qui fait « du faux bois, du faux marbre », des collages et des astuces de métier.

Il y a dans l’exposition deux plaques originales de gravure. Ces matrices, Antoni Clavé les avait encadrées et signées ; elles ont d’ailleurs été exposées au Centre Pompidou. Le processus et les points de suture font œuvre achevée !

Antoni Clavé, Mlle Marguerite, 1975, Carborundum en couleurs et gaufrage, BnF, Estampes et photographie © ADAGP, Paris, 2017

ANTONI CLAVÉ. ESTAMPES

09/01/2018 > 25/02/2018

BnF - Bibliothèque nationale de France – site François-Mitterrand

PARIS

Antoni Clavé fait partie des peintres graveurs du XXe siècle qui, comme Pablo Picasso, Joan Miró, ont trouvé dans la gravure une pratiqu...

Exposition terminée
PRESSE
MEMBRES

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE