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À l’aube du japonisme : lumière sur des liens franco-japonais naissants

Agathe Lautréamont 20 décembre 2017

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Nous vous en avions parlé il y a quelques semaines sur exponaute : l’été 2018 en Île-de-France sera placé sous le signe rouge et circulaire du Japon ! C’est en effet en cette période de l’année que battra son plein la saison culturelle « Japonismes », organisée en étroit partenariat entre la France et l’archipel asiatique. Et en guise de prélude à cette série d’événements, la Maison de la Culture du Japon propose jusqu’au 20 janvier prochain la belle exposition « À l’aube du japonisme »…

Utagawa Yorimitsu rencontrant Kintoki au mont Ashigarayama, 1858 Bibliothèque municipale de Rouen

Yoshitsuya Utagawa, Yorimitsu rencontrant Kintoki au mont Ashigarayama, 1858 © Bibliothèque municipale de Rouen

Photographies anciennes délicieusement jaunies par le temps, plateaux de bois délicatement nacré baignés par une lumière douce, vases de bois ornés de motifs floraux délicats, jattes aux couleurs éclatantes… Que peuvent bien avoir en commun ces objets disparates ? D’avoir été découverts, au milieu du XIXe siècle, par un Occident ébahis et ignorant des approches artistiques du Japon.

Bienvenue au sein du nouveau parcours temporaires de la Maison de la Culture du Japon : « À l’aube du japonisme : premiers contacts entre la France et le Japon au XIXe siècle », où le public aura l’occasion de se délecter de nombreux objets présentés pour la toute première fois au grand public. Ce parcours d’une grande beauté se propose de retracer l’histoire de l’ouverture de l’Empire du soleil levant à l’Occident, via la présentation de pièces témoignant d’une rencontre fructueuse entre deux cultures qui ne se connaissaient pas jusqu’alors.

Peinture d'une lanterne à Kabayachô, XIXe siècle, BNF

Peinture d’une lanterne à Kabayachô, XIXe siècle © BNF

En 1858, la France signait avec le Japon un traité commercial, un des nombreux traités que l’archipel a été obligé de signer sous la pression des canons américain et néerlandais braqués en direction des baies nippones. Ainsi commençait pour le Japon une nouvelle ère, après avoir passé près de deux siècles dans une quasi-autarcie (tout au long de la période Edo).

Pour l’archipel comme pour l’Occident, les décennies à suivre allaient se teinter de découvertes, de surprises et d’expériences multiples. Une galerie de photographies prises par le fameux Nadar et son atelier témoignent du passage de plusieurs émissaires venus du Japon jusqu’à Paris, pour plaider la cause de leur nation.

Non loin de cette galerie de visages, qui surent marquer les esprits par leur langue complexe et leurs tenues traditionnelles, on retrouve des manuscrits, des maquettes, des pièces de céramique mais aussi des peintures. En tout et tout pour tout, c’est une sélection de plus de cent œuvres et objets d’arts décoratifs qui ont été soigneusement rassemblés par la commissaire de l’exposition, Geneviève Lacambre ; dans l’optique d’illustrer au mieux cette soudaine rencontre entre deux pays, deux mondes, diamétralement opposés.

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Netsuke signé Monkoku © Musée d’art et d’histoire de La Rochelle

Il faut néanmoins souligner qu’un pays européen fait exception en matière de liens tissés avec le Japon : les Pays-Bas. Les premiers objets issus des terres japonaises ont en effet atteint le continent européen dès le début du XVIIe siècle grâce aux commerçants chinois mais avant tout et surtout néerlandais.

Ces derniers se sont établis sur les îles nippones dès 1609, commerçant avec les autorités japonaises bien qu’il leur soit interdit de chercher à répandre leur religion et d’apprendre à parler japonais. De leurs côtés, les japonais peuvent parler néerlandais, afin d’exercer une surveillance plus étroite des commerçants.

C’est une des trouvailles intéressantes de l’exposition de la Maison de la Culture du Japon : proposer un parcours séparé en deux temps, c’est-à-dire avant et après la signature du fameux traité commercial entre la France et le pays asiatique. Avec comme point d’orgue : l’Exposition Universelle de 1867, dont l’Empire du soleil levant était l’invité d’honneur.

Nécessaire à pique nique, Musée d'art et d'histoire de la Rochelle

Nécessaire à pique nique © Musée d’art et d’histoire de la Rochelle

Bien évidemment, on ne peut pas encore parler de japonisme à cette époque, courant culturel et artistique qui ne soufflera en France qu’à la seconde moitié du XIXe siècle. Tout l’intérêt de ce riche parcours est de présenter de quelle façon ce japonisme a pu naître chez nous, grâce à des influences visuelles nouvelles. De rares estampes, des manuscrits, des peintures colorées apportèrent tant d’innovation et de codes esthétiques inconnus que cette découverte fit souffler un vent nouveau sur l’art européen.  Le parcours est donc absolument passionnant, et vous avez encore un mois pour le visiter !

À L'AUBE DU JAPONISME

21/11/2017 > 20/01/2018

Maison de la culture du Japon à Paris (MCJP)

PARIS

Pour son 20 e anniversaire, la MCJP évoque les premiers rapports du Japon avec la France au XIXe siècle à l’aube du japonisme à trave...

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