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À Londres, un concours pour (enfin ?) valoriser les femmes photographes

Agathe Lautréamont 11 décembre 2017

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À l’heure où l’on parle de plus en plus d’égalité des droits, de féminisme et de sexisme dans nos sociétés contemporaines, il semblerait que les initiatives artistiques en lien avec la femme se développent de plus en plus. Alors ces dames, invisibles dans le monde de la culture ? Dernière illustration en date pour lutter contre cette tendance lourde : le concours lancé par l’agence Picfair. Seules les femmes photographes pouvaient proposer leurs images.

Common Cranes early morning by Julia’s Images, UK

Grues cendrées au petit matin par Julia Images, Royaume-Uni

Il y a maintenant quatre semaines, l’agence britannique Picfair, spécialisée dans l’image, se donnait pour mission d’organiser un vaste concours international de photographie. Quatre thèmes ont été retenus pour la compétition : portrait, architecture, photo de rue et nature. Jusqu’ici, une organisation somme toute classique qui ne diffère pas particulièrement de nombre d’autres concours axés sur l’image.

Seule différence, et non des moindres : le concours organisé par Picfair, intitulé « Women Behind the Lens » était, comme son nom l’indique (on pourrait le traduire par « Les femmes derrière l’objectif ») réservé exclusivement aux femmes photographes ! Des femmes amatrices ou professionnelles, jeunes ou moins jeunes, débutantes ou expertes.

Back to School by Emma Williams, UK

Rentrée des classes par Emma Williams, Royaume-Uni

Quatre mille participantes

Depuis l’annonce de l’ouverture du concours, il y a maintenant un mois, l’agence Picfair a reçu des participations émanant des quatre coins du globe ! En tout et pour tout, ce sont quatre mille images qui ont été soumises au jury par des femmes artistes issues de quarante pays différents. On devine à quel point le choix des pré-sélectionnées fut un casse-tête pour le jury, tant la qualité était au rendez-vous.

Mais il fallait bien faire un choix : pour chaque catégorie, cinq images ont été retenues. Alors bien sûr, des photographes professionnelles figurent parmi les sélectionnées, mais soucieux d’assurer une visibilité à toutes les franges de la population, Picfair a également retenu des clichés pris par des photographes amatrices exerçant des métiers souvent bien éloignés du monde de l’image : médecin, architecte d’intérieur, archéologue…

Back to School by Emma Williams, UK

Le chien du fermier par Anna Lindberg, Suède

Couvrez ces femmes…

Une belle leçon d’ouverture et de curiosité ! Et évidemment, qui dit présélection, dit exposition des images gagnantes. Les clichés tirés en grand format sont actuellement exposés au sein des locaux du journal britannique The Guardian, dans une présentation visible jusqu’au 11 janvier prochain, date à laquelle la grande gagnante de chaque catégorie sera officiellement annoncée.

Mais au-delà de l’évidente qualité des images sélectionnées par le jury et la bonne idée que représente ce concours, il y a là un véritable sujet de fond. Avec le concours « Women Behind the Lens », l’agence Picfair espère bien tirer la sonnette d’alarme et appeler à plus de visibilité pour ces femmes talentueuses qui pratiquent un art dans lequel elles sont très largement sous-représentées.

On trouve seulement 2% de femmes photographes dans les grandes agences (type Magnum, AFP, Reuters…), et pour une femme photographe travaillant en tant qu’ambassadrice pour une célèbre marque d’appareil photo (Nikon, Canon, Sony… pour ne pas les nommer), on trouve six hommes.

Shokhan by Lynn Fraser, UK

Shokhan par Lynn Fraser, Royaume-Uni

Phallocratie

En septembre 2017, la marque Nikon avait lancé sur le marché un nouveau boîtier numérique : le Nikon D850. Cette sortie avait été annoncée en fanfare par la marque avec, à l’appui, l’expertise de pas moins de trente-deux photographes professionnels (ambassadeurs Nikon), dont le « trombinoscope » avait été publié par le fabricant japonais.

Gros (très gros) hic : les trente-deux photographes en question étaient tous… des hommes. Rien d’étonnant, pourra-t-on souligner avec ironie, de la part d’un fabricant qui ne compte que 10.6% d’employés femmes et que 4.7% de femmes cadres. Alors, au-delà de Nikon, le monde de la photographie est-il phallocrate ?

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Le « trombinoscope » des ambassadeurs Nikon © Nikon Asia

Gros engins

Il suffit de fréquenter un tant soit peu le monde de la photographie, de se promener dans les allées du Salon de la Photo de Paris (on se demandera toujours pourquoi autant de photographes hommes se sentent obligés d’y dégainer leur plus gros, leur plus long téléobjectif 600mm pour piétiner dans les allées bondées de ce type de salon…), d’entrer dans un club ou de participer à des concours pour le remarquer : l’univers de la photo est résolument masculin, pour ne pas dire misogyne.

Ignorées, discriminées, essuyant des remarques sexistes ou étant la cible privilégiée d’agressions dans le cadre de reportages d’actualité… il ne fait pas bon de tenir un appareil photo et d’être doté de chromosomes XX. Qu’elles travaillent dans le milieu de la mode, et on leur dira qu’elles ne savent pas gérer un flash-cobra. Qu’elles soient reporter de guerre, et on leur dira que couvrir un conflit au Moyen-Orient est très dangereux pour une femme. Qu’elles soient photographe animalier, et on leur expliquera que partir seule en forêt tard le soir est de l’inconscience.

Femme d’abord, photographe ensuite. D’autant qu’un objectif (a fortiori un télé-objectif) a hélas quelque chose de terriblement… phallique. Fort heureusement, les mentalités évoluent, le métier (et toutes ses branches très diverses) se féminise de plus en plus. Mais lentement.

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