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À Bruxelles la joaillerie Wolfers Frères brille comme autrefois dans son écrin Horta

Anne Malary 6 décembre 2017

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Il y a 105 ans était inaugurée la joaillerie Wolfers Frères rue d’Arenberg à Bruxelles. Au début des années 1970, elle a déménagé, et plus tard le bâtiment a été vendu à la Kreditbank. Mais tout le mobilier Art Nouveau dessiné par Victor Horta a été cédé au musée du Cinquantenaire. Aujourd’hui ce dernier fait de nouveau briller la mythique enseigne dans sa configuration originelle !

 L’intérieur de la boutique de joaillerie Wolfers Frères dans une des salles du Cinquantenaire © MRAH Coll. Fondation Roi Baudouin

Les témoins d’une histoire…

Le musée du Cinquantenaire conservait depuis quelques décennies le mobilier du magasin Wolfers, mais il ne le présentait que de manière partielle et provisoire. L’ensemble a été réuni et complété par des éléments jusqu’ici confinés dans les réserves.

Il est aujourd’hui dans un lieu idéal : une salle de forme et de superficie similaires à celles de l’espace imaginé jadis par Victor Horta. Rouge acajou de Cuba, velours vert foncé et patines en bronze, quincaillerie dorée luisant sur les murs tendus de soie violette, harmonie des tons et des matières, fabuleuse argenterie et précieuse bijouterie… Luxe partout.

Bruxelles – Musée du Cinquantenaire – salle Wolfers © Brussel – Jubelmuseum – Wolferszaal

Pour restaurer l’architecture originelle, l’équipe s’est basée sur un reportage photographique réalisé par l’Institut royal du Patrimoine Artistique dans les années 1970, et sur le témoignage de la petite-fille de Philippe Wolfers.

Une restauration à l’envergure de la joaillerie qu’elle encadre : les bijoux créés par Philippe Wolfers, acquis par les Musées royaux de Belgique. Parmi ces pièces, des peignes à cheveux, tiares, bracelets, boucles de ceinture et broches qui contiennent moins de pierres précieuses que d’heures passées à réaliser un travail ultra-fin ! L’exposition présente en regard leurs croquis.

Le visiteur d’aujourd’hui peut pénétrer les lieux et parcourir des yeux la joaillerie, qu’autrefois certains privilégiés seulement admiraient après avoir poussé les portes de l’entrée ; même ces dernières sont toujours les mêmes….

© KMKG-MRAH/Raoul Pessemier

…d’architecture, d’artisanat d’art

C’est l’exposition « Horta & Wolfers » qui donne à voir et pratiquer ce chef-d’œuvre de l’Art nouveau belge jusqu’au 31 décembre 2018.

Elle restitue deux parts du patrimoine de design belge. D’abord, l’histoire d’une maison de joaillerie d’exception qui représente l’un des plus anciens orfèvres de l’Europe. Et d’autre part, celle de l’illustre architecte Art Nouveau Victor Horta.

La maison Wolfers a connu sa renommée à la fin du XIXe siècle, lorsqu’Albert, le neveu du fondateur Louis Wolfers, a rejoint l’affaire familiale qui disposait d’une boutique dans la galerie de la Reine.

© Fondation Roi Baudouin

Albert rentre alors des États-Unis. Inspiré par le modèle entrepreneurial qu’il y a observé, il structure l’organisation de la Maison Wolfers : à chaque membre est confié un champ de responsabilités. La création est gérée par Philippe, Max est en communication, et Robert s’occupe d’acquérir les machines… Albert, lui, gouverne l’ensemble. Cela réussit à la société qui est rebaptisée Wolfers Frères ! Elle s’affirme en Belgique comme à l’étranger, et son image de luxe rayonne avec lustre…

Au début des années 1900, la Maison est encore présente non loin des galeries royales Saint-Hubert. Mais des projets de construction la contraignent à l’expropriation. Pour faire le choix d’un nouvel emplacement, la famille s’adapte à sa clientèle. Ce sont de riches propriétaires du haut de la ville, et ces dames sont habituées aux Galeries royales.

© KMKG-MRAH/Raoul Pessemier

Ils installent donc l’affaire rue d’Arenberg : un magasin au rez-de-chaussée, des ateliers, des bureaux et des salons réservés à la clientèle aux étages. Un lieu à l’échelle de l’envergure de la maison justifie bien l’appel à un architecte déjà majeur : Victor Horta. Philippe Wolfers lui impose des éléments de la conception… l’architecte s’exécute, mais en contrepartie il refuse de signer les plans intérieurs !

Cependant les habitudes bourgeoises changent peu à peu, le visage du centre de Bruxelles également… et en 1973, Wolfers doit déménager de nouveau. La Kredietbank rachète le bâtiment et les héritiers de la maison lèguent le mobilier et la collection aux Musées Royaux d’Art et d’Histoire. Il s’agit aujourd’hui de l’unique boutique conçue par Horta qui ait résisté au temps… Et si les pièces de joaillerie ne resteront pas au musée, le magasin lui ne sera pas démonté.

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