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Le musée Fragonard à Paris, cuivres alambics et conférences olfactives

Anne Malary 4 décembre 2017

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Il est niché non loin de l’Opéra Garnier, et expose une essence qui est aussi un objet : le parfum. Il le décline en un parcours didactique, contemplatif et sensitif. Car toutes les étapes par lesquelles passe une fragrance avant de parvenir à notre nez s’illustrent en musée : le choix des matières premières, l’extraction, la distillation, la formulation, le flaconnage, la création… 

L’entrée du musée du Parfum Fragonard © Paris Info

Une collection muséale

Le parfum est-il un art ? A-t-il des objets d’art ? Il y a, à l’évidence, une collection historique qui prouve par l’objet le plus concret que l’esthétique du parfum est artistique. Des pots à khôls, brûle-parfums, coffrets de voyage, flacons à sel, flacons précieux de l’Égypte ancienne au XXe siècle. Une collection née de la passion de Jean-François Costa dans les années 1950, et qui s’étoffe encore aujourd’hui par l’action de ses descendantes.

Mais le bâtiment qui se trouve square de l’Opéra-Louis Jouvet est déjà à lui seul un patrimoine architectural comme une surprise au creux d’une impasse. Il était au XIXe siècle l’Eden Théâtre, construit dans le style orientaliste. Après avoir abrité des ballets féériques, il est métamorphosé en… manège vélocipédique ! À la fin du siècle, Haussmann s’impose et le négociant en meuble Maple & Co s’installe dans le nouvel ensemble immobilier jusqu’en 2014. Alors, la Maison Fragonard investit les lieux.

Cabinet des curiosités © Musée du Parfum Fragonard – Benjamin Chelly

Ces derniers sont alambiqués comme un petit labyrinthe de curiosités. S’y exposent en vitrine les objets de l’histoire du laboratoire de parfumerie : bocaux, cartes géographiques, planches de botanique… Et tout cela entre dans notre réalité par les sens : une carte interactive permet de faire un voyage olfactif autour des cinq continents avec pour escales quelques fleurs à parfum, de la bergamote italienne au santal d’Australie.

Puis, quand on pénètre dans la salle des alambics, on croit s’infiltrer en catimini dans une usine du début du XXe siècle. Les alambics, les photos et films d’archive restituent dans les lieux les gestes de l’artisanat : cultiver et cueillir, choisir, mélanger, embouteiller.

Salle de fabrication © Musée du Parfum Fragonard – Benjamin Chelly

Et puis le musée semble garder la mémoire du bâtiment qu’il habite, puisqu’il propose une mise en scène et un jeu d’olfaction. Voici un musée sensoriel, qui programme aussi, outre des visites gratuites et guidées, des conférences olfactives…

Des conférences olfactives

Le parfum – serait-ce une surprise ? – est un medium qui se respire et inspire plusieurs disciplines : art, science, archéologie, sens et image, marketing… ont tous affaire à ses effluves. C’est pourquoi depuis leur création il y a un an, les conférences olfactives du musée Fragonard attirent des publics d’horizons variés.

Des spécialistes viennent y parler des thèmes et des parfums qu’ils découvrent pour leur auditoire. Car il s’agit chaque fois de sentir, parfois de deviner l’essence ! Ainsi il arrive qu’un professionnel découvre même des arômes de sa collection personnelle, olfactivement préservés depuis des décennies.

Orgue de parfumeur © Musée du Parfum Fragonard – Benjamin Chelly

Une collection comme celle d’un amateur d’art, car la parfumerie serait devenue un artisanat d’art à partir du XXe siècle. On parcourt son histoire depuis, entre extraits de parfum, eau de Cologne et eau de parfum, de la forme la plus concentrée à la plus légère, de la forme originale à toutes ses recompositions.

On les sent comme on les goûte. Note de cœur qui s’évapore, note de tête plus florale, et celle de fond, fixe sur la peau. Ambre et musc, patchouli. Cumin et prune confite, chaleur, peau moite, fond chypré, exhalaison de terre et de bois.

La collection de flacons © Musée du Parfum Fragonard – Benjamin Chelly

Il y a des histoires et des péripéties, des romances aussi. Edmond Roudnitska qui créa Le Parfum de Thérèse pour son épouse. Des parfums d’après-guerre réalisés pour tourner la page après de sombres années, comme Farnesiana par Caron : parfum rieur et doux, rond, amande et vanille, mimosa soliflore en fleurs au sortir de l’hiver.

Un jeudi par mois, on s’évapore un peu plus d’une heure au gré de la programmation de ces conférences : pour la découvrir, rendez-vous sur le site du musée.

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