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L’exil des impressionnistes français en Angleterre, à la Tate Britain

Agathe Lautréamont 28 novembre 2017

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Adieu Paris, adieu la Seine, adieu la campagne tranquille francilienne ! En 1870, le peuple français patriote crie à la guerre, brûle d’en découdre avec l’ennemi Prussien. On connaît la suite : la Prusse victorieuse, la France honteuse. Les artistes ont alors jugé plus prudent de filer à l’anglaise. Littéralement. La Tate Britain de Londres revient sur cet exil forcé des artistes français tandis que la capitale saignait des obus venus de l’est. Un parcours enrichissant, plein de surprises et qui recèle une poignée de trésors…

Houses of Parliament, Sunlight Effect

Claude Monet, Parlement, effet de lumière, 1903

Dans la nouvelle exposition temporaire de la Tate Britain de Londres : « Les Impressionnistes à Londres, les artistes français en exil », tout commence par un événement historique. La guerre franco-prussienne, qui se solda par une lourde défaite de la France, marque le commencement du parcours. Nous sommes en 1870, mais les différentes œuvres d’art exposées nous transporteront bien plus loin dans le temps, à savoir jusqu’en 1904, preuve de l’attractivité d’Albion en-dehors des terribles remous de l’Histoire de l’Europe.

Charles-François Daubigny, Claude Monet, Camille Pissarro, Alfred Sisley, Jean-Baptiste Carpeaux… Tous ont posé le pied en Angleterre, pour des raisons qui leur étaient propres. Le tout jeune Claude Monet cherchait à s’éloigner du bruit et de la fureur, Alfred Sisley avait retrouvé son atelier des Yvelines dévasté par les obus prussiens. D’autres ne perdirent pas pour autant le nord malgré leur voyage en direction de l’ouest, et en profitèrent pour chercher de nouveaux mécènes et clients au sein de la très chic Londres.

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James Tissot, Bal sur le pont du bateau, 1874

Chic est le terme qui s’impose d’emblée à notre esprit quand on jette un œil sur les œuvres de James Tissot (1836-1902). Bien que né à Nantes en Bretagne, Tissot passa une longue partie de sa carrière en Grande-Bretagne, où son style pictural fut tout particulièrement apprécié des acheteurs anglais. L’artiste n’aimait rien de moins que se glisser parmi la haute-société londonienne, croquant les mœurs de cette classe sociale, saisissant les tics et gestuelles de ces hommes et femmes fortunés évoluant dans un univers de paraître et de conventions.

Tant et si bien que de nombreux critiques de l’époque rapprochèrent son travail de la romancière Jane Austen qui elle aussi, fit preuve d’un regard vif, sans concession et rempli d’humour. Choc des cultures ? Peut-être bien, quand on admire les œuvres d’un Camille Pissarro qui saisit sur son chevalet les promenades des élégantes anglaises dans les parcs mais aussi les jeux des habitants d’Albion directement sur les pelouses publiques ! Mais d’un côté comme de l’autre de la Manche, la frivolité savait dominer durant les temps éloignés des troubles. Une frivolité d’ailleurs, qui a beaucoup nourri l’imaginaire des peintres français.

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Camille Pissarro, Pont de Charing Cross, 1890

Une partie intéressante de l’exposition se consacre au grand sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux. L’artiste, maître du mouvement, du marbre fait cher et des expressions faciales criantes de vérité, s’était initialement exilé à Londres dans le but de suivre son grand mécène, et non des moindres : l’empereur Napoléon III en personne. Le neveu de Napoléon Bonaparte a en effet été contraint de fuir en Angleterre suite à la guerre franco-prussienne.

C’est d’ailleurs sur l’île que l’empereur déchu mourut, en 1973 à l’âge de soixante-cinq ans. Au-delà de Carpeaux et de quelques-unes de ses merveilleuses sculptures, la question du mécénat est évidemment abondamment discutée dans le cheminement muséal. Ainsi Claude Monet a-t-il reçu l’aide de Daubigny. Jean-Baptiste Faure fut également un acteur important dans le soutien des artistes et il acheta plusieurs œuvres à Alfred Sisley.

Quant au fameux marchand d’art Paul Durand-Ruel, qui a tant œuvré pour la reconnaissance des Impressionnistes et des Modernes, nous le croisons évidemment aussi dans le parcours de la Tate Britain. Il ne faut en effet pas oublier que c’est à Londres que le marchand rencontra pour la première fois Monet et Pissarro. Au cours de sa vie, Durand-Ruel acheta pas moins de cinq mille œuvres impressionnistes !

Houses of Parliament 1903 Chicago

Claude Monet, Parlement britannique, 1900-1901

Enfin, comment ne pas conclure en vous parlant de la dernière étape du parcours temporaire, consacré aux visions de la Tamise par les peintres. L’ombre de Claude Monet se fait bien évidemment écrasante, puisque le musée britannique est parvenu à réunir un nombre impressionnant des vues de la Tamise peintes par l’impressionniste. Flou sentimental, couleurs éblouissantes, pastels délicats, touches dansantes pour un fleuve mouvant qui prend feu sous les rayons du soleil. On ne se lassera probablement jamais de cette série de toiles emblématiques, et l’institution de Londres l’a bien compris…

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