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Ai Weiwei investit cinq musées de Lausanne !

Agathe Lautréamont 22 novembre 2017

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Est-il encore besoin de présenter l’artiste contemporain Ai Weiwei, célèbre pour son opposition au régime de son pays d’origine, la Chine, mais aussi pour ses fermes prises de position en faveur de la liberté d’expression et du soutien aux plus démunis ? Jusqu’au mois de janvier 2018, l’artiste a été invité par la ville de Lausanne, en Suisse, à investir pas moins de cinq musées dans toute la ville ! Aperçu des installations proposées…

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Ai Weiwei, 2017, Lausanne © Christian Merz

Il fallait bien un peu de démesure pour présenter le travail d’Ai Weiwei. Fort de plusieurs décennies de création où dominent toujours la liberté et l’audace, le dissident chinois a donc investi pas moins de cinq institutions culturelles différentes, toutes réunies au sein du Palais de Rumine, à Lausanne.

Que ce soit des autoportraits en noir et blanc, des sculptures ou des installations, on trouve en tout et pour tout une quarantaine d’œuvres signées du créateur né en 1957 à travers le dédale de salles et couloirs de l’impressionnant Palais en plein cœur de Lausanne. Si on veut s’imprégner de l’univers de l’artiste, il faudra donc visiter avec attention le Musée Cantonal des Beaux-Arts, les musées d’Archéologie et d’Histoire, de Zoologie, de Géologie et enfin, la Bibliothèque Universitaire.

Cette série d’installations a tout l’air d’une véritable rétrospective pour le dissident chinois, et trouve son origine dans une proposition émanant du directeur du Musée Cantonal des Beaux-Arts, Bernard Fibicher. Celui-ci est en effet un ami très proche d’Ai Weiwei, une amitié de longue date puisque c’est Fibicher qui avait offert à Ai sa première exposition individuelle en Europe. C’était à Berne, en 2005.

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Ai Weiwei, 2017, Lausanne © Christian Merz

Les autres

Aujourd’hui, l’artiste revient donc en force, avec un riche parcours intitulé « D’ailleurs, c’est toujours les autres », un titre volontiers provocateur mais qui a le mérite d’annoncer la couleur, dans la droite lignée de ce qu’a toujours produit Ai Weiwei en matière d’art contemporain, familier des coups d’éclat. Car le dissident chinois le revendique haut et fort : il n’aime pas la corruption, il pourfend l’hypocrisie et désire aider son prochain, autant que faire se peut.

Rien de surprenant à trouver un tel discours dans la bouche du fils du poète Ai Qing (1910-1996), qui fut un membre actif du Parti Communiste chinois avant d’être excommunié par ce dernier. Le parti unique ayant jugé les prises de position de l’intellectuel trop critique envers la politique chinoise, celui-ci envoya Ai Qing et toute sa famille dans un camp de redressement, perdu dans le désert de Gobi.

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Ai Weiwei, 2017, Lausanne © Christian Merz

Lutter

Au moment d’inaugurer son exposition au mois de septembre dernier, le créateur avait déclaré :

« En Chine, la censure est très forte et elle empoisonne l’art. Car l’art, c’est précisément une question de liberté, de courage, de volonté de briser les frontières et les limites pour créer quelque chose de nouveau. »

Une déclaration en forme de manifeste, dirons certains observateurs et ses installations en Suisse ne disent pas autre chose. Au sol, des tapis entiers composés de fleurs encore en bouton fabriqués en… porcelaine. C’est là une référence à l’uniformisation de la création artistique voulue par le régime de Pékin, mais aussi un clin d’œil tragique à la campagne des Cent Fleurs initiée par Mao Zedong, en 1957, qui fut suivie d’une brutale répression.

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Ai Weiwei, 2017, Lausanne © Christian Merz

Hommages et espoirs

Au mur, des réinterprétations du maître du Pop Art Andy Warhol, hommage et amusement tout dans le même temps. On retrouve aussi des photographies de son installation en forme de cage dorée qu’il avait présentée à deux pas de la Trump Tower, aux États-Unis d’Amérique. Parmi les vitrines du Musée de Zoologie, Ai Weiwei a accroché un dragon aux couleurs éclatantes. Sur le corps du reptile imaginaire, on peut décrypter des citations du lanceur d’alerte exilé en Russie Edward Snowden.

Si elles peuvent parfois apparaître comme très provocantes, les œuvres d’Ai Weiwei ne sont jamais gratuites mais au contraire, portent toujours en elles un message percutant. Il entend faire le pont entre le passé et le futur, tempête contre la reproduction des erreurs des siècles derniers et, pour provoquer des prises de conscience, n’hésite pas à choquer. Son événement de Lausanne ne saurait donc laisser indifférent.

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