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À la Fondation Miró, une Mésopotamie moderne bat !

Anne Malary 22 novembre 2017

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Il y a un an, le Louvre-Lens rappelait que l’histoire naissait en Mésopotamie. Aujourd’hui, les journaux et les musées nous sensibilisent au patrimoine de cette terre et civilisation en danger. Si là où tout a commencé tout s’effondre sous la barbarie, l’objet de l’extinction étincelait au XXe siècle dans l’œil des artistes modernes. C’est cette lueur que prolonge la fondation Miró à Barcelone en ce moment. L’exposition « Sumer et le paradigme moderne » vient de commencer…  

Taureaux androcéphales ailés, Assyrie, Iraq, Epoque néo-assyrienne, musée du Louvre © CpaKmoi – Flickr

Fascinantes figures d’énigmes…

Vous êtes-vous déjà promenés entre les colossaux taureaux ailés à tête humaine du Louvre ? Gardiens des palais de Khorsabad, protecteurs de la cité aux portes des enceintes, ils mesurent encore plus de 4 mètres de haut sur 4 mètres de large, et leur haut relief fascine toujours notre regard. Ils semblent immémoriaux. Ils ont cinq pattes, des ailes de rapaces et le poitrail couvert de boucles qui mènent à la figure d’un homme à barbe, couronné d’une tiare à cornes et à plumes.

Les taureaux, motifs d’inspiration syrienne, caractérisent le décor des palais assyriens. En Mésopotamie, au VIIIe siècle avant J.-C.,  ils côtoyaient d’autres pierres. Des statuettes en ronde-bosse et des reliefs, des gravures et sceaux-cylindres. Orants, princes, rois-prêtres, déesses-mères, scènes de guerre, stèle des vautours, divinités démoniaques et souterraines…

Atelier de Miró à Palma de Majorque © Fundació Pilar i Joan Miró

C’est ce que découvraient les artistes au XXe siècle. L’exposition « Sumer et le Paradigme moderne » à la Fondation Miró expose les liens qu’ils tissaient avec l’art mésopotamien, surtout durant l’entre-deux guerres. Et l’accrochage aborde aussi notre fascination contemporaine à l’égard de ces trésors qui nous parviennent de l’ancien Proche-Orient.

Les nouvelles de la presse au sujet des découvertes archéologiques en actuelle Syrie et en Irak – par les colonies française et britannique – étaient autant d’inspirations fraîchement reçues par les artistes modernes. Et les œuvres de ces derniers dévoilent la vision qu’ils avaient de ces images nouvelles leur parvenant pas quelques pièces et documents.

En forme de récits modernes

Ce sont par exemple les coupures de presse qui recouvraient les murs de l’atelier de Joan  Miró à Palma de Majorque. Les photographies en noir et blanc des formes de Sumer guidaient le geste de l’artiste lorsqu’il traçait des lignes, qui allaient à leur tour inspirer d’autres œuvres…

Le commissaire de l’exposition est parti de ce lien entre l’art catalan et l’art sumérien pour l’étendre à d’autres domaines et d’autres artistes. La sculpture de Moore, les dessins de Giacometti, un court métrage par Samuel Beckett avec Buster Keaton … Un dessin de Federico García Lorca dans la première édition de Poète à New York, un croquis où l’architecture échelonnée des ziggourats s’applique à la ville moderne américaine, que le poète considère alors comme la nouvelle Babylone…

 Sumer and the Modern Paradigm © Fundació Joan Miró 2017

Et quelques architectes traceront ces lignes de l’antique à leurs jours. Adolf Loos, Le Corbusier projetteront des plans pour faire émerger l’orgueil de l’homme ou l’union des langues dans des édifices modernes.

Car l’art mésopotamien est essentiellement narratif. Il raconte, il récite, en écriture cunéiforme sumérienne, sur des sceaux-cylindres, sur des bas-reliefs, les légendes d’une civilisation mystérieuse et mythique.

La Tour de Babel, L’Épopée de Gilgamesh, nourrissent l’imagination des artistes modernes et contemporains. L’exposition dévoile d’ailleurs une installation vidéo de Francis Alÿs qui montre l’état actuel du territoire, zone de guerre constante entre des factions rivales. Entre des taureaux ailés, des figures assises et des tours qui défient la hauteur du ciel.

Un grand écart entre nous et les premiers récits. Car la Mésopotamie est la terre des commencements : la première écriture, les premières techniques d’irrigation, d’élevage, de tissage, les premières villes et entre elles les premiers ponts…

 Sumer and the Modern Paradigm © Fundació Joan Miró 2017

C’est la civilisation sumérienne qui fut la première à s’installer là, sur cette extension fertile entre le Tigre et l’Euphrate. Les statuettes, les gravures, les images qu’elle y créa se perdirent… jusqu’au XIXe siècle. Alors on regretta un manque de raffinement, et on célébra plutôt les antiquités offertes par l’Égypte et la Grèce.

Au XXe siècle on relut ces récits, on s’émut de l’histoire de Gilgamesh, roi d’Uruk qui vit son compagnon Enkidu naître de l’argile puis mourir humain, et chercha le remède à la mortalité : la réalisation de sa propre fin, cela participe à définir la mythologie de la Mésopotamie si lointaine et si proche de la condition de l’homme. Si actuelle, en somme, pour l’âge moderne.

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