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Trois bonnes raisons d’aller voir l’exposition de Bruno Fert, lauréat du Prix de photographie Marc Ladreit de Lacharrière – Académie des Beaux-Arts

Agathe Lautréamont 13 novembre 2017

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Le 19 novembre, l’exposition des photos du lauréat 2017 du Prix de photographie Marc Ladreit de Lacharrière – Académie des Beaux-Arts fermera ses portes. Intitulé « Refuge », l’accrochage présente les clichés pris par le photographe Bruno Fert pendant un an, fort de la bourse confiée par le Prix de photographie lors de la remise des prix, l’année dernière. Quarante photos pour parler d’un seul sujet, mais un sujet très complexe… et qui nous donne un parcours très intéressant. On vous propose donc trois bonnes raisons de filer voir l’exposition avant qu’il ne soit trop tard !

Mohammed, 16 ans, originaire du Mali - Bruno Fert

© Bruno Fert / 2016 – 2017

1 – Un regard intéressant sur la crise migratoire

En France, à travers l’Italie, en plein cœur de la Grèce, via l’Allemagne… Dans des campements de fortune, des refuges, des centres d’aide… Des hommes épuisés, des femmes courageuses, des enfants encore insouciants malgré les drames… C’est tout cela à la fois, l’exposition « Refuge » que l’on peut visiter au sein de l’Académie des Beaux-Arts, Quai de Conti, à Paris. Certaines photos sont présentées seules, mais la plupart sont exposées en diptyque ou triptyque.

Que voit-on ? En vérité, très peu de choses ou tout du moins, peu des choses que l’on nous a habitués à voir au sujet de la crise migratoire. Bruno Fert a préféré braquer ses objectifs sur des visages de migrants, enregistrant scrupuleusement leurs noms, âges et situations dans un carnet de note. Ne pas rapporter de visages anonymes surtout, mais au contraire, donner une identité à ces individus parmi les masses sans noms que nous voyons tous les jours dans les journaux télévisés. Un travail donc très émouvant, qui donne à voir ce qu’on ne voit traditionnellement pas.

Hot-spot de Samos, Grèce, février 2017 - 2 Bruno Fert

© Bruno Fert / 2016 – 2017

2 – Une approche esthétique intéressante

Bruno Fert a choisi une construction esthétique particulièrement inventive pour son exposition au sein de l’Académie des Beaux-Arts. Ses diptyques, comprenant toujours un portrait accompagné d’un intérieur d’habitat de fortune, sont toujours construits selon le même plan : d’abord le ou les habitants de l’abri, photographié(s) en noir et blanc, puis l’intérieur du refuge en question, systématiquement en couleur.

Que souhaite nous dire cette dichotomie, cette séparation entre le noir et blanc et les couleurs ? Le noir, le blanc, le gris peuvent être un miroir de notre propre ignorance vis-à-vis des populations migratoires. Comme on ne les connaît pas, comme on ne s’y intéresse pas vraiment selon le photographe, ils sont privés de leurs couleurs. Les intérieurs de refuge au contraire, sont toujours baignés de belles couleurs et d’une généreuse lumière. Ce choix s’explique facilement : l’intérieur, le refuge, le cocon, est un endroit où l’on se sent bien. On est chez soi, on est en sécurité, rien ne peut nous arriver une fois à l’intérieur.

Jamaloddin, 52 ans, Iranien - Bruno Fert

© Bruno Fert / 2016 – 2017

3 – Un travail plein de pudeur

Il est un point que nous avons tout particulièrement apprécié dans le cheminement du parcours temporaire, c’est précisément la grande pudeur avec laquelle Bruno Fert a traité son sujet. La crise migratoire a été approchée de bien des façons, y compris dans l’art contemporain. Désireux de proposer autre chose, une approche différente, Fert a préféré s’effacer au profit des témoins qu’il a interrogés et photographiés.

En leur demandant l’autorisation d’entrer à l’intérieur de leurs campements de fortune, il a pu toucher à leur intimité, découvrir un endroit où l’on se sent en sécurité, même précaire. Son remerciement, envers cette marque de confiance accordée par les hommes, femmes et enfants rencontrés ? Une vision photographique, artistique, toute en retenue, en douceur, en respect et en pudeur. Et nous autres visiteurs, nous nous surprenons à quitter l’exposition sur la pointe des pieds…

 

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