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Malick Sidibé fait swinguer la Fondation Cartier !

Agathe Lautréamont 10 novembre 2017

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C’est l’exposition dont tout le monde parle, l’événement culturel qu’il faut aller voir en cet automne, le parcours qui vous colle aux lèvres un sourire qui ne vous quittera plus de la journée. Cette exposition, c’est « Malick Sidibé : Mali Twist », organisée par la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Plus de vingt ans après la première exposition de la Fondation consacrée au photographe malien, on retourne avec bonheur dans le Mali des années 60…

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© Malick Sidibé – Fondation Cartier pour l’art contemporain

Bien évidemment, il est là. L’inséparable Rolleiflex de Malick Sidibé trône, fièrement, au beau milieu de la première salle de l’exposition organisée jusqu’au 25 février prochain par la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Bon, d’accord, c’est un Rolleiflex XXL (en fait une sculpture peinte installée dans l’exposition), mais qui nous introduit avec beaucoup d’humour à l’univers détonnant et festif du photographe malien disparu en 2016, à l’âge de 80 ans.

Et appareil 6×6 oblige, ce sont des photographies au format carré qui nous accueillent dans cette première étape du parcours. Et décidément, on ne se lassera jamais du rendu absolument impeccable du Rolleiflex. Noirs et blancs profonds, piqué incroyable, un grain argentique qui sait se faire discret… Nulle surprise que tant de grands photographes et reporters aient adopté cet appareil à travers la jeune histoire de la photographie…

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© Malick Sidibé – Fondation Cartier pour l’art contemporain

Mais quittons si vous le voulez bien ces observations purement techniques pour mettre nos pas dans ceux des danseurs du Mali des années 60. Le 20 juin 1960, le Soudan Français proclame son indépendance et devient République du Mali. Le toute jeune pays s’égaie, les espoirs renaissent, les désirs se développent. Malick Sibidé, conscient depuis tout jeune de sa grande sensibilité artistique, se donne pour mission de documenter cette fougue de vivre qui anime la jeunesse (mais aussi les moins jeunes) du Mali.

Alors, avec son sens aigu du détail et de l’anecdote visuelle, il suit sa bande de copains en baignade le long du fleuve Niger, il capte les jeux des enfants dans les rues de Bamako, il va jusqu’à utiliser une dizaine de pellicule des trente-six poses pour couvrir l’ambiance, la chaleur, le rythme d’une seule soirée dansante.

L’œil pétillant, on regarde les corps en mouvement des fans de rock n’roll et de yéyé dans les bars maliens. Le sourire aux lèvres, on détaille les looks tous plus improbables les uns que les autres des jeunes hommes prêts pour aller faire la fête. Entre les pantalons pattes d’éléphant, les cols pelle-à-tarte et les imprimés invraisemblables des chemises de ces messieurs, on observe une fureur de capter l’instant ; pour les modèles comme pour le photographe.

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© Malick Sidibé – Fondation Cartier pour l’art contemporain

On le constate très rapidement dans le parcours temporaire de la Fondation Cartier, Malick Sidibé a intrinsèquement lié la photographie au lien humain. Il n’a pas la pratique secrète et furtive des photographes de rue qui viennent, captent une seconde, puis passent. Lui au contraire, s’immisce dans les quotidiens. Il participe aux fêtes, écoute la musique, joue avec ses amis, mais l’appareil photo est toujours en bandoulière.

D’ailleurs, il l’explique très bien lui-même (de nombreuses citations de l’artiste sont apposées sur les murs de la Fondation parisienne) : rares, très rares sont ses photographies qui résultent d’une mise en scène. Exception faite, bien évidemment, de ses indénombrables portraits réalisés en studio. Ces portraits d’ailleurs, sont probablement la partie la plus réjouissante du travail de Sidibé. Amis, famille ou simplement passants désireux de se faire tirer le portrait : tous se prêtent au jeu du studio.

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© Malick Sidibé – Fondation Cartier pour l’art contemporain

Fuyant les portraits classiques et un peu terne, Sidibé propose alors à ses modèles de jouer. Il leur prête des vêtements de sa garde-robe personnelle (chapeaux colorés, lunettes de soleil, cravates bariolées…), leur propose de poser avec des motos rutilantes, leur donne des accessoires avec lesquels les modèles peuvent s’amuser. Ainsi, une connivence se crée entre les deux personnes, devant et derrière l’appareil. Et c’est cette connivence, incroyable, qui donne aux photos de Malick Sidibé leur atmosphère enjouée, comique, mais toujours très tendre…

MALICK SIBIDÉ

20/10/2017 > 20/02/2018

Fondation Cartier pour l’art contemporain

PARIS

En 1995, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présentait la première exposition monographique du photographe malien Malick Sidib...

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