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Le « Salvator Mundi » de Léonard de Vinci bientôt vendu aux enchères

Agathe Lautréamont 3 novembre 2017

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La maison Christie’s s’apprête à frapper un grand coup. Le 15 novembre prochain, à New York, la dernière œuvre en mains privées du maître italien Léonard de Vinci passera sous le marteau du commissaire-priseur, avec une mise à prix de cent millions de dollars. Une vente aux enchères qui ne manque pas de faire parler d’elle, tant l’histoire de la peinture, le Salvator Mundi, est digne d’un roman policier…

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Léonard de Vinci (attribué à), Salvator Mundi, vers 1490-1510

Cent millions de dollars. Voilà la somme (minimum) que vous devrez débourser si vous tenez à accrocher une œuvre de ce génie de la peinture qu’est Léonard de Vinci (1452-1519) dans votre salon. Cette occasion sera prochainement proposée par la maison de ventes aux enchères Christie’s (propriété de François Pinault), dans le cadre d’une grande vente d’art contemporain. Mais, direz-vous, que vient donc faire une peinture sur bois du maître florentin de la Renaissance dans une vente d’art contemporain ?

La justification de faire côtoyer le génial peintre italien avec des œuvres de notre époque réside dans le fait qu’elle sera proposée au plus offrant en même temps qu’un ensemble de soixante peintures en noir et blanc reprenant la Cène de Léonard de Vinci, exécutées par… Andy Warhol ! Les réalisations de la figure de proue du pop-art sont néanmoins un peu plus accessibles. Estimation : cinquante millions de dollars.

L’histoire pourrait se terminer là. Néanmoins, les ventes de maîtres anciens ne sont jamais un long fleuve tranquille, puisqu’elles sont souvent secouées de diverses polémiques, parfois allant même jusqu’à la contestation de la paternité véritable de l’œuvre. Des polémiques, on s’en doute, auxquelles n’échappe évidemment pas le Salvator Mundi attribué à Léonard

Rebondissements multiples

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Léonard de Vinci, Autoportrait, vers 1512-1513

Aujourd’hui, on connaît en tout et pour  tout vingt-et-une peintures de Léonard de Vinci, toutes conservées dans des musées à travers le monde. Toutes ? Non ! Exception faite de La Madone aux fuseaux (exécutée entre 1499 et 1501), une huile sur noyer dont la version originale est perdue. Il en existe plusieurs copies de grande qualité, dont une qui se trouve à l’heure actuelle entre des mains privées. Mais dans le cas du Salvator Mundi, son attribution est à part égale soutenue et contestée.

Quant à son histoire, elle compte tous les ingrédients pour passionner le grand public. Considérée comme perdue, l’œuvre montrant un Christ sauveur aurait été retrouvée dans le courant de l’année 2005, en Louisiane. Très abîmée, la peinture sur bois a été achetée conjointement par trois marchands américains, pour un peu moins de dix mille dollars. Les heureux propriétaires décidèrent ensuite de faire appel à une restauratrice américaine, Dianne Dwyer Modestini pour rendre tout son éclat à l’œuvre. Malheureusement, mal leur en a pris, car dans ce petit milieu professionnel, Modestini est tristement célèbre pour sa technique de restauration pudiquement qualifiée de « chargée ».

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Léonard de Vinci, La madone aux fuseaux (copie), vers 1499-1501

Restauré, le panneau fut exposé à la National Gallery de Londres dans le cadre de l’exposition « Léonard de Vinci, peintre à la cour de Milan » et c’est à l’occasion de cet accrochage que l’Historien de l’art Luke Syson mit les pieds dans le plat en affirmant que l’œuvre était bel et bien un authentique de Vinci. C’est probablement ce qui explique le rachat de la pièce par le milliardaire Dmitri Rybovlev, pour la modique somme de 127.5 millions de dollars. Enfin, en cette fin d’année 2017, l’oligarque russe a décidé de se séparer de la pièce maîtresse de sa collection d’art personnelle en la proposant à la vente via la maison Christie’s.

Demeure néanmoins une question : pourquoi le Salvator Mundi affiche-t-il une mise à prix inférieure au prix initialement payé par Rybovlev, alors que plus aucune peinture de Léonard de Vinci n’est passée sur le marché de l’art depuis 1909 ? Tout simplement parce que le panneau, bien que somptueux, est très abîmé. Mais aussi et surtout parce que le milliardaire estime aujourd’hui avoir payé bien trop cher le tableau. Accepter une mise à prix de cent millions de dollars est une façon pour Rybovlev de montrer qu’il estime avoir été floué et choisit donc de se défaire de la peinture au prix qu’il estime juste pour cette dernière.

Ravages du temps… et de l’Homme

ap photo

Le Salvator Mundi exposé au public © AP Photo

Le panneau de bois a en effet subi les affres du temps. Si les mains du Christ sont encore en bon état, le reste du tableau a beaucoup souffert. Il a également connu un nettoyage beaucoup trop agressif, à tel point que l’on observe une abrasion de la couche de peinture, abrasion particulièrement visible au niveau des cheveux et du visage. Le glacis apposé à cet endroit par de Vinci était particulièrement fragile. La faute à qui ? Difficile à dire.

Les experts, prudents, estiment que ces dégâts ont pu être commis très tôt dans l’histoire de l’œuvre. Néanmoins, nous sommes d’ores et déjà prêts à parier que les doutes quant à la paternité de l’œuvre et les dommages que celle-ci a subi ne devraient pas freiner les futurs enchérisseurs qui se réuniront le 15 novembre prochain. Vous pouvez bien évidemment compter sur la rédaction pour vous tenir au courant de l’issue de la vente aux enchères !

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