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Des plans pour Kheops : quelle est cette cavité au cœur de la plus grande pyramide de Gizeh ?

Anne Malary 3 novembre 2017

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La revue Nature a publié la nouvelle ce jeudi 2 novembre : la mission ScanPyramids vient de découvrir une cavité monumentale au cœur de la pyramide de Kheops. « La plus grande découverte réalisée dans Kheops depuis le Moyen Age » selon Mehdi Tayoubi, coordinateur de la mission. Pour identifier la découverte, plusieurs hypothèses et espoirs sont déjà projetés…

La pyramide de Kheops © AFP/Khaled Desouki

Une pyramide radiographiée

Baptisé « Big Void », ce vide mesure au moins 30 mètres de long et plus de 400 mètres cubes, l’équivalent d’un avion de 200 places. De telles mesures étaient de l’ordre de l’idéal pour les scientifiques de l’Institut HIP et de l’Université du Caire qui ont lancé la mission ScanPyramids en 2015.

Leur objectif initial était de sonder de manière non destructive les grands monuments funéraires de la IVe dynastie au moyen de la muograhie. Cette technique permet de « radiographier » les édifices avec des « muons », particules cosmiques qui bombardent la terre et sont capables de percer la matière. Des détecteurs ont révélé qu’à certains endroits, les muons ne rencontraient aucun obstacle : de fait, il y avait des vides !

La mission avait ainsi découvert en 2016 une cavité de 9 mètres carrés sur l’arête nord-est de la pyramide, puis une autre sur sa face nord. Cette dernière avait été repérée grâce à des films enduits d’une émulsion chimique mis au point par l’université de Nagoya au Japon.

C’est grâce à ces mêmes plaques à émulsion que la plus grande cavité a été récemment repérée : des films ont été placés dans la chambre de la Reine pour saisir l’ampleur d’un massif de pierres dont on supposait la présence en hauteur. Les films exposés aux muons pendant des mois ont ensuite été analysés à l’université japonaise.

Et ce qui est apparu sur les écrans est une ligne figurant un excès de muons… similaire à celle qui matérialise la grande galerie menant à la chambre du roi. Il y a un espace vide à 21 mètres du sol !

 Vue en 3D de la structure radiographiée © SCANPYRAMIDS

Un réseau d’hypothèses

La pyramide édifiée il y a plus de 4 500 ans par le pharaon Kheops – et tombeau présumé de ce roi – est la seule Merveille du Monde encore debout. Elle atteint aujourd’hui 137 mètres de haut, soit 10 de moins qu’à ses origines, ce qui fait d’elle la plus grande pyramide du complexe de Gizeh. Et la cavité qui la creuse est désormais le plus grand espace au cœur du monument.

Les scientifiques ne savent pas encore si elle est horizontale ou inclinée, ni si elle est une ou bien se compose de pièces en enfilade. Mehdi Tayoubi explique qu’il pourrait s’agir d’ « une succession de chambres accolées les unes aux autres, un énorme couloir horizontal, une deuxième grande galerie… »

Pour inspecter plus avant les lieux, il faut réfléchir à des modes d’investigations légers, non destructeurs. Les chercheurs pensent à un robot capable d’infiltrer les lieux par des passages très étroits…

Mais puisque cela n’est pas encore d’actualité, on fait des plans ! On évoque : une chambre funéraire, une galerie à fonction technique pour stocker ou monter des blocs de pierre, une salle à mobilier funéraire, un dispositif antisismique… et on fantasme même : la momie de Kheops.

Si la cavité est inclinée comme la galerie, ses fonctions pourraient être similaires. Reste que l’on ne sait pas tout à fait à quoi servait ce dispositif. Pour certains égyptologues, ce serait un chemin symbolique lié au voyage du souverain vers une renaissance solaire. Pour d’autres, ce serait un système de contrepoids qui permettait de monter les blocs de pierre de la chambre du roi.

Mais s’il s’agit de plusieurs pièces en enfilade et à l’horizontale, l’hypothèse des magasins pourrait être envisageable. On pourrait alors espérer y trouver des pièces d’apparat, du mobilier, et peut-être un jour la momie du pharaon Kheops !

La grande galerie en 1910 par John et Edgar Morton

Le journal Sciences et Avenir a récemment interrogé deux égyptologues au sujet de la nouvelle. Guillemette Andreu-Lanoé, qui a dirigé le département des Antiquités égyptiennes du Louvre, signale son caractère exceptionnel : l’espace est « inédit » par l’ampleur de ses mesures.

Si elle réfute l’hypothèse d’une fonction symbolique, Guillemette Andreu-Lanoé admet qu’il pourrait s’agir d’une chambre ou d’antichambres, « [m]ais il reste à trouver un circuit entre elles et la salle du sarcophage. Pour l’instant il n’est pas visible. »

De son côté, Peter Der Manuelian, professeur d’égyptologie à l’université d’Harvard (Massachusetts) fait des hypothèses déjà éclatantes…

S’il s’agissait de magasins – une supposition osée ! – il est possible qu’ils renferment des équipements funéraires déposés là à l’époque antique. Dans ce cas, il est raisonnable de penser que certains pourraient ressembler à ceux découverts en 1925 dans la tombe de la mère de Kheops, la reine Hétéphérès (G 7000 X).

Les deux spécialistes s’accordent sur un fait : pour comprendre ce vide et lui donner un nom, il faut d’abord déterminer ses éventuelles connexions aux aménagements voisins. Car la structure type d’une pyramide est un réseau de chambres, d’antichambres et de magasins, de passages et de corridors… Une architecture camouflée, finalement un monument à radiographier !

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