Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 MIRÓ

03/10/2018 > 04/02/2019

Grand Palais

- PARIS

expo_cercle_2 TADAO ANDO, LE DÉFI

10/10/2018 > 31/12/2018

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_4 ALPHONSE MUCHA

12/09/2018 > 27/01/2019

Musée du Luxembourg - PARIS
expo_cercle_5 JOAN MIRÓ

03/10/2018 > 04/02/2019

Galeries nationales du Grand Palais - PARIS

LA NEWSLETTER

Au MAC VAL le sel pleure sur l’humus : c’est la vie des Humeurs de Juliana Góngora

Anne Malary 27 octobre 2017

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

L’artiste Juliana Góngora a quitté Bogota de mai à juillet pour s’installer en résidence au Musée d’art contemporain du Val-de-Marne. C’est dans le cadre de l’Année France-Colombie 2017 que le MAC VAL l’a invitée, et il a été bien inspiré… Dans une salle à l’étage, la terre se creuse sous les efflorescences du sel, lentement, continuellement.

Juliana Góngora, Les humeurs, détail, 2017. Production MAC VAL – Musée d’art contemporain du Val-de-Marne.Photo © Juliana Góngora.

La vie de la matière

Juliana Góngora travaille la matière organique et fragile. Cette dernière clarifie son travail car elle est faite du même tissu que la vie. Au MAC VAL, elle respire dans une pièce qui est un lieu de vie.

C’est une chambre commune, une pièce à vivre où progressent les protagonistes. Le principal, c’est le sel suspendu dans des ballotins de mouchoirs chargés d’eau. Comme ceux-ci tirent sur leurs fils, la verticalité se finit par la sueur qu’ils transpirent et qui goûte sur la terre. Elle, au sol reçoit ces larmes qui la rongent. Elle s’affaisse, se creuse, fait un vallon. Et la lumière des projecteurs projette les ombres des ronds de tissus enflés et cristallisés. Des nuages gonflés déchargeraient leur pluie sur une terre mère, c’est la vie d’une installation paysagère.

Juliana Góngora, croquis préparatoire à l’exposition « Les Humeurs », MAC VAL 2017

Près d’un mur, la toile tendue d’un lit ploie sous le sel qui le mange, vorace efflorescence. Juliana Góngora explore la matière qui se transforme. Terre, pierre, brique, croissent dans les écosystèmes poétiques que construit l’artiste, toujours en équilibre. Car se jouent en effet de fragiles rapports de douceur, de bienveillance et de violence. Dans ces paysages les éléments interagissent comme les hommes.

Dans un coin, un tas de mouchoirs attend en silence.

L’œuvre a la dimension universelle et intime des relations humaines. Ce lit pliant est celui du père de l’artiste, qui filtre le sel et l’eau, absorbe les humeurs organiques.

Le geste attentif

Si le sel mange le tissu, il conserve aussi les matières terrestres. Dans ce sens, le sel « prend soin de ». Et sur les territoires de France et de Colombie, cette mission trace et oriente l’histoire des hommes et des femmes dans leurs paysages.

Ce sont les femmes justement, qui intéressent Juliana Góngora. Lors de sa résidence dans le Val-de-Marne, elle participe à la restitution de marches exploratoires à Champigny qui se déroulent de nuit et ont pour but d’identifier les zones où les femmes se sentent en insécurité, pour ensuite mieux aménager l’espace urbain. Cette action est pour l’artiste un exemple de ce soin, cette attention portée aux autres.

Portrait de l’artiste ©  DR

Juliana Góngora a aussi la mémoire de l’immigration, et de ces hommes et femmes venus travailler en Europe, en France, à Vitry où elle a cherché et cueilli les mouchoirs de tissu qui ont la forme, la matière et la date de ces générations parties chaque jour « travailler à la sueur de [leur] front ».

Le mouchoir est alors quotidiennement lavé, repassé, plié par la femme. En France comme en Colombie, elle est la blanchisseuse qui prépare pour l’homme cet accessoire attribut du travail.

La mélodie de la terre

Juliana Góngora lie ainsi son histoire personnelle – mémoire de femme et réminiscence familiale –, à celle des relations entre hommes et femmes, et elle relie avec poésie les territoires. On pense alors à ces autres chemins qui lient les terres entre elles et traversent les frontières. La route du sel, universelle, est la première qui affleure à la surface de cet espace-métaphore.

Juliana Góngora, Les humeurs, détail, 2017. Production MAC VAL – Musée d’art contemporain du Val-de-Marne.Photo © Juliana Góngora

En Europe, l’espace contemporain est fait d’étages et de sous-sols. Ces visages urbains en couches superposées évoquent pour l’artiste colombienne la physionomie et la psyché du corps humain, apparents et souterrains. « Les humeurs » est l’expression de cette inhérence qui lie l’homme vivant à la nature, à sa nature organique et émotive.

Comme la poésie est un chant, Juliana Góngora fait écouter les échos des matières, leurs messages, mélodieuses et sensibles adresses à l’homme.

 

"LES HUMEURS", JULIANA GÓNGORA

21/10/2017 > 31/12/2017

MAC VAL (Musée d’art contemporain du Val-de-Marne)

VITRY-SUR-SEINE

Dans le cadre de l’Année France-Colombie 2017 et de son programme de résidences, le MAC VAL invite Juliana Góngora (née à Bogota en 1...

Exposition terminée
PRESSE
MEMBRES

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE