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Picasso aime Maya (et Maya aime Picasso)

Anne Malary 19 octobre 2017

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Maya endormie, Maya à trois mois, Maya à trois mois et demi… Maya avec chapeau de gendarme, Maya au tablier rouge, Maya avec un bateau. Et un jour Maya a 18 ans. Picasso a eu le temps de dessiner et de peindre sa fille en mille profils. La galerie Gagosian les expose en ce moment, et le parcours est doux, infiniment doux…

Pablo Picasso et Maya, Le Tremblay-sur-Mauldre (Yvelines), Janvier 1937 © Succession Picasso 2017 © Archives Maya Widmaier-Ruiz-Picasso

La courbe de tes yeux…

Nous vous parlions récemment d’amour et de Picasso, de l’amour de Picasso : Marie-Thérèse, exposée en ce moment en musée. La fille du couple est Maya. Et puisque le sentiment se décline, nous l’appliquons aujourd’hui à l’amour d’un père pour sa fille, qui se niche en marge des grandes cimaises, dans une galerie parisienne. Il a la forme d’un motif d’art.

Il y a d’abord les dessins à l’encre. Les lignes douces et adorables de l’enfant endormie font des courbes sur le papier quadrillé. Tandis que Maya suce son pouce, le tracé fluide de son sommeil progresse. Picasso capte la candeur intime du nourrisson qui ne sait pas les contours qu’il profile. À trois ans, Maya porte un chapeau de gendarme et ressemble à un poupon, les lèvres roses et les yeux bleus ébahis sur le pastel vert.

Pablo Picasso, Maya au tablier, 1938 © Succession Picasso 2017 – Photo Zarko Vijatovic Courtesy Gagosian

Puis nous entrons dans la salle à la lumière tamisée, et faisons face à trois portraits de l’adorée. Maya au tablier : le visage blanc posé sur le quadrillage rouge gondolé. Maya à deux ans et demi avec un bateau : carreaux rectilignes et éclatants, pur dessin d’enfant. Maya à la poupée et au cheval : plus femme.

Et incroyablement, en 1938 c’est La première neige. Nous pensons à une oeuvre de la fin du XIXe siècle, à un profil par Daumier. La neige en poudre clairsemée s’harmonise en sourdine au bleu et au brun. Une économie de moyens qui apaise l’explosion dont nous venons de nous détourner. Picasso module sur l’image de sa fille la palette de ses manières et déplie toutes ses facettes…

…fait plein de tours à mon cœur

Il y a aussi une petite fille en papier découpé dans un cadre, à côté d’un autre qui contient un vase de fleurs. Une enfance printanière en bleu, rose et vert. Une enfance ludique aussi, car Picasso découpe pour Maya des papiers en forme de colombes et lui fabrique des marionnettes.

Il y a un théâtre de personnages, des figures articulées en bois coloré, aux cheveux cordés, et même une poupée couverte d’un manteau de fourrure. Autant de jouets et de tours imaginés pour les yeux de Maya !

Pablo Picasso, Maya à la poupée dans les cheveux, 1943 © Succession Picasso 2017 – Photo Zarko Vijatovic Courtesy Gagosian

À l’étage de la galerie sont dévoilées des photographies inédites de Marie-Thérèse Walter. Des clichés intimes du duo père-fille, les petits matins en famille dans le lit, les repas à table, dans la maison, au restaurant. Maya grandit.

D’autres dessins la montrent jeune fille. Les traits sont toujours souples et doux, son regard se porte parfois dans le lointain. Quand la mélancolie adolescente semble poindre dans ses yeux, une petite poupée de tissu plantée dans ses cheveux rappelle qu’elle n’a pas dix ans. Boudeuse, rêveuse, pensive de profil aussi, elle peut être statique et classique comme une sculpture.

Pablo Picasso, Portrait de Maya de profil, 1943 © Succession Picasso 2017 – Courtesy Gagosian

Un rond qui nous auréole

Maya est la fille qui nimbe de tendresse le couple confidentiel de Picasso et Marie-Thérèse. Elle élève leur histoire en mythe. Sur La Minotauromachie, une eau-forte réalisée par Picasso l’année de la naissance de Maya, 1935, les diagonales convergent au point du ventre de la femme étendue. Une fillette éclaire la scène. L’oeuvre a des accents mythologiques, et la lumière mystique d’un de La Tour, d’une bougie.

Picasso intègre à ces séries la femme aimée et maternelle. Marie-Thérèse allaitant Maya forme un cocon vert-doré, et les drapés tombent en blanc sur le duo enveloppé. À côté, les corps lovés font des courbes allusives emmêlées, les seins ronds de la mère sont lourds et doux.

Pablo Picasso, Femme au béret rouge à pompon, 1937 © Succession Picasso 2017 – Courtesy Gagosian

L’artiste peint aussi le visage de Marie-Thérèse sous toutes ses facettes. Comme est accrochée Maya en trio, sa mère se multiplie en couleurs et en chapeau ! Elle est la charmante Femme au chapeau le 9 janvier 1938. Avec sa coiffe rose, son sourire doux, ses joues jaunes et sa face parsemée de vert, orange, rouge, elle est comme une lueur d’été en plein hiver.

En 1939 elle porte un chapeau bleu, la touche est plus épaisse, son sourire est intriguant et son nez plus angulaire. Et puis Marie-Thérèse est en béret bleu, le 6 mars 1937. Ses yeux sont baissés, sous un col jaune sa marinière est rayée en blanc-orangé. Et son visage teinté de bleu, vert et violet. Elle ne sourit pas.

Toutes les couleurs et toutes les humeurs de Marie-Thérèse, tous les profils de Maya. Tendre témoignage, variation sur trois visages.

Profils de Pablo Picasso et sa fille Maya près de la sculpture “Tête de femme (Dora Maar)” sur le tournage du “Mystère Picasso” de Henri-Georges Clouzot, studios de la Victorine, Nice, Juin 1955 © Succession Picasso 2017 © Photo Cot Michel Photo © RMN-Grand Palais (musée national Picasso – Paris) / image RMN-GP

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