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Matthijs Maris, flou artistique au Rijksmuseum d’Amsterdam

Agathe Lautréamont 19 octobre 2017

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Symboliste ? Postimpressionniste ? Membre de l’école de La Haye ? Préraphaélite ? Ou peut-être, plus simplement, un peu de tout cela à la fois. C’est  à un peintre résolument mystérieux que le Rijksmuseum d’Amsterdam consacre sa nouvelle grande exposition temporaire de l’hiver 2017-2018 : Matthijs Maris (1839-1917). À cheval entre deux époques très différentes, entre héritage passé et aspirations modernes, partons à la rencontre de ce peintre absolument unique, dont l’univers mystique ne peut laisser indifférent.

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Matthijs Maris, La promenade, 1889 © Glasgow Museums, The Burrell Collection

Approchons. Approchons encore, un peu. La toile est subtilement éclairée, nimbée d’une couleur légèrement dorée qui vient sublimer les teintes déjà chaudes et brunes de l’œuvre Tête de femme exécutée entre 1894 et 1898. Étrange, nous ne voyons presque rien. Seulement quelques brumes éparses, des pointillés sombres contrastant avec une couleur ocre mais lumineuse. Alors nous nous reculons, lentement et soudain, l’épais sfumato se dissipe et nous découvrons, les yeux écarquillés, que cette brume étrange représente en réalité un buste de femme.

Celle-ci lève son visage vers le ciel, les lèvres entrouvertes, les yeux grands ouverts. Est-elle en extase ? Simplement heureuse ? Peut-être chante-t-elle ? Mystère. Autant dans ses œuvres qu’au quotidien, l’artiste Matthijs Maris ne parlait que très peu, préférant laisser le public seul juge de ce qu’il y avait à voir ou comprendre dans son art mais plus généralement, dans l’Art.

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Matthijs Maris, Saint Ouen © Collection privée

Brume

Tout a été admirablement pensé par le Rijksmuseum pour que le visiteur se sente privilégié, ait l’impression de lever un coin de voile sur l’univers étrange de Matthijs Maris. La luminosité des salles a été réduite à son plus stricte minimum, les œuvres respirent, parfaitement accrochées, pour que l’on puisse en profiter et les admirer dans les meilleures conditions.

Issu d’un milieu bohème, imprégné de culture artistique, le peintre mis à l’honneur à Amsterdam a passé l’essentiel de sa carrière à Londres et Paris, tandis que son œuvre peint nous évoque tout aussi bien Léonard de Vinci que Gustave Moreau. Comme Moreau, les costumes des personnages de Maris scintillent d’un million de minuscules détails, anoblissant les portes et éclairant les coiffures des dames.

Comme de Vinci, les visages sont entourés d’une brume imperceptible, lissant les contours et auréolant de silence des expressions pourtant éloquentes. Enfin, comme l’école Préraphaélite influente  en Angleterre, Maris tourna son chevalet vers de jeunes modèles au teint pâle et à la chevelure longue, épaisse, flamboyante, le roux n’étant déjà plus seulement couleur de vice et de luxure, mais d’un tempérament passionné et fougueux.

Opnamedatum: 2017-01-18

Matthijs Maris, L’étang, © Glasgow Museums, The Burrell Collection

Nuit

Alors, pour peu que l’on soit sensible aux atmosphères qui ne se laissent pas pénétrer aussi facilement, l’univers constitué par Matthijs Maris tout au long de sa carrière ne laissera pas indifférent. Les lectures des œuvres ne sont pas toujours aisées. Parfois, elles ruissellent de détails infimes, souvent elles sont nimbées dans une brume si épaisse que l’on en vient à douter de ce que l’on décèle, ou croit déceler.

Généralement, les significations des tableaux sont fuligineuses. En effet chez Maris, une forêt ne saurait jamais être une simple forêt. Les arbres tendent des branches rachitiques vers le ciel, paraissent implorer un secours céleste, tandis que les frondaisons obscures cherchent à nous tenir éloigné de toute velléité d’exploration. Dans un sens, le peintre néerlandais disparu en 1917 nous réapprend à voir.

Opnamedatum: 2017-05-24

Matthijs Maris, La jeune cuisinière, 1871 © Collection privée

Regard

Il convient simplement de voir différemment. Alors laissons-nous porter non pas par ce que nos yeux nous indiquent de prime abord, mais plutôt parce que l’on peut ressentir. Ce couple dans le tableau La promenade, est-il véritablement le duo d’amoureux que l’on pense ? La jeune fille penchée contre l’épaule de son compagnon est-elle heureuse, pleure-t-elle, peine-t-elle à se déplacer ? Il est impossible de le dire, car Maris a volontairement flouté les visages de ses deux sujets de sorte à laisser le champ libre à son ambiance seule. Alors laissons-nous porter.

 

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