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Jean-François Millet, le ciel et la terre

Agathe Lautréamont 16 octobre 2017

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C’est probablement d’une des plus belles expositions de cette fin d’année 2017 dont nous allons vous parler dans cet article. Au sein du magnifique Palais des Beaux-Arts de Lille, est fêté un artiste du XIXe siècle, étonnamment quelque peu oublié de nos jours. Un abîme injustifié comme nous allons le voir, imposé à un peintre doué d’une grande sensibilité envers toutes les formes du vivant. Du travailleur des champs à l’animal de ferme en passant par les forêts luxuriantes d’une France pas si lointaine dans le temps…

L'AngÈlus

Jean-François Millet, L’angélus, 1857-1859

Venez ! Nous vous embarquons dans un voyage pictural qui fleure bon la terre mouillée, le grain fraîchement répandu et l’humus de forêts profondes. Mais pas que évidemment. Sinon, c’eût été trop simple. D’ailleurs, c’est bien le monde de l’intérieur, les foyers chaleureux et les membres de la famille aimés qui nous accueillent dans la nouvelle exposition temporaire du Palais des Beaux-Arts de Lille.

Jean-François Millet, qui donne son nom au parcours du musée, a en effet débuté sa carrière d’artistes comme nombre de ses prédécesseurs : d’abord en copiant de grands maîtres du passé, puis en demandant à ses proches de poser pour lui. Mais certains portraient portent en eux une dimension dramatique : l’œuvre représentant la jeune sœur de l’artiste, Pauline, nous interpelle. Teint étonnamment pâle, lèvres rouges sang, yeux brillant d’un éclat inhabituel… La belle jeune fille ne devait plus tarder à succomber à la tuberculose pulmonaire.

Femme nue couchÈe

Jean-François Millet, Femme nue couchée, 1844-1845

Chroniques de la terre

Mais avançons vers un univers tout autre. L’humain, comme nous ne tardons pas à le constater dans ce parcours muséal passionnant, a innervé depuis les origines le travail artistique de Jean-François Millet. Après qu’un petit cabinet d’art graphique nous ait introduits à la technique propre du maître du XIXe siècle, nous entrons enfin dans l’étape picturale pour laquelle Millet est salué aujourd’hui : ses scènes de la vie paysanne. Atmosphère rustique, teintes terreuses et parfois aussi représentations d’épisodes cruels pour la représentation de ces travailleurs de la terre.

Cà, c’est une jeune fille allant à la cueillette et portant son panier d’osier sur la tête, en guise de chapeau. Là, c’est la mise à mort du cochon de la ferme. Par pudeur, par sensibilité envers le sort animal, Millet n’a évidemment pas représenté l’égorgement du porc, mais l’instant précédant l’acte : une famille entière de paysans s’échine à sortir l’animal de la porcherie mais la bête, intelligente, a déjà compris quel sort on lui réservait et se débat.

En vain. Juste à côté de ce tableau bouleversant, une autre scène commune du monde de l’agriculture. Deux paysans, dans des postures bibliques, transportent sur un brancard un veau nouveau-né tandis que sa mère, pauvre vache rachitique, suit cet étrange cortège religieux et profane à la fois en léchant affectueusement son petit.

Femme faisant paÓtre sa vache

Jean-François Millet, Femme faisant paître sa vache, 1858

Ciel et sol

Au-delà de l’efficacité de la scénographie, de la réussite du parcours et de la beauté des œuvres exposées, le Palais des Beaux-Arts de Lille cherche néanmoins à tordre le cou à quelques clichés bien enracinés. Alors, Jean-François Millet est-il uniquement le peintre des paysans, comme la postérité a bien voulu le catégoriser ? Oui et non.

Bien sûr, lui-même fils de paysans ayant vécu dans le Cotentin, Millet a toujours ressenti envers l’univers de l’agriculture et de l’élevage un attachement particulier et un profond respect pour le dur labeur que représente l’exploitation des terres. Cependant, le cheminement muséal se charge de nous rappeler, à juste titre, que Millet ne s’est pas contenté de ce seul sujet et a tourné sa palette vers bien d’autres thématiques. D’abord le portrait, comme nous l’avons constaté dans la première section.

Mais aussi les thématiques religieuses, parfois le paysage et enfin, l’âge s’installant et la fin s’approchant, le peintre disparu en 1875 se tourne vers une peinture mystique, symboliste et mystérieuse ; où l’important n’est plus que dans la contemplation de puissances immanentes, ineffables et qui nous sont infiniment supérieures.

Man with a Hoe

Jean-François Millet, Homme à la houe, 1860-1862

À voir !

Tout, absolument tout dans l’œuvre de Jean-François Millet n’est qu’émotion pure. Une jeune fille gardant ses oies devient une parabole de l’innocence trop rapidement perdue, une femme donnant à manger à son enfant est une peinture de la dévotion maternelle, un ciel étoilé enfin nous rappelle notre petitesse au monde. Cela faisait quarante-cinq ans que ce peintre n’avait plus eu droit à une rétrospective en France et l’on se demande bien pourquoi, en quittant cette passionnante exposition.

JEAN-FRANÇOIS MILLET

13/10/2017 > 22/01/2018

Palais des Beaux Arts de Lille

LILLE

L' Angélus est sans doute, avec La Joconde, le tableau le plus célèbre de l’art occidental. Paradoxalement, l’ensemble de l’œuvre ...

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