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« Quel roman que ma vie ! » : Napoléon s’illustre dans une belle abbaye

Anne Malary 13 octobre 2017

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La Château de Versailles déploie de nouveau ses ailes jusqu’à Arras, où la vie de Napoléon est illustrée par des collections peu dévoilées au public. L’empereur prend ses quartiers d’automne en ville des Hauts-de-France, où le musée se loge dans une belle abbaye bénédictine… Images de la légende romantique entre des murs à l’élégance classique !

Retour à Arras

En août 1804, Napoléon fait l’inspection de ses troupes en passant par Arras. Il reçoit un accueil somptueux et délicieux. Vins, pins d’épices, dentelles ! La ville exhale ses belles effluves et ses étoffes, anime ses théâtres et s’éclaire même d’un feu d’artifice sur la Grand’Place !

Aujourd’hui de nouveau, l’empereur s’invite avec panache à Arras. Versailles rayonne en région en y exposant les collections du château et du Trianon très peu dévoilées au public. Ce partenariat avec la Région Hauts-de-France et la Ville d’Arras oeuvre à la décentralisation de la culture depuis 2011. Un heureux voyage pour les collections et les visiteurs.

C’est l’abbaye Saint-Vaast, la plus grande abbaye bénédictine du XVIIIe siècle, qui abrite le musée des Beaux-Arts d’Arras. D’architecture religieuse classique, l’enceinte abbatiale accueille des images de représentation impériale et de fougue romantique. Les commissaires ont choisi le meilleur des collections du Château de Versailles. Ils ont souhaité une redécouverte, contre tout « ennui historique » !

Bonaparte au pont d’Arcole, le 17 novembre 1796, Antoine-Jean Gros. Photo © RMN-Grand Palais (château de Versailles) / Gérard Blot

Images d’une destinée légendaire

La statue postée à l’entrée de l’exposition représente un jeune collégien. Un adolescent solitaire, élève studieux et passionné de sciences, qui adopte déjà une pose bien connue : la main glissée dans le gilet. L’attitude de la légende napoléonienne.

Cette dernière se construira à force de braver ou d’embraser les soulèvements. Le premier est la Révolution de 1789. Napoléon, alors officier, est horrifié par ces massacres, et commence sa grande carrière sur cette note de violence. Il gagne ses étoiles de général lors des campagnes au service du Directoire, la fumée des camps de guerre devient vite le fil conducteur de la suite des événements, s’élevant en liant les tableaux de batailles, victoires et défaites.

Il y a la campagne d’Italie, avec le portrait iconique du jeune Bonaparte au Pont d’Arcole : une action saisie au vol, un élan soudain fixé, et le premier portrait officiel du général. C’est le récit recomposé d’un combat, concentré en une peinture de facture libre et agitée comme l’homme. Et il y a l’Egypte, la bataille des Pyramides sous les grands palmiers inclinés, la déroute des Mamelouks s’élançant littéralement de la falaise. Ils s’y jettent et s’y noient. Dans le lointain, on aperçoit les grandes pyramides de Gizeh, terrible effet.

Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, Jacques-Louis David. Photo © RMN-GP (château de Versailles) / Gérard Blot

Puis Napoléon est Premier Consul et conquiert l’Italie. David le dépeint franchissant les Alpes encore enneigées sur son cheval cabré, le double de sa fougue. Le bras levé, l’homme est absolument, infiniment en avant. Il nous regarde, prégnant. Dans la peinture de la bataille de Marengo, la fumée court encore. Quand on s’avance vers la scène, les figures qui s’agitent n’ont pas de visages. Ce sont des points fourmillant dans une narration où tonnent en rythme la guerre et ses exclamations.

Nous découvrons ces visages plus loin : ils nous attendaient dans la salle des portraits. Il y a, tout au fond et face à nous qui pénétrons son palais, Napoléon empereur des Français depuis 1804, trônant près de Joséphine flamboyante. Sur elle ruissellent et chatoient rouge, or et blanc. Elle éclipserait presque la figure qu’elle accompagne… Autour, l’ambiance est solennelle, les maréchaux nous épient et regardent en accord entendu en direction du couple impérial.

Bivouac de Napoléon Ier sur le champ de bataille de Wagram, nuit du 5 au 6 juillet 1809, Adolphe-Eugène-Gabriel Roehn . Photo © RMN-Grand Palais (château de Versailles) / Gérard Blot

Car c’est encore l’apogée de l’aventure napoléonienne. Les batailles et les bivouacs sont incendiaires, incendiés, triomphants, ou finalement reposants. Le bivouac de Wagram est une pièce à part. On y voit Napoléon assoupi sur une chaise, sa silhouette se découpant sur le feu de camp tandis qu’un autre brûle dans le lointain. Quelques braises voltigent dans l’air, et ses généraux l’observent. C’est un moment infime de trêve pour un travailleur infatigable, qui change ses plans au soir d’une bataille harassante, dans l’urgence du combat. La fin d’une journée difficile et le début du déclin.

Car la chute arrivera. L’armée est bientôt en déroute, et parmi les paysages de défaite, il y a la bataille de Waterloo au ciel incroyable d’esquisse. C’est un petit tableau dans la dernière salle, peut-être le plus beau de l’exposition, qui illustre le tragique final d’un destin impérial.

 Anne-Louise-Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein (1766-1817), Marie-Eléonore Godefroid. Photo © RMN-Grand Palais (château de Versailles) / Franck Raux

Souvenirs du faste capital

Mais avant la fin, les Bonaparte font rayonner le faste de Napoléon sur les trônes d’Europe. Parmi les membres de la grande famille, les Murat, dont Caroline et Joachim. Ce dernier détonne dans la salle d’exposition. Alors que l’empereur prône la simplicité de l’habit, le roi de Naples apparaît très crâne, excentrique jusque sur les champs de bataille. Sur les étoffes luxueuses de ses vêtements, le vert et le rouge se répondent avec grand éclat.

Table-console de l’Élysée-Murat, Jacob-Desmalter (1803-1806). Photo © RMN-Grand Palais (château de Versailles) / Gérard Blot

Paris est alors capitale de l’Europe. Les nations, les princes et les intellectuels s’y côtoient en société. Il y a le charme de Madame Récamier que l’on vient admirer comme une merveille parisienne. Et la baronne de Staël, fougueuse et savante. Son regard vif se porte au loin vers des projections littéraires qui s’imaginent en couleurs carmin et blanc sur velours et soie. Près d’elle, le portrait de Chateaubriand. Les trois personnes en trio romantique par essence !

Tout ce monde évolue alors dans un décor reconstitué pour notre promenade. Avant même de passer la porte, on aperçoit le luxe du mobilier qui habille une salle claire. Le style Empire ressuscite l’antique Egypte, les drapés grecs et les figures statiques, les colonnades, les frises végétales et les corès archaïques. Tout cela s’élève, précieux et hiératique, sur les tables, les chandeliers, les fauteuils et les torchères. Decorum boisé-doré comme en domaine de Versailles !

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